13.09.2013

Congrès Hlm 2013 : interview de Jean-Louis Dumont

Monsieur le Président, quelques mots pour définir cette 74e édition ?

Jean-Louis Dumont : Le Congrès Hlm est tout simplement une institution, mais une institution qui évolue avec son temps. Depuis toujours, le Congrès rassemble la profession autour d’une mission commune et rappelle ainsi aux organismes qu’ils œuvrent tous dans le même sens, qu’ils sont une véritable force pour la France. Ce temps de réunion leur permet aussi de confronter leurs expériences et leurs points de vue. Chaque année apporte son lot de problématiques nouvelles qui sont autant de défis singuliers à relever. Le Congrès rapproche les décideurs et leurs partenaires. Les interlocuteurs se renouvellent : les échanges et le temps pris pour consolider les relations sont donc absolument nécessaires. Par ailleurs, sur le plan politique, nous aurions tort de croire que notre utilité n’a plus besoin d’être démontrée. Nous devons faire constamment la pédagogie de nos missions car le monde ne cesse d’évoluer, la crise a largement rebattu les cartes, et l’Europe joue, chaque jour, un rôle plus prépondérant dans cette reconfiguration.

Je terminerai par quelques chiffres pour attester du dynamisme du Congrès. Cette année encore, nous recevrons 10 500 participants dont 3900 congressistes. Quant à l’espace H’Expo, il accueillera plus de 250 exposants. C’est une parfaite illustration du rôle économique que jouent les Hlm.

Le Congrès s’intitule « Notre responsabilité : agir », pourquoi cet accent si particulier sur la notion de responsabilité ?

JLD : Tout simplement parce que le Congrès intervient après la signature du Pacte d’objectifs et de moyens. Il s’agit bien d’un contrat entre le Mouvement Hlm et l’État et, comme tout contrat, il engage la responsabilité de celui ou celle qui le signe. Il faut donc bien comprendre le sens inclusif de « notre responsabilité » : le Mouvement Hlm et l’État devront répondre ensemble à cette double préoccupation : loger les familles modestes et soutenir l’appareil productif par la construction de 120 000 Hlm par an et la réhabilitation de 100 000 logements sociaux par an.

Prendre ses responsabilités, c’est assumer, de notre côté, la réforme des attributions. Nous avons d’ailleurs été les premiers à l’appeler de nos vœux. Et comme nous avons eu maintes fois l’occasion de le dire, gérer la demande fait partie de notre cœur de métier. Par conséquent, nous n’accepterons pas que cette réforme ait lieu sans nous. Nous revendiquons le co-pilotage de ce dossier et nous ferons la démonstration de notre impartialité.

Prendre ses responsabilités, c’est assurer, du côté de l’État, que les fonds du Livret A et du LDD soient bien fléchés sur le logement social et non détournés vers les banques. À ce titre, la récente redirection de 30 milliards d’euros vers le secteur bancaire nous inquiète. Nous sommes des acteurs de bon sens : la relance de l’économie via le Livret A, oui, mais avec des garanties et un motif d’action clair et cohérent avec ce qui a historiquement présidé à la création de cet outil : l’intérêt général. Remplir sa part du contrat, c’est enfin assurer le financement pérenne des opérations de logement social : la mutualisation, point important du Pacte d’objectifs et de moyens, ne doit en aucun cas se substituer aux aides à la pierre.

L’Etat, les organismes ne sont pas les seuls déterminants du succès d’une politique ambitieuse du logement, quel message plus général délivrez-vous à vos partenaires ?

JLD : Effectivement, les élus locaux, actuels ou futurs, sont une des pierres angulaires du dispositif. Nous portons à leur attention un message fort : « N’ayez pas peur du logement social. Il répond à un besoin de vos concitoyens : ceux qui, démunis ou modestes, ne peuvent se loger aux prix du marché et dont le pouvoir d’achat est sous tension ; ceux qui, parents, anticipent un besoin pour leurs enfants ; ceux qui, entrepreneurs locaux, ont le souci de remplir leur carnet de commandes ; ceux qui, salariés, recherchent la sécurité d’un emploi ». Quant aux partenaires locaux, artisans, entreprises du BTP, architectes, nous savons que la relance de la machine ne pourra se faire sans leur concours et sans le même désir d’innovation qui nous anime. Il faudra ensemble explorer toutes les pistes.

Là encore, les organismes ont un rôle à jouer dans l’accompagnement au changement. C’est pourquoi, nous leur disons : « Foncez, soyez sur le terrain ceux qui obligent les technocraties locales à sortir de leur train-train pour être à la hauteur des besoins ».