EnRR : enjeux, innovations et potentiels

Compte-rendu de l'atelier du mardi 22 septembre 2015, au Congrès de Montpellier. Intervenaient Catherine Di Costanzo, Directeur général adjoint chez Promotelec, Nicolas Kosinski, Directeur du Patrimoine du Toit Vosgien, Rodolphe Morlot, Ingénieur EnR et bâtiment à l'ADEME.

Quels grands champs d’innovation sont actuellement investis par les départements recherche et développement des industriels ? Quelles productions EnRR (Energies Renouvelables et de récupération), quels modes de récupération des chaleurs fatales sont en cours de développement ? Quelles grandes orientations s’en dégagent ? Quelle prise en compte d’autoconsommation dans ces énergies renouvelables de récupération ? Quelle maturité des systèmes ? Au regard des évolutions législatives et juridiques, comment ce recours aux EnRR peut participer à la réduction de la demande en énergie ? Comment les organismes s’en sont saisis ?

La transition énergétique
Promotelec rappelle la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte qui poursuit les lois Grenelle, avec une étape à 2030, et indique que les objectifs sont dorénavant définis par filière énergétique. En 2030, la production EnRR devra représenter 40 % de la production d’électricité, 38 % de la chaleur, 15 % en matière de carburants et 10 % de la consommation gaz. Des modalités complémentaires d’accompagnement ont été prévues dont la possibilité de recourir à de l’investissement participatif et à l’autoconsommation. Des collectivités seront amenées à rendre obligatoire le recours aux EnRR dans le cadre des PLU, ou à bonifier leurs aides pour les Bepos. La loi va permettre d’embarquer, à l’échelle des bâtiments, les énergies de récupération sur eaux grises, sur air extrait. Il faudra le traduire dans les moteurs de calculs et dans les coefficients pour permettre aux maîtres d’œuvre d’avoir une idée du taux d’EnRR des bâtiments. Par ailleurs, un indicateur de la réglementation thermique intègre le fait que la récupération de chaleur relève des énergies renouvelables.

Les Bepos sont souvent équipés de panneaux photovoltaïques et se transforment en mini centrales électriques. Pour l’instant, un bâtiment à énergie positive est défini comme un bâtiment qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme annuellement. La parité réseau va arriver sur le photovoltaïque, ce qui va solliciter plus fortement les réseaux locaux. Pour ceux-ci, ce n’est pas tant le niveau de consommation qui compte que la puissance (à l’inverse de la distribution haute-tension). Par ailleurs, il faudra amener les acteurs à travailler en fonction des phases de consommation et de production.

Dans ce contexte, un outil a été élaboré avec le CSTB, basé sur le moteur de calcul RT 2012, et qui vise à évaluer le potentiel d’autoconsommation.

Retour sur expérience
Le Toit Vosgien présente deux opérations : les Héliades, sur le photovoltaïque et la cogénération ; Jules Ferry, bâtiment 100% EnRR.

Les Héliades couple le photovoltaïque, l’eau chaude sanitaire solaire, la VMC double flux individuelle et la cogénération. Cet investissement a été très pertinent et s’amortit sur une dizaine d’années. La cogénération est un petit moteur thermique qui produit de l’électricité, intégralement revendue. Ce dispositif permet d’être positif en énergie primaire et finale. Une petite chaudière gaz fonctionne en relais de la cogénération pour la production d’eau chaude.

Jules Ferry est un bâtiment 100 % EnRR, dont 95 % fabriquées sur site, et 5 % d’électricité apportée par un distributeur d’énergie, avec une garantie d’énergie renouvelable. Un gros travail d’étude a été réalisé sur le cheminement des réseaux pour permettre la récupération des eaux grises, qui représente 30 % d’apport pour le ballon d’eau chaude collectif.

Accompagnement
L’ADEME accompagne la société dans la transition énergétique et l’économie des ressources, favorise l’émergence de solutions innovantes pour créer les conditions de leur généralisation. Différents outils sont à disposition, allant de la recherche aux investissements d’avenir, qui aident à la pré-commercialisation de solutions. Le fonds chaleurs renouvelables peut être également mobilisé. Les produits issus de la recherche ou en phase de pré-commercialisation peuvent être testés dans ce programme NTE (Nouvelles technologies émergentes) : la pompe à chaleur thermique, des opérations de construction de collectifs sociaux, les pompes à chaleur géothermiques (boucles d’eau tempérées). Par ailleurs, constatant la chaleur fatale perdue des fumées et autres fours et chaudières, il faut ouvrir le champ du périmètre de l’industrie pour aller chercher cette valorisation d’énergie récupérée.