Energie positive : les échelles performantes, des bâtiments aux territoires

Compte-rendu de l'atelier du mercredi 23 septembre 2015 au Congrès de Montpellier. Intervenaient François Ménard, chargé de projet au PUCA, Isabelle Le Vannier, directrice des Moyens Généraux et des Bâtiments chez Montpellier Méditerranée Métropole, Alain Braun, directeur de la production d'ACM.

Les organismes expérimentent les bâtiments à énergie positive depuis plusieurs années. Des expériences ont montré que cette échelle du bâtiment n’était peut-être pas la plus pertinente, d’autres thématiques étant importantes à intégrer pour avoir une approche globale : mobilité, équipements, smart grids et réseaux.

La question des échelles performantes
Selon le PUCA, la problématique de l’énergie positive mobilise de front les notions d’efficacité énergétique, de sobriété et d’énergies renouvelables. Cependant, la sobriété ne se décrète pas, car elle dépend de la performance du chauffage et de l’isolation, et l’échelle de l’efficacité n’est pas forcément celle du bâtiment. Les énergies renouvelables sont peu carbonées, mais elles sont intermittentes (photovoltaïque et éolien), donc il faut un relais qui peut être carboné.

Une solidarité énergétique entre territoires est indispensable pour faire en sorte qu'il y ait coïncidence entre production et consommation, d’où la nécessité de dépasser l’échelle du logement, du bâtiment, pour développer des approches intégrées. Les smart grids peuvent être envisagés à partir du territoire local ou du grand réseau de distribution, sachant qu’il est possible d’avoir un micro grid connecté au grand réseau pour mutualiser les énergies à l’échelon local. La recherche simple, cohérente, dans une économie maîtrisée, semble être la meilleure solution.

Le Plan Climat Energie Territorial de la métropole montpelliéraine : une vision transversale de la performance
Traitant l’énergie depuis plusieurs années à l’échelon territorial et au niveau de l’ensemble de ses compétences, Montpellier Méditerranée Métropole a adopté un plan climat énergie territoire en février 2014, basé autour de huit orientations stratégiques : l’habitat, le bâtiment et les mobilités, les énergies renouvelables, le changement local des systèmes de production et de consommation, la poursuite de la maîtrise de l’énergie sur le patrimoine de la collectivité, l’adaptation aux changements climatiques.

Ce PCET a montré que les deux secteurs les plus consommateurs d’énergie et les plus émetteurs de gaz à effet de serre étaient le bâtiment et les transports. Le stock de logements étant très important, l’une des actions phares est la rénovation énergétique en BBC des copropriétés dégradées thermiquement. Dans le cadre des constructions, un travail est réalisé sur le bâtiment, les transports en commun, la mobilité douce, le rapport entre l’habitant, le piéton et les voies de circulation, la gestion des déchets, de l’eau, afin d’avoir une vision globale. En termes de développement des énergies renouvelables, tous les nouveaux bâtiments et quartiers doivent être producteurs d’un maximum de leurs besoins en consommation. Le réseau de chaleur et de climatisation, basé sur les énergies renouvelables, alimente tous les nouveaux quartiers, et fournira de l’énergie à hauteur de 75 % à fin 2015. La métropole est compétente en distribution d’électricité, de gaz, de chaleur et de froid, ce qui va permettre d’optimiser les investissements et d’éviter la concurrence entre les différents réseaux d’énergie.

Coût de la performance
ACM est le bailleur de Montpellier Méditerranée Métropole, avec une production de 600 logements neufs par an et autant en réhabilitations thermiques. Les solutions simples, économiques (investissement et entretien), et fiables sont toujours privilégiées. Après avoir expérimenté le BBC et le solaire, le constat est que, outre les délais d’installation, les économies de charges sont équivalentes au coût de l’entretien. Plus le bâtiment est performant, plus le kWh économisé sera coûteux, c’est pourquoi le raisonnement doit se tenir au niveau macro-économique pour que cette économie d’énergie ait un impact national. Le citoyen doit aussi être acteur de sa consommation.

Le développement des bâtiments à énergie positive va se faire en même temps que l’évolution de la réglementation. L’intérêt du raisonnement à une échelle plus grande que le bâtiment est celui d’une logique d’optimisation collaborative. La mixité des activités dans les quartiers sera source d’un meilleur fonctionnement positif.