12.08.2014

Qui habite en Hlm ?

Face aux idées reçues, les statistiques démontrent que les Hlm restent fidèles à leur vocation première de mixité sociale. Un équilibre certes fragilisé en temps de crise économique.

"Vivons tous bien ensemble", Illzach (68), HHA (Habitats de Haute-Alsace)

« Dans les Hlm, il y a trop de riches » ou « trop de démunis », ou encore « pas assez de travailleurs »... Les idées reçues vont bon train sur les habitants des Hlm. Pourtant un simple retour à la statistique permet d’observer la répartition des locataires Hlm selon leur catégorie socio-professionnelle.

Sociologie du logement social

En 2010, les employés et les ouvriers représentaient la moitié des résidents (respectivement 21 % et 26 %), les retraités 26 %, les professions intermédiaires (infirmières, instituteurs, professeurs, contremaîtres) 12 %, les autres catégories de ménages se répartissant entre agriculteurs, artisans et commerçants (2%), cadres et professions intellectuelles supérieures (4 %) et résidents sans activité (10 %).

Une mixité qui, sous la pression des mutations économiques et sociales, est menacée, voire disparaît dans certaines zones.

Le parc Hlm accueille des ménages répondant à des conditions maximales de ressources. Par rapport à la structure de la population française, les habitants du parc locatif social se caractérisent par une surreprésentation des familles monoparentales (20% des ménages logés par les organismes contre 8% dans l’ensemble de la population) et des locataires de nationalité étrangère (10% contre 5%) et par le caractère modeste de leurs revenus.

Un logement sur quatre mis en location est attribué à un ménage dont le revenu est inférieur à 20% des plafonds* de ressources.

La mixité sociale, un objectif fondateur

Les Hlm ont toujours fait de la mixité sociale leur fer de lance, seul rempart contre la ghettoïsation des quartiers. Aujourd’hui, sous les effets conjugués de la crise économique et de la crise du logement, les Hlm doivent, plus que jamais, s’adresser à une large palette de catégories sociales, ce qui fait de l’objectif de mixité non pas un combat d’arrière-garde mais une nécessité.

La loi prévoit que le logement social ait pour fonction de loger à un prix modéré tous ceux qui ne peuvent y parvenir par le simple jeu du marché. La vocation fondatrice des Hlm, qui valorisent la mixité sociale, n’est pas de répondre uniquement à une population pauvre mais aussi à une population qui n’a plus les moyens de se loger dans le parc immobilier privé.

60% des ménages logés par les organismes ont des revenus inférieurs à 60% des plafonds de ressources, et appartiennent ainsi au tiers le plus modeste de la population.

* À titre d’exemple, le plafond de ressources pour l’attribution d’un logement social en province équivaut à un salaire net mensuel de 1900 € pour une personne vivant seule, et 3600 € pour un ménage de 4 personnes.

La crise économique fragilise la mixité sociale

Les nouveaux entrants dans le parc Hlm sont plus économiquement fragiles. Les conditions d’emploi sont de plus en plus précaires, le nombre de familles monoparentales augmente, l’indexation des revenus ne correspond pas à l’inflation des prix des loyers ; plusieurs raisons pour lesquelles le champ d’action du Mouvement Hlm s’agrandit.