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Les énergies renouvelables : concevoir, mettre en oeuvre et exploiter
15 septembre 2009

Atelier animé par Eric Brunet, journaliste

Intervenants
Catherine di Costanzo, conseiller technique de l'Union sociale pour l'habitat
Marc Gomez, responsable développement durable et patrimoine, HTC
Sandrine Mouge, directeur du développement et du patrimoine, Habitat 25
Christophe Rousseau, responsable du secteur des techniques spécialisées, CUS Habitat

En préambule, Catherine di Costanzo conseiller technique à l’Union sociale pour l’habitat rappelle que le Grenelle de l’environnement prévoit de porter à au moins 23 % la part d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale à l’horizon 2020. Un accompagnement financier a été mis en place par l’Etat pour soutenir le développement des énergies renouvelables. Par ailleurs, les énergies renouvelables ne s’arrêtent pas au solaire, au bois et aux pompes à chaleur. D’autres solutions pourront être mobilisées comme les réseaux de chaleur renouvelable dés lors que cette solution énergétique est compétitive pour les locataires, ou la récupération des calories des eaux usées.

Marc Gomez propose de présenter le Fonds chaleur, mis en place 2009, piloté par l’Ademe, visant à financer des projets utilisant les énergies renouvelables. Les énergies concernées par le fonds chaleur sont notamment le solaire thermique, la géothermie, la biomasse et les réseaux de chauffage urbain renouvelable.

Ce projet impose un nouveau mode de réflexion, ainsi qu’une nouvelle approche des aides. L’approche doit être systématique et transversale sur la durée du cycle de vie des produits et des modes de production mis en œuvre.

Les aides seront octroyées aux installations les plus performantes d’un point de vue technico-économique. Ces aides seront segmentées en plusieurs étapes, au déclenchement de l’opération, lors de la phase de réalisation, puis lors de l’évaluation de la performance des installations. Les aides devront être remboursées en cas de défaut de performance de l’installation.

Le Fonds chaleur introduit un véritable changement culturel en bousculant le poids des habitudes des directions Maîtrise d’ouvrage et Gestion du patrimoine. Chaque étape de conception, de mise en œuvre, d’approvisionnement et le suivi d’une installation enregistre devient essentielle. Dans ce contexte, les études de faisabilité ne pourront plus être approximatives.

Il existe d’autres financements possibles en dehors du Fonds chaleur : l’accord cadre Etat région pour la période 2007-2013, le FEDER, etc.

Un participant souhaiterait savoir si les certificats d’économie d’énergie sont cumulables avec les aides du Fonds chaleur.

Marc Gomez répond de manière négative.

Catherine di Costanzo précise que les certificats d’économie d’énergie ne sont pas cumulables avec les aides du Fonds chaleur, conformément aux recommandations de l’ADEME.

Christophe Rousseau propose d’axer sa présentation sur une opération relative à l’énergie solaire thermique. Ce projet initié en 2002 a entraîné l’installation de plus de 7 000 m² de panneaux solaires. L’étude de faisabilité pour l’implantation de panneaux solaires thermiques visait à couvrir de 30 à 40 % des besoins annuels de production d’eau chaude sanitaire. L’objectif visait à réduire les charges d’eau chaude/sanitaire pour les locataires de 40 euros par an pour un ménage de 30 personnes.

Une première opération, organisée dans la commune d’Ostwald, dans la périphérie de Strasbourg, a été amortie en six ans. Le succès de cette opération a entraîné la mise en place de 7 000 m² de Panneaux sur près de 5 500 logements.

L’investissement a été subventionné à hauteur de 60 % par la région Alsace et l’ADEME, et de 40 % par les fonds propres de CUS Habitat. Le projet a permis de diminuer l’émission de CO2 de 900 tonnes, et de diminuer les charges locatives du poste ECS de 30 %. En prenant en compte l’évolution du prix du gaz depuis 2002, l’économie du poste ECS s’élève même à 100 euros par ménage et par an.

Le succès de l’opération provient notamment de la Garantie de Résultat Solaire (GRS). L’organisme s’engage sur un niveau de consommation, l’entreprise sur un niveau de résultat. En 2007, la production solaire a toujours été supérieure à la garantie.

Un participant souhaiterait savoir comment l’organisme CUS Habitat a calculé l’amortissement de l’opération à Ostwald.

Christophe Rousseau répond que l’investissement a été pris en charge par CUS Habitat, le locataire bénéficiant des économies de charge.

Un participant demande si le coût d’entretien des panneaux est pris en compte dans les économies.

Christophe Rousseau explique que le coût d’entretien du solaire thermique est peu onéreux, équivalent au coût d’entretien d’une installation de chauffage au gaz.

En réponse à une question de Sandrine Mouge, Christophe Rousseau indique que les panneaux ont été majoritairement installés dans des habitations existantes, 1 000 mètres carrés de panneaux ayant été réservés aux logements neufs.

