Vrac : du bio et du local dans les quartiers

A Vénissieux dans la banlieue de Lyon, l'association Vrac propose aux habitants des produits bio et/ou locaux à bas prix, une fois par mois.

Lauréat du concours "S'engager pour les quartiers", Vrac (Vers un réseau d'achat en commun) a séduit Alterecoplus, qui est allé rencontrer l'assocation. Une fois par mois depuis un an et demi, Vrac propose des produits bio et/ou locaux aux habitants du quartier des Minguettes, où le revenu médian est à peine de 700€ par mois par ménage (42% de la moyenne de l'agglomération). Grâce au soutien du bailleur Est Métropole Habitat et de la fondation Abbé Pierre Rhône-Alpes, Boris Tavernier, déjà fondateur d'une Amap et d'un bar-restaurant coopératif à Lyon, a pu créer l'association Vrac et convaincre les habitants du quartier d'adhérer au projet. En un an et demi, 700 personnes sont devenues adhérentes, et Vrac espère vendre pour 100 000€ de produits cette année.

 "Ici, les gens s’imaginaient que le bio, ce n’était pas pour eux. D’abord, je faisais goûter les produits, la fois d’après, je parlais des prix. Et puis très vite, ça a marché.", explique Boris Tavernier. Il ajoute : "On repère des producteurs locaux ou bio, on leur achète de grosses quantités qu’ils nous livrent en vrac pour obtenir des prix intéressants, puis on les revend dans six quartiers prioritaires de l’agglomération lyonnaise. En revanche, on ne fait pas de produits frais, car ça impliquerait une logistique plus compliquée."

Des prix bas, voilà ce qui explique notamment le succès de Vrac, car la plupart des adhérents ont en effet de faibles revenus mais ne veulent pas pour autant consommer n'importe quoi ou n'importe comment : Safya dla Duch', adhérente dans le quartier de la Duchère, se décrit ainsi sur son blog comme "pauvre et écoresponsable".  

L'autre réussite de Vrac ? Avoir su recréer du lien et de la mixité sociale dans les quartiers avec des commandes ouvertes à tous sans condition de revenus ou de résidence. Il suffit de venir récupérer sa commande dans un des points de distribution, tous situés à l'intérieur des quartiers. "Nous avons quelques personnes aisées qui viennent, et j’en suis très satisfait. Ça rend Vrac moins stigmatisant pour les plus précaires, qui sont trop souvent dans des dispositifs à part", se félicite Boris Tavernier. Les adhérents participent également aux distributions et en profitent pour discuter entre eux.

La principale difficulté de l'association, outre les difficultés à s'approvisionner en produits à des prix compétitifs, est de maintenr la dynamique dans la durée : "Sans structure porteuse, ça peut très vite s’essouffler, il faut être vigilant pour relancer les gens et leur rappeler qu’ils peuvent commander des produits", note Camille Bonnard, chargée d'innovation sociale à Est Métropole Habitat. Peu connectés, les adhérents commandent très peu en ligne, et la majorité des commandes se fait durant des permanences hebdomadaires ou par texto.

Enfin, en vendant quasiment à prix coûtant, Vrac est loin de l'équilibre économique. Si elle peut compter sur des financements venant des trois bailleurs sociaux de l'agglomération, la Fondation Abbé Pierre et la Fondation Nina Carasso, ainsi que sur la métropole de Lyon, Vrac réfléchit à se lancer dans l'achat de services groupés (assurance, FAI) pour dégager une petite marge.

Des projets similaires commencent à voir le jour dans d'autres villes françaises, inspirées de l'expérience lyonnaise.

 

 

précédentesuivante