Gestion des risques 01.03.2014

En Outre-mer : les organismes Hlm s'organisent collectivement face aux risques de crises

Comment maintenir l’activité sans dommages lorsque qu’une situation critique (aléa naturel, crise sanitaire ou sociétale, …) impacte les locataires, le personnel d'une société ou la société elle-même ? Les organismes Hlm d'Outre-mer ont entamé une démarche professionnelle en ce sens.

Simulation de crise depuis la salle de l'état-major de zone en Martinique

La récente tempête Dirk qui a frappé la côte atlantique nous l’a rappelé : nous allons vers une amplification des phénomènes exceptionnels impactant les régions urbaines et nous sommes de plus en plus exposés à des situations critiques.

Pour y répondre, les organismes de logement social des Antilles ont mis en œuvre une démarche globale de résilience développée par l’Union sociale pour l’habitat Outre-mer (USHOM) depuis plus de 2 ans. La résilience, c’est la résistance à un choc et la capacité à s’adapter face à une situation changeante. Elle repose sur la réduction des conséquences du risque auquel on est exposé plus que sur la réduction du risque lui-même. Cette démarche globale de gestion du risque développée par l’USHOM s’est accompagnée de la formalisation d’un partenariat étroit avec les parties prenantes en charge de la défense et de la protection civile, et plus particulièrement les Préfets de région et le Préfet de la zone de défense des Antilles.

Deux objectifs étaient visés:

  • construire un dispositif de gestion de crise opérationnel dans chaque organisme Hlm et le tester en lien avec la chaîne d’intervention de la sécurité civile ;
  • élaborer les outils de la continuité d’activité à travers un plan de continuité opérationnel, une feuille de route « métier » et une approche transversale au sein de l’activité.

Les quatre organismes Hlm des Antilles disposent désormais d’une cellule de crise, d’une salle de crise opérationnelle et d’une documentation de crise dédiée.

Cette démarche est l’application concrète d’un travail de recherche initié en 2011, dans le cadre d’une thèse professionnelle [1] en gestion des risques sur les territoires. Son élaboration s’est appuyée sur les normes ISO 31000 (management du risque), NFPA 1600 (gestion de crise) et BS 25 999 (gestion de la continuité d’activité), avec un cadre référentiel  ALARA –  « as low as reasonably achievable ».

Trois simulations de niveau régional ou interrégional ont eu lieu avec les équipes référentes des organismes de logement social, l’État-major de la Zone Antilles (EMIZA), les services interministériels de défense et de protection civile des préfectures de la Martinique et de la Guadeloupe (SIDPC), ainsi que l’ensemble des partenaires de la gestion de crise (services de protection civile des collectivités-centre des agglomérations, police, pompiers, Croix-Rouge, ARS, DEAL, Groupe Urgence de l ’AFPS, …). Elles ont permis de confirmer l’importance de la contribution des organismes de logement social à la chaîne d’intervention de la sécurité civile. Lors de la simulation de décembre 2013 en Martinique avec la SMHLM, OZANAM et la SIMAR, les cellules de crise ont été conduites à réfléchir à une réponse mutualisée où la problématique du soutien aux populations a pu être traitée. Le prochain exercice intitulé « Caraibes Wave » est programmé en mars 2014 par l’État-major de la zone de défense des Antilles.

L’interopérabilité des dispositifs de gestion de crise et l’entraînement des équipes à grande échelle (exercices collectifs et actions de formation ciblées) ont non seulement facilité la reconnaissance d’une nouvelle compétence, mais également, le développement de la performance des équipes en synergie.

Face aux grandes mutations de notre société d’aujourd’hui, cette démarche de résilience du logement social constitue une alternative pour garantir l’exercice du métier dans une perspective durable.




[1] « Face au risque majeur : quelle résilience du logement social ? », C.Vogeleisen, Master gestion des risques sur les territoires EISTI-ENA, 2011.