10.08.2015

Les Sacicap confiantes en leur avenir

Trois ans après la mise en résolution ordonnée du Crédit immobilier de France, les Sacicap sont en ordre de marche et entendent être des partenaires privilégiés des élus dans l’accompagnement de leurs actions dans le domaine du logement.

Yannick Borde

Suite à de sérieuses difficultés de refinancement consécutives à la dégradation de sa notation par les agences de notation et sur demande de l’État, en septembre 2012, l’assemblée générale des Sacicap décidait, en novembre 2013, la mise en résolution ordonnée du Groupe Crédit immobilier de France, dans un cadre approuvé par la Commission européenne. À l’issue de ce plan, les Sacicap devraient recueillir une partie des fonds propres du Groupe (environ 800 millions d'euros), avec un premier versement en 2018, qui devraient leur permettre de se réinventer un avenir.

Aujourd’hui, le plan de résolution ordonnée se met en œuvre. Et, depuis le 1er juin, Jérôme Lacaille a succédé à François Morlat, en qualité de directeur général du CIF. Il accompagnera Yannick Borde, président du CIF dans la conduite du plan de résolution ordonnée. Les Sacicap souhaitent dans ce contexte, grâce à leur présence sur tous les territoires, amplifier le développement de leurs activités concurrentielles mais aussi réaffirmer leur ancrage au sein du Mouvement Hlm. Philippe Petiot, assure la direction générale de l’UES-AP (Union d’économie sociale pour l’accession à la propriété et de Procivis Immobilier), depuis avril 2015.

Le 23 juin dernier, après l’assemblée générale statutaire, s’est tenue une assemblée générale informative, au cours de laquelle, Yannick Borde, président de l’UESAP-Procivis et Jean-Luc Lips, ont présenté les résultats et activités 2014 des Sacicap et de leurs filiales immobilières ainsi que leurs projets.

Un positionnement différenciant sur le marché

"Les Sacicap, rappelle Yannick Borde, sont nées, pour la plupart d’entre elles, au début du 20ème siècle[1] pour assurer le financement de l’accession à la propriété des familles modestes. Si depuis, nos métiers ont profondément évolué, cette composante à caractère social de notre ADN demeure. Les 56 Sacicap, présentes sur l’ensemble du territoire, sont des acteurs complets de l’habitat, capables de développer l’ensemble des métiers : promotion, maison individuelle, services immobiliers". Dans un contexte de ralentissement du marché immobilier, les filiales immobilières - Procivis immobilier s’en sont plutôt bien sorties. Elles livrent, entre 5 000 et 6 000 logements par an (5 400 en 2014), mais disposent d’un potentiel supérieur. Elles gèrent 585 000 dans le cadre de leurs activités d’administration de biens. À travers leurs 25 entreprises sociales pour l'habitat et 25 sociétés coopératives d'Hlm, elles participent au pilotage de 160 000 logements Hlm. Les Sacicap et leurs filiales immobilières, quatrième acteur français du secteur, ont les moyens de se développer avec 1,5 milliard de fonds propres cumulés. "Nous sommes le principal acteur de l’accession sociale à la propriété, nous produisons une offre de logements de qualité en accession à la propriété à prix maîtrisés, en zone ANRU ou encore dans le cadre du dispositif PSLA", affirme le président, qui précise que les objectifs de construction de 25 000 logements inscrits dans la convention opérationnelle 2008/2017, signée avec l’État, sont atteints, voir dépassés. Ainsi, depuis 2008, 21 000 logements ont été initiés par les Sacicap et leurs filiales dans le cadre de cet engagement dont 20% se situent en zone ANRU, 25% sont en PSLA et 49% à prix maîtrisés et 16 000 ont déjà été livrés.

"Nous amplifions ce positionnement par notre action en matière de missions sociales. Acteur du secteur de l’économie sociale et solidaire, nos résultats ont vocation à servir l’intérêt général plutôt que la rémunération d’un actionnaire", insiste-t-il. A ce titre, 258 M€ ont été engagés depuis 2008, dans le cadre 770 conventions missions sociales signées avec les collectivités territoriales et les acteurs du logement social dont la moitié dans le cadre de dispositifs avec l’ANAH. Les autres partenaires sont les conseils généraux, les communautés urbaines et communes, les organismes Hlm, les CAF, la MSA, des associations intervenant en faveur des personnes handicapées et des gens du voyage, et des organismes tels les PACT, CAL, Habitat et développement et les ADIL. Ces conventions ont permis la réalisation de plus de un milliard de travaux et la préservation de 20 000 emplois. Au total, ce sont 21 000 ménages qui en ont bénéficié soit sous des formes de préfinancement d’avances d’aides publiques sans intérêt ou de micro-crédit, en complément et en appui des aides de l’ANAH, des départements, des communautés de communes pour adapter leur logement, lutter contre l’insalubrité, la précarité énergétique, ou les copropriétés dégradées, acquérir leur logement dans le cadre de vente Hlm ou d’accession aidée.

Ces interventions conditionnant la faisabilité des projets, les bénéficiaires ne pouvant mobiliser seuls les montants nécessaires à l’avance des subventions ou ne pouvant accéder au crédit pour financer leur reste à charge, déduction faite des aides obtenues.

Miser sur la valeur ajoutée sociale

Aujourd’hui, les Sacicap, comme de nombreux acteurs, confrontées à un environnement évolutif (atonie du marché immobilier, nouvelle organisation territoriale, mise en résolution ordonnée, réforme du 1%) "ont été amenées à clarifier leur projet et à revenir à leurs activités cœur (promotion, maisons individuelles, services) pour générer leurs revenus de demain, explique Yannick Borde. Notre développement se fera en cultivant notre différence plutôt qu’en l’atténuant. Nous allons sur chacune de nos activités chercher à développer notre valeur ajoutée sociale, à renforcer notre appartenance au Mouvement Hlm et à explorer toutes les orientations permettant de pérenniser nos missions sociales en innovant et en mutualisant leur financement à travers des outils adaptés. Notre stratégie actionnariale doit être consolidée, notamment en lien avec les autres acteurs du logement et plus particulièrement du logement social, en nous inscrivant comme un acteur majeur des politiques publiques dans le domaine de l’accession sociale à la propriété, de l’aménagement, de la mixité sociale ou encore des copropriétés dégradées. Dans notre ADN, conclut-il, nous sommes également porteurs d’un atout majeur qui est celui de la proximité avec les collectivités locales. Les élus reconnaissent nos acteurs locaux comme étant des partenaires fidèles et engagés sur le long terme. Nous devons prendre le train de la réforme en cours avec la création des régions et des métropoles".




[1] Elles sont issues de la transformation, en 2006, des anciennes sociétés anonymes de crédit immobilier

 

Cet article est extrait du n°1017 d’Actualités habitat du 30 juillet 2015.

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