Le projet hautement créatif du Volcan à la Tour Réservoir

Faire évoluer les regards sur le quartier de Caucriauville au Havre et son emblématique Tour Réservoir, et générer par la même occasion du lien social, de la requalification, de l’estime de soi, c’est le projet du Volcan qui a initié avec les femmes de ce grand ensemble une web-série de 10 épisodes.

Fidèle à son ADN de médiateur culturel, Le Volcan ambitionne de produire deux saisons d’une web-série avec pour toile de fond la Tour Réservoir, gérée par Estuaire de la Seine, et pour actrices-réalisatrices, ses habitantes.

Cette web-série répond à trois enjeux :

  • réconcilier démocratisation de la culture et démocratie culturelle en allant au plus près des habitants ;
  • œuvrer à la "transformation" sociale de cet "essai" qu’a constitué le vaste programme de rénovation urbaine dans le quartier de Caucriauville ;
  • sortir la Tour Réservoir des stigmates qu’on lui colle habituellement.

S’inspirant du Shomingeki japonais (genre de cinéma néo-réaliste s’intéressant à la vie des gens de la classe moyenne), la forme artistique de la web-série est en parfaite adéquation avec le contexte. En effet, ce genre télévisuel a été spécialement conçu pour la représentation de la vie familiale quotidienne de classes moyennes et populaires, confrontées à un bouleversement profond de leurs habitudes, de leur espace de vie et appelées à concevoir de manière radicalement différente leur avenir dans une société presque sans aucun lien avec celle qui les avait vu naître. Or, c’est précisément l’effet de la rénovation urbaine sur le quartier de Caucriauville, et la Tour Réservoir est cet ultime trait d’union avec la société révolue des années 1960.

Outre le fait de se présenter aux habitants comme une ouverture artistique, le Shomingeki laisse toute latitude pour exprimer la spécificité culturelle de la Tour Réservoir et de son nouvel environnement direct. La plupart des scènes seront tournées dans les intérieurs de La Tour Réservoir.

En ciblant les femmes de la Tour Réservoir, Le Volcan entend apporter une réponse à une population précarisée. La plupart d’entre elles sont en effet des femmes célibataires ou divorcées en charge d’enfants. Souvent sans formation et sans travail, elles sont en grande demande de rencontres, de relations, de socialisation et d’expériences.

C’est grâce aux fictions qu’elles créeront et aux potentialités offertes par la vidéo et sa diffusion sur le web que les frontières mentales, qui maintiennent la Tour Réservoir dans des images négatives, pourront être abattues. On y verra des femmes actives, des femmes au foyer, des femmes de toutes générations, des femmes engagées, des femmes tenues dans le souci de leurs proches… Bref, un foisonnement d’histoires singulières traitées du point de vue féminin qui auront le mérite de valoriser les habitants, de leur faire recouvrer la fierté d’appartenir à leur quartier, l’estime de soi et la conviction d’intéresser le reste du monde.

Le Volcan s’est appuyé dans cette entreprise sur le savoir-faire et la puissance médiatique du collectif de Jean-Michel Bruyère, LFKs. Le collectif LFKs n’en n’est pas à son coup d’essai : un projet similaire a été conduit avec la complicité du bailleur 13 Habitat, à Marseille.

 

La Tour Réservoir est un des projets sélectionnés dans le cadre du concours "S’engager pour les quartiers".

Pour mémoire, le concours "S'engager pour les quartiers" récompense chaque année des projets qui favorisent le développement économique et la cohésion sociale dans les quartiers, et spécifiquement dans les quartiers ayant fait ou faisant l'objet d'une opération de renouvellement urbain.

Le concours accorde 4 prix à hauteur de 10 000 euros chacun, ainsi qu’un Grand prix du même montant.

  • Le prix "Vie quotidienne et lien social" est parrainé par l’Union sociale pour l’habitat,
  • "Innovation sociale et sociétale" par GDF SUEZ,
  • "Création d’activité et développement économique" par l’Acsé,
  • "Insertion professionnelle" par la Fondation Terre Plurielle, Bouygues
  • Le "Grand prix" par l’Anru et FACE, initiateurs du concours.