Innovation sociale 26.02.2015

5èmes Rencontres de l’innovation sociale : "Faire face aux précarités & mode d’habiter"

Produire une réflexion féconde pour "Faire face aux précarités & mode d’habiter" à partir de cas pratiques, tel était l’enjeu des 5èmes Rencontres de l’innovation sociale, le 29 janvier 2015. Six projets soutenus par le Fonds ont été présentés devant plus de 200 personnes.

V. Fournier, présidente du Fonds, M.-H. Foubet, membre du CSP et C. Baffy, président de la Fédération des ESH

Faire face aux précarités

La précarité a été essentiellement traitée sous deux angles : le maintien en résidence des populations en situation d’impayés et proches de l’exclusion et le développement de l’estime de soi comme pré-requis à la réinsertion sociale.

Limiter les impayés, agir sur la responsabilisation financière, garantir l’autonomie par le logement et ainsi prévenir la chute dans une spirale de pauvreté, c’est l’option qu’ont choisie Colomiers Habitat et le Toit Champenois. Colomiers Habitat s’est ainsi lancé dans un projet d’assainissement des finances en partenariat avec l’association Comité du Secours populaire de Colomiers. Le Toit Champenois a, quant à lui, mis en place un accompagnement social pré-contentieux pour éviter le passage au tribunal ainsi qu’une intermédiation locative couplée d’un accompagnement social.

Agir sur les liens forts, c’est le parti pris par l’organisme LTO Habitat. Le projet vise à faire de la famille le bastion à partir duquel reconstruire l’estime de soi en incitant les membres d’une même famille à réaliser des travaux d’embellissement de leur logement. L’idée est ici de reprendre prise avec son environnement immédiat par le biais d’une participation active à chacune des étapes du projet, y compris financière. En outre, le projet intègre un deuxième axe de solidarité puisque, par exemple, ces familles viennent en soutien à un senior, membre de la résidence, pour améliorer et embellir son logement.

Prendre en compte les différents modes d’habiter

Qu’ils se posent en accompagnateurs d’habitants qui souhaitent concevoir leur habitat, de ménages challengés par le vieillissement ou par leur arrivée dans un bâtiment requérant de nouveaux usages, les entreprises sociale pour l'habitat prennent en compte la diversité des modes d’habiter et tentent d’apporter des réponses efficaces.

Ainsi, France Loire propose son expertise en matière de gestion de site et de conception du bâti dans des projets d’habitat participatif. La faisabilité et la définition du programme sont, en effet, étudiées par un collectif d’étude, composé notamment des futurs habitants, copropriétaires et locataires et qui se réunit au cours de 12 ateliers. L’animation est assurée par Habitat Participatif Centre et Altercoopération, structures spécialisées dans la sécurisation des projets d’habitat participatif en phase de conception.

L’ESH Sollar, quant à elle, a choisi de coupler lien intergénérationnel, transition énergétique et empowerment économique à travers l’initiative de "Chers Voisins". Il s’agit, d’une part, de formaliser, une charte de vivre ensemble et de réaliser un travail d’information et de formation autour des économies de charges permises par une implication des résidents dans les travaux collectifs et dans une meilleure attention au logement et aux parties communes.

Accompagner le vieillissement en influant sur l’acceptation du changement, c’est la stratégie portée par le groupe Arcade. Faciliter le quotidien des personnes âgées ce n’est pas seulement adapter le bâti, c’est aussi prendre en compte des facteurs psychologiques d’acceptation du changement. Bien qu’il soit démontré qu’une chute s’accompagne chez les personnes âgées de récidive, et que ces chutes soient pour un tiers d’entre elles synonyme d’un syndrome post-chute générant repli sur soi, isolement social et dépression, les personnes âgées se montrent très rétives à l’adaptation de leur intérieur pourtant nécessaire à la prévention des chutes. Comment les amener à accepter ces évolutions ? C’est tout l’objet d’une recherche doctorale réalisée par une salariée de l’ALFI association dédiée du Groupe Arcade au sein du Laboratoire éducations et pratiques de santé à l’Université Paris 13. Coopérer pour habiter a sollicité ces deux structures pour expérimenter ces hypothèses au sein des ESH du Groupe Arcade. Vingt locataires âgés de plus de 65 ans feront l’objet de cette expérimentation.