Le logement Hlm accompagne l’emploi en logeant les actifs

L’organisation, le 13 novembre 2014, à Paris, de la journée du Réseau des acteurs de l’habitat "Le logement au service de l’emploi : quelles réalités dans les territoires ?" fera le point sur les apports du logement social au développement économique, au travers du logement des actifs.

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Le logement des actifs constitue pour le logement Hlm une fonction essentielle. C’est l’un de ses fondements : si le logement est particulièrement présent en Ile-de-France, dans le Nord-Pas-de-Calais, la région Rhône-Alpes, la Vallée de la Seine, la région Champagne-Ardenne et la Lorraine, c’est parce qu’il a accompagné le développement des industries en logeant les salariés, tout en améliorant leurs conditions d’habitat. C’est également la raison d’être du 1% Logement représenté par Action Logement.

Aujourd’hui, le logement des salariés reste une composante fondamentale des ménages accueillis dans les Hlm : les ouvriers et les employés représentent 50% des habitants, les professions intermédiaires 12%.

Toutefois, la fonction d’accompagnement de l’activité économique par le logement social doit s’adapter aux évolutions de l’économie réelle.

Elle passe aujourd’hui par le maintien, voire le développement, du logement social dans les métropoles où il est indispensable d’apporter un logement abordable aux larges couches de la population qui ne peuvent accéder au logement aux conditions du marché. Pensons par exemple au logement des travailleurs-clés : emplois de la santé, de la sécurité, des transports publics, de la distribution des grands services (eau, gaz, électricité…), des services opérationnels aux entreprises etc. qui constituent les emplois des fonctions supports, indispensables à l’activité métropolitaine. Cette mission du logement social est d’autant plus essentielle que ces emplois tendent eux-mêmes à la précarisation.

Mais cette fonction d’accompagnement concerne bien d’autres territoires même si une des caractéristiques de la nouvelle économie et d’être moins riche en sous-traitance et d’irriguer moins bien le territoire (Davezies, 2014). Les collectivités tentent en effet d’attirer des activités par l’offre de conditions de vie intéressantes pour les salariés ou s’appuient sur le développement de l’économie résidentielle favorisant elle-même la création d’emplois dans le domaine des services à la personne. Le logement conditionne plus que jamais la mobilité professionnelle et l’emploi, au point que là où le logement manque, est trop cher ou de mauvaise qualité, les entreprises ou les salariés renoncent à s’installer (Crédoc 2011, pour le compte du MEDEF).

Le logement social doit également répondre aux besoins en logement liés au début du parcours professionnel : apprentissage, formation en alternance…Ce qui nécessite de nouer de nouveaux partenariats (entreprises, centres d’apprentissages, universités…) et d’adapter les règles de gestion et les conditions de solvabilisation.

Il doit enfin accompagner davantage la mobilité professionnelle et résidentielle en permettant des mutations au sein du parc d’un même bassin d’emploi ou entre bassins d’emploi. A cet effet, mais à condition qu’il sache l’organiser, le Mouvement Hlm dispose d’une formidable opportunité au travers des 760 organismes qui le composent et qui maillent l’ensemble du territoire national.

Sur un autre plan, le Mouvement Hlm doit inciter à ce que les politiques locales de l’habitat élaborées et conduites par les collectivités territoriales prennent plus fortement en compte une réflexion à moyen terme intégrant les acteurs économiques, ce qui est encore trop rarement le cas.

Venez débattre de ces questions au sein du Réseau des acteurs de l’habitat lors de la journée du 13 novembre 2014. Programme et modalités d’inscription sur ce lien : http://www.acteursdelhabitat.com/spip.php?article1139

Dominique Belargent, responsable des partenariats institutionnels