Outre-mer 18.04.2012

Les organismes Hlm s'engagent dans un processus de management du risque

En Martinique et en Guadeloupe, les organismes Hlm ont mis en œuvre un plan ambitieux de maîtrise globale du risque majeur. L’objectif est d’assurer la continuité de leur activité quel que soit l’évènement.

La formation des organismes Hlm des Antilles au risk management, en mars 2012. DR USHOM

Comment faire face aux risques et gérer les crises, comment assurer la continuité de l’activité et, plus largement, celle de la mission d’intérêt général des organismes Hlm au service des habitants en cas de grande catastrophe ? 35 cadres des quatre organismes de Guadeloupe et de Martinique ont ainsi été formés au « risk management », au mois de mars.

Une formation certifiante en management des risques

Un module de formation certifiante sur la fonction de "Risk Manager en Hlm" a été développé avec le Master "Gestion des risques sur les territoires" dispensé par l’Ecole Internationale des Sciences du Traitement de l’Information (EISTI) et l’ENA. Durant 3 jours, les fondamentaux du risk management, les méthodes de cartographie du risque en entreprise, et l’appropriation des outils opérationnels utiles à la gestion de crise, ont été travaillés en alternant des ateliers, des apports méthodologiques et du retour d’expérience. Ce fut également l’occasion pour les organismes Hlm des Antilles d’inscrire leur démarche dans la perspective de la Norme ISO 31 000, qui propose un processus de management des risques et offre un cadre organisationnel structurant les activités de l’entreprise en faveur de l’amélioration en continu.

Développer une culture du risque

"Cette formation contribue au développement d’une culture du risque dans l’entreprise", explique Catherine Vogeleisen, risk manager et chargée de mission outre-mer à l’Union sociale pour l’habitat outre-mer. La démarche s’est structurée à partir du risque le plus dommageable pour l’activité, du fait de sa cinétique et de son imprévisibilité  mais également de sa gravité : le séisme majeur. "Mais cette démarche a été développée de façon globale et transversale, elle s’applique à tout type de risque. L’objectif étant non pas de traiter le risque mais ses conséquences", souligne Catherine Vogeleisen.

Associer les locataires aux préparations à l’urgence

Initiée en mai 2011, cette démarche a donné lieu à la constitution d’un groupe de travail partenarial dans chaque région, en collaboration avec l’Etat-major de Zone de défense et les Services interministériels de défense et de Sécurité civile des Préfectures. Ce groupe de travail permet une validation partagée des étapes d’élaboration des outils de gestion de crise, et du dispositif de continuité d’activité au sein des entreprises, avec une dimension mutualisée. Il facilite, en outre, le développement du partenariat local et interrégional, tout en associant les locataires par une préparation aux situations d’urgence (formation Croix-Rouge PSC1).

Une démarche innovante pour la performance des équipes

Accompagner le développement de procédures et outils opérationnels de gestion de crise et la construction d’un Plan de continuité d’activité "métiers" implique une dimension pédagogique professionnalisante et un entraînement régulier avec des mises en situation : "En octobre 2012, un exercice de crise sismique de grande ampleur sera organisé aux Antilles, avec les associations de locataires, les collectivités des deux agglomérations et les services de l’Etat, acteurs de la sécurité civile. Il s’agit d’une action très innovante appliquée au logement social, qui favorisera la performance des équipes", précise Catherine Vogeleisen.