Gestion des risques 22.11.2015

Comment prévenir les risques et catastrophes naturelles ?

Face à l’intensification des catastrophes naturelles, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté une étude, fin octobre: les territoires face aux catastrophes naturelles : quels outils pour prévenir les risques ?

L’aggravation des conséquences des catastrophes naturelles est souvent due à plusieurs facteurs qui se combinent : urbanisation non maîtrisée, artificialisation excessive des sols, changement climatique, faible culture du risque par la population, manque d’outils de prévention.

Afin d’accélérer le retour à la normale des zones touchées par une catastrophe naturelle, le CESE préconise de recenser en priorité les zones les plus exposées afin d’évaluer, en amont, les investissements nécessaires pour améliorer la prévention et la gestion du risque. Il suggère également de favoriser une approche européenne du risque de tempête par des partenariats entre pouvoirs publics et sociétés d’assurance permettant un financement pérenne des conséquences de ce risque, notamment pour les populations les plus vulnérables sans couverture assurantielle.

Il faut aussi mieux responsabiliser les assurés et les décideurs publics vis-à-vis des aléas afin que la solidarité tarifaire actuelle ne soit pas remise en cause et que les biens situés dans les zones les plus exposées ne soient pas inassurables. Ainsi, des modulations tarifaires pourraient être apportées afin de sensibiliser davantage les assurés à la réalité de leur exposition. Dotées de nouveaux outils numériques, les collectivités pourraient représenter en 3D les conséquences d’une catastrophe à l’échelle locale et informer les populations. Cela aiderait « les populations à prendre conscience des risques encourus en s’installant dans des zones certes attractives mais vulnérables car fortement exposées à certains phénomènes naturels qui pourraient être aggravés par le changement climatique».

Au titre des mesures, le CESE appelle au bon sens : d’abord ne pas délivrer de permis de construire dans les zones d’expansion de crue ou situées à proximité d’un cours d’eau. Et à titre conservatoire, ne pas non plus délivrer de PC entre le moment où un plan de prévention des risques naturels est prescrit et celui où il est approuvé par la commune.

Enfin, le risque zéro n’existant pas, le CESE demande un débat public au niveau national et local définissant un niveau de risque considéré comme acceptable par la population et les décideurs publics.

 

Quel impact de l'obligation d'information sur les prix immobiliers ? 

Une étude récente du Commissariat général du développement durable sur l’impact de l’obligation d’information de l’acquéreur et du locataire (IAL) porte sur les transactions immobilières du secteur résidentiel en 2006 dans 484 communes soumises à un plan de prévention des risques inondation (PPRI) dans lesquelles aucune catastrophe naturelle n’a été décrétée en 2006. Elle indique que l’IAL a eu un effet sur le prix des logements, néanmoins très hétérogène selon le type de biens, la sinistralité des communes et l’origine géographique des acheteurs : en moyenne, une baisse de 6% du prix des appartements des zones réglementées PPRI des communes touchées par une inondation en 2005 relativement au prix des appartements similaires des zones blanches de ces mêmes communes. L’information préventive aurait également eu un effet sur le prix des appartements en rez-de-chaussée des communes soumises à un PPRI et a réduit la proportion de maisons individuelles acquises par des personnes ne résidant pas dans la commune ou le canton. 

L’IAL n’a toutefois pas eu d’effet notable sur le prix moyen au mètre carré des logements à l’échelle des 484 communes prises dans leur ensemble, ni dans les zones où le marché immobilier était peu tendu en 2006, ni quand un professionnel a supervisé la signature de la promesse de vente. Soit la majorité des acheteurs était déjà suffisamment informée de l’exposition aux risques avant l’IAL, soit les ménages sont mal informés (état des risques difficile à comprendre, informations techniques…) ou trop tard, de sorte que cette nouvelle information n’est pas utilisée au moment des négociations sur le prix. 

Enfin, en 2013, indique le CGDD, un habitant d’une commune exposée au risque inondation sur cinq déclarait qu’il ignorait la présence de ce risque lors de son installation, un sur deux qu’il en était conscient mais qu’il avait alors considéré le risque comme minime (Enquête Sentiment d’exposition aux risques environnementaux, SOeS 2014). En 2014, 16 471 communes sont concernées par l’obligation d’IAL. 

(1) "L’information préventive améliore-t-elle la perception des risques majeurs ?" ; étude n° 132 ; octobre 2015.

Cet article est extrait du n°1023 d’Actualités habitat du 15 novembre 2015.

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Mots clés : Actualités Habitat