Rénovation urbaine 01.03.2012

A Grenoble, rénover pour ouvrir sur la ville

Le quartier Mistral, situé au sud-ouest de la capitale Iséroise, est en pleine mutation. Plus ouvert, plus mixte, le quartier se lie à la ville. Ses habitants, ainsi que l’organisme, voient leurs habitudes changer. Retour d’expérience avec Actis, le bailleur local.

Immeuble Le Renouveau (22 logements), dans le quartier Mistral Eaux-Claires (photo Claude Cieutat).

Le quartier Mistral, à Grenoble (Isère), figurait parmi les 500 quartiers prioritaires du PNRU. Cet ensemble de 970 logements sociaux, géré par un unique bailleur, Actis, a fait l’objet d’une première grande opération de renouvellement lancée en 2006.

Un quartier à désenclaver

Le quartier Mistral était ceinturé par divers éléments urbains. À l’ouest et au sud, par la rocade routière et l’autoroute A480, au nord, par une usine classée Seveso. À l’est par un groupe scolaire.  « Dès le départ, la rénovation ne pouvait être pensée dans le seul cadre du quartier », explique Jean-François Lapière, Directeur général d’Actis. « La problématique a consisté à agir par-delà les contours du quartier pour le raccrocher à celui des « Eaux-Claires » en créant un ensemble, l’îlot Ampère, afin de créer le quartier Mistral-Eaux-Claires ».  

Le projet avait pour pierre angulaire la re-création d’un centre de quartier dans l’angle nord-est du quartier, autour d’une place ouverte vers l’îlot Ampère, hébergeant le Plateau, un ensemble d’équipements culturels et sportifs, la Maison des Habitants et des commerces. Pour désenclaver le quartier Mistral également, le maillage des rues et la configuration de la voirie ont été redessinés.

Par ailleurs, 280 logements sociaux ont été détruits et 480 nouveaux réalisés dans des bâtiments plus bas, et reconstruits de façon déconcentrée, vers l’îlot Ampère. « À l’heure actuelle, 80 % du projet au titre du PNRU 1 est terminé », note Jean-François Lapière « La démolition des deux barres restantes, sur les quatre supprimées, sera achevée en fin d’année 2012 ».

Développer la mixité sociale

L’ensemble du PRU a été pensé pour faire du quartier Mistral un lieu de brassage et de passage. Le Plateau, structure associant structures culturelles, sportives, communales et associatives a été installé et remplace l’ancienne MJC. Les écoles primaires et collèges respectifs des quartiers Mistral et Ampère ont été réunis. Une école d’infirmières, une maison des habitants regroupant une antenne municipale et le Centre communal d’action sociale (CCAS) ainsi qu’un GRETA (groupement d'établissements publics pour la formation des adultes) ont vu le jour… « Ces équipements attirent des personnes extérieures au quartier », explique Jean-François Lapière, « par ailleurs la mixité sociale est favorisée par la construction de logements en accession à la propriété et en location intermédiaire ». Cette diversité, cette ouverture nouvelle mais attendue et annoncée, a eu un effet certain sur les habitants.  

Entre nostalgie, fierté et nouveaux repères à prendre

Passée une certaine « nostalgie » de leur ancien environnement, les habitants du quartier Mistral, se montrent satisfaits de leur nouveau lieu de vie. Ils ont notamment dû apprendre à « partager » les installations, modernisées et installées un peu plus loin qu’auparavant, avec les habitants de l’îlot Ampère. Cette logique de partage a également constituée une nouveauté pour ces derniers, qui s’inquiétaient par exemple de la réunion des collèges. « Les inquiétudes de part et d’autres ont été progressivement levées avec le temps, l’avancée des travaux, et au fur et à mesure des relogements », raconte Jean-François Lapière. «  Aujourd’hui, la totalité des 320 familles concernées par les démolitions a été relogée ».

Les conséquences de la rénovation pour l’organisme Hlm

La rénovation du quartier Mistral a entraîné de profonds changements pour Actis, auparavant seul bailleur du quartier. Le programme, porté par la ville de Grenoble, avec des relogements pensés à l’échelle de la ville, a nécessité une bonne coopération de tous les acteurs pour le pilotage technique du chantier et la gestion urbaine de proximité (GUP). « Nous sommes à présent 7 bailleurs différents dans le quartier », rappelle Jean-François Lapière. « Nous devenons un interlocuteur des habitants parmi d’autres, mais nous avons pu mettre en place de nouvelles permanences sur le quartier à la Maison des habitants pour nos locataires, alors que nous avions dû fermer notre antenne de gestion à cause de problèmes de sécurité. Enfin, notre patrimoine est certes moins important en quantité, mais il est modernisé, intégré à la ville et, au final, de meilleure qualité ».

Pour Actis, le quartier Mistral a besoin d’un PNRU 2, puisque seule la moitié des logements du quartier a pour l’instant été rénovée. « Dans les secteurs non concernés par la première phase, des problèmes d’insécurité demeurent », souligne Jean-François Lapière. Mais surtout l’absence de visibilité sur la suite du programme pénalise la parole publique, car « il est difficile de mobiliser les habitants en concertation quand on ne sait pas ce qu’il adviendra du reste du quartier ».