18.02.2013

Odette Bonte, une militante humaniste

Odette Bonte quitte le Conseil social où elle siégeait depuis 30 ans. Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat, lui remettra, le 26 février, la médaille vermeille Hlm pour son dévouement à la cause du logement social.

Odette a été, dès 1966, une militante active de l’Union féminine civique et sociale de Dunkerque (UFCS) dont le secteur urbanisme, cadre de vie et logement s’avère vite très dynamique. En 1976, avec le soutien d’Albert Denvers, elle lance une grande enquête auprès des femmes sur la question du logement qui débouche en 1979 sur la sortie d’un livre blanc, « Les femmes et l’habitat dans la région dunkerquoise ». Cette imposante production (2000 questionnaires dépouillés) donne lieu à de multiples animations, expositions, débats citoyens et conférences et à la création, à Dunkerque, de l’Association départementale d’information sur le logement dont elle devient vice-présidente en 1981.

Le patrimoine ouvrier dans la région de Dunkerque est très riche mais peu mis en valeur. Avec le suivi attentif et amical de Roger-Henri Guerrand, la section d’Odette réalise un ouvrage, qui reste la référence sur l’architecture ouvrière sur le Dunkerquois[1], et une exposition. Passionnée d’histoire de la vie quotidienne, Odette s’intéresse à celle des jardins ouvriers de Dunkerque[2].

Sa section travaille sur l’accessibilité aux personnes handicapées et le logement des personnes âgées. Deux études valent aux militants un accueil mitigé, et parfois hostile, sur les structures d’accueil pour personnes âgées. Elles vont pourtant permettre de notables améliorations[3]. Ces travaux ont été réalisés grâce à la détermination des femmes de l'UFCS, et avec l'aide de l'Agence d'urbanisme de Dunkerque, du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Nord (CAUE), et de certains bailleurs sociaux.

Odette est désignée par le préfet au CAUE, dès sa création en 1981, où elle siègera près de 20 ans. Elle participe à la mise en place de « l’école des passe-murailles », pour initier les enfants à leur environnement et à l’architecture. Elle est à l’origine, avec d’autres associations, de la création de l’Association de défense de l’environnement (ADELFA) qui mènera, en partenariat et avec la complicité de Michel Delebarre, à la création à Dunkerque de la Maison de l’Environnement qui existe toujours.

Mais c’est sur le terrain que notre militante se distingue encore pour défendre la mixité sociale et la qualité de la vie, dans ce que l’on dénommait alors la zone à urbaniser en priorité de Malo, ou pour sauvegarder la dune littorale qui jouxte la cité.

Membre dès 1976 d’une des premières commissions mixtes Hlm & Usages de France, Odette est aussi à l’origine d’une Ecole de consommateurs dans le Dunkerquois au début des années 1980. En 1982, elle intègre le Conseil social Hlm.

Odette, par son tempérament de militante humaniste et son caractère passionné, a toujours, quel que soit le sujet abordé, rappelé la condition des plus humbles et leur ressenti. Les sujets sont très variés et parfois très techniques, mais jamais elle n’a oublié d’intégrer dans les débats et les rapports du Conseil social cette dimension humaine. Qu’elle en soit remerciée !

 

Patrick Kamoun, responsable du secrétariat du Conseil social et de l'Instance de concertation nationale de l'Union sociale pour l'habitat




[1] L’Habitation Ouvrière dans l’Agglomération Dunkerquoise, UFCS, Section Urbanisme-Cadre de Vie, CAUE du Nord, 1981.

[2] Histoire des jardins ouvriers à Dunkerque, en collaboration avec C. Badts, présidente des jardins ouvriers de Dunkerque.

[3] « Une fenêtre ouverte ou fermée », édité par l’UFCS,1987, 226 pages, et  « Les fenêtres s’ouvrent » édité par l’UFCS, 1994.