Fêter le 1er mai dans un Familistère

Le Familistère de Guise, dans l'Aisne, est un ensemble de logements ouvriers utopiste imaginé par Jean-Baptiste André Godin, industriel picard au XIXe siècle. Aujourd'hui convertit en musée, ce lieu atypique fête à sa manière le 1er mai avec des visites, spectacles et rencontres.

Le Familistère de Guise, conçu par le fondateur des cheminées Godin, ouvre ses portes au grand public et propose des animations exceptionnelles à l'occasion du 1er mai. Le programme est disponible sur le site du Familistère.

Le Familistère de Guise : une utopie réalisée

Inspiré par les utopies ouvriéristes de Charles Fourier, le Familistère a constitué une expérience unique de "nouvelle société" destinée au bien-être des travailleurs et de leurs familles, englobant le travail, l'habitat, le vivre-ensemble, l'éducation, l'hygiène... Toutes dimensions collectives d'une vie tournée vers une utopie du "vivre-ensemble". Jean-Baptiste André Godin appporte un soin particulier à la formation des enfants. La gratuité de l’école est absolue. Les absences injustifiées sont passibles d’amendes. La mixité et la laïcité sont la règle, au grand dam de la bourgeoisie.

Les méthodes d’enseignement sont d’avant-garde : suppression de tout enseignement abstrait, apprentissage par le fait, l’expérience et le jeu. L’école débute par le "bambinat" de 4 à 6 ans et se poursuit jusqu’à 12 ans. Le mode d’instruction est "le raisonnement et la persuasion" et une stimulation concrète des sens. Les peines physiques sont proscrites. Les élèves sont initiés à la culture maraîchère et à l’entretien des jardins avec une rétribution de leur travail.

Les élèves dont l’intelligence s’est montrée hors ligne accèdent aux cours supérieurs, financés par l’association. Pour les autres, c’est l’apprentissage et l’entrée dans la vie productive. Les diverses professions de l’usine et du Familistère sont offertes au choix de l’enfant. En 1896, près de six cents enfants sont scolarisés, dans dix classes.

Tous les matins, les élèves sont réunis dans les cours du Familistère. Ils se dirigent vers l’école en chantant des chansons à la gloire du travail, dont certaines ont été composées par Godin lui-même. La photo ci-contre montre le bambinat : Godin dessine lui-même le mobilier pour l’adapter aux besoins et à la taille des enfants. Les pupitres sont fabriqués à l’usine du Familistère.

Pour en savoir plus, consultez le site du Familistère.

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