Sandrine Mouge indique que son organisme Habitat 25 a focalisé son approche en termes de développement durable sur la production de 10 000 logements neufs dans le Doubs, répartis dans 100 communes. Elle souligne que les charges sont une préoccupation constante car 30 % des logements équipés de chauffage individuel sont chauffés plus de 10 mois par an. Pour cette raison, l’évolution de l’ensemble des charges est calculée, ce qui permet d’adapter le programme d’entretien et de réhabilitation des logements.

Habitat 25 gère 108 chaufferies collectives, dont 9 chaufferies au bois, qui alimentent environ 1 000 logements, soit près du tiers des logements chauffés collectivement. La plus ancienne fonctionne depuis 1997. Trois chaufferies bois sont en chantier, deux autres en projet.

9 programmes sont d’ores-et-déjà équipés de panneaux solaires thermiques, avec du chauffage collectif ou non. Le plus ancien a été livré en 1992. Une pompe à chaleur géothermale réversible (apportant de l’eau chaude l’hiver et froide l’été) est en fonctionnement depuis 2003 dans un groupe de 28 logements à Besançon. Les premiers puits canadiens ont été installés il y a moins de deux ans dans 2 programmes équipés de VMC double flux. Enfin, une opération de 26 logements incluant 125 mètres carrés de panneaux photovoltaïques est en cours de chantier pour une livraison à l’été 2010. Une partie de l’électricité produite est revendue à l’extérieur.

La pompe à chaleur géothermale est encore considérée comme expérimentale car ce projet a été particulièrement onéreux, et a mobilisé beaucoup d’énergie, alors que les panneaux solaires sont progressivement entrés dans les mœurs.

Eric Brunet, journaliste, souhaiterait connaitre les écueils rencontrés par Habitat 25 dans la mise en place de ses expériences de développement durable.

Sandrine Mouge répond que les chaufferies au bois soulèvent des problèmes de dégagement de fumée en fonction du bois utilisé. Le voisinage n’apprécie pas toujours la fumée, ou de retrouver des cendres sur son véhicule. En outre, certains locataires s’inquiètent du contenu de la fumée. Enfin, le coût d’entretien du bois est plus élevé, même si ce surcoût est largement compensé par le coût très modéré de cette énergie.

Eric Brunet, journaliste, souhaiterait savoir si les organismes jugent le bilan des énergies renouvelables comme positif.

Sandrine Mouge confirme ce point. Elle ajoute qu’il convient toutefois de communiquer de manière très précise vis-à-vis des locataires. Elle suggère de veiller également au surdimensionnement des installations de solaire thermique, qui peut s’avérer coûteux en équipement, mais aussi en créant de la surchauffe et abîmer les capteurs sans apporter davantage d’énergie aux logements.

Un participant demande s’il est possible d’associer le chauffage solaire thermique au chauffage des appartements pour accroître les économies d’énergie.

Sandrine Mouge explique que Habitat 25 a tenté de mettre en oeuvre cette solution sur deux programmes qui a été abandonnée en raison de leur surcoût. Un foyer de 32 chambres vient pourtant d’être livré avec des panneaux solaires intervenant en complément d’une chaufferie au gaz classique.

Un participant demande si Habitat 25 envisage de généraliser la VMC double flux sur le neuf.

Sandrine Mouge répond de manière négative car chaque projet donne lieu à une étude spécifique en termes d’énergie renouvelable.

En réponse à une question à CUS Habitat, Christophe Rousseau explique qu’il fallait vérifier l’étanchéité des toits pour installer les panneaux solaires.

Un participant souhaiterait savoir si les panneaux solaires du programme alsacien couvrent toute la surface des terrasses.

Christophe Rousseau répond que les panneaux occupent une partie des terrasses, et confirme l’importance d’éviter le surdimensionnement des terrasses.

Un participant souhaiterait savoir si les panneaux solaires de CUS Habitat ont souffert de vandalisme.

Christophe Rousseau explique qu’un panneau solaire a été détérioré par balles à feu, sur 7 000 m² de panneaux solaires.

En réponse à une question, Sandrine Mouge indique que Habitat 25 mène ses études avec ses propres experts et architectes, en ayant éventuellement recours à l’ADEME. L’organisme n’a pas recours à un assistant de maîtrise d’ouvrage.

Un participant souhaiterait savoir comment Habitat 25 finance ses opérations d’énergies renouvelables.

Sandrine Mouge répond que le département du Doubs majore ses subventions de 25 % en cas d’utilisation mobilisant les énergies renouvelables. Habitat 25 participe de ses fonds propres pour investir dans les énergies renouvelables.

Marc Gomez suggère aux organismes de changer leurs habitudes pour innover.

Sandrine Mouge conseille, afin de promouvoir les énergies renouvelables, de fixer des objectifs précis à la maîtrise d’œuvre, de mener des études scientifiques, et de suivre les installations pour évaluer les gains et défauts,

Christophe Rousseau juge important d’éviter la systématisation en termes de recours aux énergies renouvelables, afin de ne pas oublier la notion de rentabilité associée au développement durable.