02.02.2010

Développer l'acquisition de logements vacants en IDF par les Hlm

Acquisition de logements vacants en Ile-de-France par les organismes Hlm : quels moyens nouveaux pour développer cette pratique ?

L’Union sociale pour l’habitat a pris connaissance des déclarations du secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu proposant le lancement, avec les organismes Hlm, d’un vaste programme de rachat de logements vacants afin de créer une offre diffuse et immédiatement disponible de « logement très social » pour les ménages les plus en difficulté en Ile-de-France.

La crise du logement dans notre pays est structurelle. Nombre de nos concitoyens sont confrontés au logement cher, qu’ils soient défavorisés ou appartenant aux classes moyennes. L’accès à un logement décent et abordable doit donc être réaffirmé comme une priorité de la Nation. En tant qu’acteur économique majeur, le Mouvement Hlm est prêt à prendre toute sa place dans cet engagement.

Il est donc favorable à accroître davantage sa présence dans tous les quartiers, faciliter la diversification de son offre et favoriser la mixité sociale, notamment par l’acquisition de logements vacants. De fait, l’acquisition de logements en diffus dans le parc existant - qui requiert une gestion spécifique de la part des organismes Hlm - a déjà fait l’objet de réflexions et de travaux dans le secteur du logement social.

Toutefois, l’Union sociale pour l’habitat souligne que la mise en œuvre d’un tel programme suppose :

  • D’inciter les propriétaires concernés à vendre leur logement, en particulier par la généralisation et l’augmentation de la taxe sur les logements vacants, qui constitue la première et la plus fondamentale des mesures - un préalable simple à mettre en oeuvre ;
  • De prévoir des moyens budgétaires d’Etat spécifiques pour rendre possibles de tels achats et les améliorations qu’ils engendreront fréquemment.

En effet, les logements vacants acquis ne pourront devenir des logements sociaux qu’avec une aide publique substantielle. Ainsi, l’Union sociale pour l’habitat et l’AORIF[1] estiment, en première analyse, qu’un premier programme d’acquisition de 10 000 logements en Ile-de-France, par exemple conduit en 2010, supposerait une enveloppe de 350 millions d’euros d’aides publiques.

Or, le Mouvement Hlm pointe la contradiction existant entre ce nouveau projet d’un « vaste programme de rachat de logements vacants », d’une part, et la diminution sensible et continue des aides à la pierre, confirmée en 2010, d’autre part. Comment faire davantage avec moins ?

Plutôt que de multiplier les initiatives ponctuelles et courir ainsi le risque du saupoudrage, l’Union sociale pour l’habitat en appelle à une politique ambitieuse et cohérente du logement, qui fasse du logement abordable une priorité nationale traduite effectivement dans le budget de l’Etat.




[1] L’Union sociale pour l’habitat d’Ile-de-France est l’organisation professionnelle au service des organismes de logement social franciliens.