Énergie - Environnement 23.05.2012 Rédigé par Bertrand Lapostolet, responsable de programme de la Fondation Abbé Pierre

La Fondation Abbé Pierre lutte contre la précarité énergétique

Après la réussite de l'opération "2000 Toits pour 2000 Familles" de 2008 à 2011, la Fondation Abbé Pierre développe un nouveau programme, "Toits d'abord", destiné à lutter contre la précarité énergétique.

Crédit : Ljubisa Danilovic - Fondation Abbé Pierre

De 2005 à 2011, la Fondation Abbé Pierre a engagé 24 millions d’euros pour contribuer au financement de 3 736 logements très sociaux portés par le secteur associatif, soit par an, près de 2 % de la production nationale, plus de 16 % de la production associative (maîtrise d’ouvrage d’insertion) et 60 % de la production des Unions d’économie sociale.

Un engagement en zones tendues et moins tendues

Les projets soutenus sont répartis sur l’ensemble du territoire (18 régions, 49 départements), cependant, la production associative reste concentrée dans 4 régions : près de la moitié dans le Nord-Pas de Calais et l’Île-de-France (46 %), et 25 % en Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Plus de la moitié des logements ont été financés en zones tendues. Ce sont ces régions où il est le plus difficile de se loger, et de fait là où le plus d’opérateurs essaient de répondre à divers besoins. Pour autant, la Fondation veille à soutenir aussi des projets qui répondent à une demande insatisfaite à l’échelle locale y compris dans des secteurs considérés comme moins tendus ou des secteurs ruraux.

"2000 Toits pour 2000 Familles" a dépassé ses objectifs

Le programme "2000 Toits pour 2000 Familles", de 2008 à 2011, a dépassé ses objectifs avec 2 028 logements en relevant avec ses partenaires trois défis :

  • Plus de la moitié des logements ont été réalisés dans des petites opérations "en diffus" et très intégrées à leur environnement : beaucoup d’opérations de 1 logement, une taille moyenne des opérations entre 2 et 3 logements en logement ordinaire. Il s’agit principalement d’opérations d’acquisition-amélioration, de baux emphytéotiques ou à réhabilitation.
  • Un tiers des logements du programme sont réalisés en « pensions de familles » et permettent de loger dans des petites opérations d’une quinzaine de logements un public en grand isolement social et au parcours résidentiel chaotique. La combinaison d’un logement autonome et d’espaces et activités collectifs permettent de construire ou reconstruire un « chez soi » mais aussi d’apporter une réponse à l’isolement. Pour ces projets, on trouve régulièrement un partenariat entre association (projet social, gestion) et organisme Hlm (maîtrise d’ouvrage).
  • Une attention particulière a été portée à la sobriété des logements : en France, 1 ménage sur 6 est en précarité énergétique, la « dépense contrainte » atteint la moitié du budget des ménages pauvres et modestes… L’importance de ces problématiques impliquent aujourd’hui de travailler sur le niveau de loyer, mais aussi sur l’ensemble des coûts liés au logement au premier rang desquels l’énergie et l’eau. La qualité des réhabilitations est ambitieuse : elles ont permis un gain moyen de performance énergétique de 60 %, l’équivalent de 3 classes de DPE (Diagnostic de performance énergétique).

"Toits d'Abord", un programme de lutte contre la précarité énergétique

Pour son nouveau programme "Toits d’Abord", reconnu par arrêté ministériel comme « programme de lutte contre la précarité énergétique » dans le cadre du dispositif des certificats d’économie d’énergie de la loi Grenelle 2, cet aspect est encore renforcé.

A travers ce programme, la Fondation Abbé Pierre poursuit son action de soutien à la production de logements très sociaux et pensions de familles par le secteur associatif, en accentuant l’attention portée à la réduction du coût d’usage des logements pour lutter notamment contre la précarité énergétique.

Ainsi et au-delà des exigences de performance thermique, la Fondation Abbé Pierre a engagé une évaluation fine sur une première série de plus de 50 logements du programme qui s’achèvera dans les mois à venir. Elle doit permettre par une mesure des performances mais aussi et surtout des dépenses effectives des ménages logés, d’identifier les meilleurs choix tant sur la conception, en amont des opérations que sur la mise en œuvre, la gestion locative ou technique et l’accompagnement des locataires au « bon usage » du logement. Cette évaluation sera poursuivie et amplifiée tout au long du programme et des contacts ont eu lieu avec l’Union sociale pour l'habitat et son observatoire de la performance énergétique afin d’échanger sur les deux démarches.

Bertrand Lapostolet, responsable de programme de la Fondation Abbé Pierre