Le premier Hlm de France rénové au terme d’un an et demi de chantier

L’immeuble de La Ruche, construit en 1893 à Saint-Denis et considéré comme le premier Hlm de France, devrait connaître un record d’affluence à l’occasion des journées du patrimoine ce samedi 17 septembre.

Les Echos et l'Express reviennent sur l’histoire de ce bâtiment et les travaux de rénovation qu’il a subis pendant 18 mois.

La construction de cet Hlm coïncide avec la loi Siegfried de 1894 qui marque le début de la politique de logement social en France. À sa création, cette cité-jardin composée de 45 appartements et de 21 pavillons, est novatrice à plus d'un titre : socialement mais aussi techniquement (façade en béton "Coignet", pionnier du béton armé). Saint-Denis, ville ouvrière souhaitant fixer la main d'œuvre près des usines, logera ouvriers et petits employés.

Plusieurs chantiers de modernisation ont eu lieu depuis mais jamais de cette ampleur. Grâce à un important travail de recherche du bailleur social (Antin Résidences, groupe Arcade), la remise à neuf a respecté l'architecture d'origine (façade gris clair avec liseré de briquettes, volets en bois blancs, dessinés et fabriqués d'après des visuels de l'époque). Le programme a été établi avec les architectes des bâtiments de France. Les locataires ont également été consultés.

Le chantier s’est révélé plus complexe que prévu. Démarré en mars 2015, il a duré dix-huit mois. La gageure a été de maintenir les lieux habités (150 personnes) pendant les travaux. La durée d'intervention dans les logements ne devait pas durer plus de quinze jours. Pour épargner les personnes âgées, nombreuses dans ces logements de petites tailles, Antin Résidences a mis au point un accompagnement. "Un logement d'accueil a été aménagé pour la journée pour les moments où les nuisances étaient trop fortes", indique Rodolphe Talbot, en charge du projet chez Antin Résidences. Une grosse partie des travaux a consisté à moderniser les logements pour lutter contre les problèmes d’humidité et en améliorer les performances énergétiques (changement des menuiseries extérieures en bois, installation de ventilations automatiques, remplacement des chaudières gaz, isolation des combles et des plafonds des caves). Le coût de la réhabilitation, de 2,9 millions d'euros, a été financé à hauteur de 20 % sur les fonds propres d'Antin Résidences, le reste par la Caisse des Dépôts.

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