L’industrialisation des principes constructifs

L’industrialisation des principes constructifs : quels bénéfices pour les coûts, les délais et la qualité ? Compte-rendu de l'atelier du 22/09/2015 au Congrès de Montpellier. Intervenaient Jean-Luc Charrier, Directeur technique, Le Toit Vosgien et Bernard Blanc, Directeur général d'Aquitanis.

L’industrialisation des principes constructifs qui correspond à la préfabrication en 2D ou 3D par des éléments modulaires de la structure du bâtiment est utilisée depuis plusieurs années par les organismes de logements sociaux. Elle peut évoquer les années 1960-1970, avec les grands ensembles et le développement du pavillonnaire, mais aujourd'hui, la préfabrication est-elle synonyme de standardisation ? Faut-il y recourir ? Dans quelles conditions et avec quels gains ?

Industrialisation de la production
Aquitanis présente son parcours d’industrialisation de la production, avec un procédé constructif inventé par un groupement comprenant un industriel, un maître d’œuvre et Aquitanis : Sylvania. Inventer ce système a permis de maîtriser la qualité architecturale et d’utiliser la ressource bois landaise. Des expérimentations ont été menées en 3D (boîtes construites en usine puis assemblées sur place) et en 2D, avec des projet performants sur le plan environnemental. Cela a permis de démontrer que le bois de la forêt landaise pouvait servir à la construction de logements de très grande qualité. Le défi a été d’industrialiser ce produit, sans standardisation, avec pour objectif d’accélérer la production.

Le dépôt du système Sylvania a été réalisé en 2012. Les projets sont constitués à partir de modules de 3.40 m que les architectes combinent. L’ensemble des éléments de construction sont normés et intégrés dans une base de données. Les architectes élaborent les modules directement en usine, une fois le projet et son coût validés. Les principaux gains concernent les délais d’études et de réalisation, les coûts avoisinant ceux du mètre carré traditionnel mais une tendance à la baisse significative est observée avec la maturité du procédé. Un travail a été réalisé avec l’industriel, en termes de qualité de travail et de sécurité pour les salariés, ce qui entre dans le champ de la RSE. Il y a très peu de SAV et la qualité architecturale et d’usage est au rendez-vous. Cela permet aussi de faire du locatif participatif puisque l’occupant peut décider au dernier moment des cloisons à poser.

Construction bois
Le Toit Vosgien est une société Hlm de 2400 logements, qui construit à proximité de zones de montagne boisées. La tradition de la construction bois date de la fin des années 1970 : tridimensionnel, panneaux d’ossature, poteaux poutres et planchers collaborant bois/béton, panneaux pleins contrecollés (CLT). Le souhait est que les charges des locataires, en termes d’énergie, soient les plus faibles possible. Les bâtiments réalisés sont de l’individuel ou du collectif.

La résidence Les Héliades, à Saint-Dié, comprend 26 logements répartis en deux bâtiments, dont le principal comporte huit niveaux. Il est construit avec une structure bois préfabriquée et isolée avec de la paille. Il a obtenu le label Passivhaus. Les panneaux pleins contrecollés étaient tout à fait adaptés au terrain étroit de 2500 m², encloisonné dans le tissu urbain. Tout le projet a été conçu par l’équipe d’ingénierie bois, modélisé, et les panneaux sont fabriqués en usine, avec différents niveaux de finition en fonction de leur positionnement dans le bâtiment. Ils sont livrés sur le chantier et montés immédiatement. La paille est mise en place dans des caisses préfabriquées, en usine. Ces caissons sont livrés sur le chantier, prêts à fixer, ce qui évite le stockage sur un chantier exigu. Les parois sont 100 % renouvelables, ce qui permet une bonne respirabilité des murs et une bonne migration de l’humidité intérieure du bâtiment. Le fait d’associer le bois et la paille apporte une excellente protection incendie.

Le procédé CLT et de caissons paille permet d’apporter une bonne qualité environnementale à la construction, ainsi qu’un bilan carbone positif, une rapidité d’exécution, un chantier propre et particulièrement adapté à la construction de petits collectifs. En termes de coûts, tous corps d’état, le chantier revient à 1523 € HT/m² de SHON.