18.04.2014

Union et Fondation Abbé Pierre très inquiètes du gel des aides au logement

L'Union sociale pour l'habitat et la Fondation Abbé Pierre font part de leur mécontentement sur la méthode et de leur inquiétude quant à l’effet du choix de la désindexation des aides au logement jusqu'en 2015, annoncée par le Premier ministre

L'Union sociale pour l'habitat et la Fondation Abbé Pierre ont entendu les mesures d’économie annoncées par le Premier ministre le 16 avril dernier. Elles tiennent à faire part de leur mécontentement sur la méthode et de leur inquiétude quant à l’effet du choix de la désindexation des aides au logement jusqu'en octobre 2015.

Cette décision a été prise en l’absence de toute concertation et de tout échange avec le Mouvement Hlm qui représente aujourd’hui à lui seul plus d’un tiers de la production de nouveaux logements et accueille plus de 10 millions de locataires aux ressources modestes, mais aussi avec le secteur associatif qui est au contact des plus démunis.

Les locataires du parc social sont aujourd’hui parmi les plus durement touchés par la crise et 60% d’entre eux ont des ressources significativement faibles (inférieur ou proche du SMIC). Les aides au logement constituent pour ces six millions de ménages locataires un soutien indispensable et efficace.

Cette annonce fait suite au report de l'indexation de l'aide personnalisée au logement (APL) au 1er octobre 2014, déjà annoncé par le précédent Gouvernement en septembre 2013, et que l'Union avait vivement critiqué. Ceci correspond donc, maintenant, à un gel de deux ans de ces aides.

Selon Jean-Louis Dumont, président de l'Union sociale pour l'habitat, « cette mesure est d'abord une fragilisation du pouvoir d'achat de nombreux locataires du parc Hlm. Elle est donc, en soi et philosophiquement, plus que contestable. Mais la méthode elle-même – absence de concertation et de discernement – nous interpelle, et appelle à la vigilance l'ensemble des composantes du Mouvement Hlm ».

Pour sa part, la Fondation Abbé Pierre estime que toucher au soutien des populations les plus modestes, principales victimes de la crise actuelle, est une erreur politique.