Palmarès national EcoQuartier 2011

Le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement et l’Union sociale pour l’habitat attribuent un prix commun « De la qualité du projet à la vie de quartier »

Dans le cadre du concours EcoQuartier, l’Union sociale pour l’habitat s’est associée au Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et Logement (MEDDTL), pour remettre un prix commun sur la thématique « De la qualité du projet à la vie de quartier ». Ce prix récompense des opérations où une attention toute particulière a été portée, dès la conception, aux usages et pratiques des habitants du nouveau quartier. Précurseur dans l’approche d’aménagement durable, le monde Hlm est aujourd’hui un acteur majeur dans la conception et la réalisation d’écoquartiers. Avec ce prix commun, l’Union sociale pour l’habitat confirme l’engagement du Mouvement Hlm pour le développement et la pérennisation des écoquartiers et souhaite, au delà de la remise de prix, poursuivre sa réflexion sur tous les aspects (techniques, architectural et urbain, sociétaux…) des nouveaux modes d’aménagement et de construction durable, pour une meilleure « appropriation » de ces lieux de vie par leurs habitants.

Trois projets primés

Parmi les 78 dossiers sélectionnés par le Ministère pour la qualité globale de leurs projets, trois sites se sont vus décerner le prix « De la qualité du projet à la vie de quartier » du Palmarès national EcoQuartier 2011, mercredi 30 novembre 2011, par Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement, en présence de Thierry Bert, délégué général de l’Union sociale pour l’habitat.

Ces trois quartiers sont récompensés pour la qualité des dispositifs d’implication et de concertation des habitants mis en œuvre autour du projet, qu’ils soient en amont ou dans le suivi post-réalisation du quartier.

 

Tours, Ecoquartier de Monconseil 

Aménageur : OPAC de Tours

Constructeurs : OPAC de Tours, ESH La Tourangelle, ESH Touraine Logement, Groupe Valloire et opérateurs privés

Ce programme diversifié, comprend notamment 1 200 m2 de commerces de proximité et un emplacement de marché, de multiples équipements (halle sportive, EPHAD, espace petite enfance…), ainsi que 1 200 logements dont 33% en locatif social et en primo accession à un coût maîtrisé. Sa gestion se veut globale et différenciée. Ainsi, une politique d’excellence environnementale, urbaine, sociale et économique a été adoptée, avec une attention toute particulière portée au vécu des habitants, des riverains et des usagers, qui ont été associés en amont du projet à travers des réunions de concertation régulières, pour mieux anticiper leurs attentes. Une première évaluation de la perception de ces populations est effectuée par le CESA (Centre d’Etudes Supérieures d’Aménagement - Ecole Polytechnique de Tours), ainsi qu’une étude par une équipe de sociologues de l’Université de Tours, sur l’appropriation des logements BBC et de l’écoquartier. Par ailleurs, un soutien significatif a été apporté par l’OPAC de Tours à la constitution d’une association d’habitants.

 

Balma (porteur de l’opération : Communauté urbaine du Grand Toulouse), Ecoquartier de Vidailhan

Aménageur : OPPIDEA

Constructeurs : OPH Habitat Toulouse, Groupe Des Chalets, Colomiers Habitat, Promologis et opérateurs privés

L’écoquartier est situé dans un espace segmenté en zones industrielles, agricoles et pavillonnaires. Il a pour objectif de créer une extension urbaine maîtrisée, répondant ainsi à l’objectif de l’agglomération toulousaine de rééquilibrer le développement urbain et économique à l’est. Il comprend un programme diversifié d’équipements, d’activités et de commerces, ainsi que 1 233 logements parmi lesquels environ 1/3 de logements sociaux. Ce projet est particulièrement innovant en matière de gouvernance, alliant professionnels et engagement citoyen. Un groupe de travail comprenant riverains, futurs habitants, usagers, associations, professionnels, élus, services techniques est tout à la fois un organe de concertation en temps réel du projet et un réel outil participatif de mise au point du projet à toutes les étapes du programme.

Une association des riverains, futurs habitants et usagers s’est constituée, la « Maison du projet », espace de rencontres, d’information, de discussions et de suivi du projet. Par ailleurs, un accompagnement pendant les   8 premières années de vie de l’écoquartier a été mis en place, afin d’évaluer de manière régulière l’atteinte des objectifs de façon à porter, si nécessaire, les correctifs et ajustements appropriés au niveau des comportements des usagers et à assurer un retour d’expérience sur les pratiques, tant au niveau des constructions que des aménagements réalisés. Cette approche d’évaluation itérative à moyen terme est particulièrement remarquable

 

Cannes, ZAC Cannes Maria

Aménageur et constructeur : Vinci Batim

Ce programme d’aménagement urbain conçu avec la participation des riverains et des commerçants du quartier comprend des équipements (espace jeunes, maison des associations, club Bel-Age), des zones d’activités et des commerces, ainsi que 270 logements parmi lesquels 20% de logements sociaux. Ce quartier a pour ambition de créer une liaison cohérente et esthétique entre divers quartiers de l’espace cannois. Ancien site d’une usine à gaz, le quartier bénéficie d’une dépollution complète des sols et d’un aménagement durable du site. C’est aussi la rencontre de l’ancien et du moderne puisque la Villa des Bleuets, maison bourgeoise du 19ème siècle, sera conservée et réhabilitée afin d’y accueillir des équipements publics. La preuve que l’aménagement durable peut intégrer le patrimoine historique.

Un Palmarès au succès grandissant

Mis en place dans le cadre du plan « Ville Durable » du Grenelle de l’Environnement, le premier appel à projets pour le Palmarès EcoQuartier avait été réalisé en 2009. 160 candidatures de collectivités avaient été alors reçues par le Ministère.

L’opération a été renouvelée cette année avec une démarche élargie à d’autres dimensions : des approches plus exigeantes en matière d’intégration urbaine, de « gouvernance participative », un pilotage de projet ouvert mais rigoureux, un portage politique fort, un montage financier et juridique fiable, l’anticipation des modes de vie et de gestion du quartier, sont devenus des critères majeurs d’appréciation du projet.

Ce nouvel appel à projets a rencontré un fort succès avec 393 candidatures de collectivités déposées auprès du MEDDTL. Une grande majorité d’entre elles inclut une part importante de logements sociaux : « La part de logements sociaux dans les écoquartiers atteint la plupart du temps 20 à 30%, et parfois au-delà. Un taux significatif et en croissance, qui illustre bien le souci de mixité sociale des collectivités, et l’implication forte des maîtres d’ouvrage sociaux dans la ville, pour l’aménagement et la construction durables », souligne Thierry Bert, délégué général de l’Union sociale pour l’habitat.

 

Un engagement de long terme

A l’issue du Palmarès, l’Union sociale pour l’habitat appuiera par des prestations intellectuelles à définir avec eux (dispositifs de concertation, d’observation, d’évaluation, de communication…), deux des collectivités, opérateurs ou organismes Hlm primés au titre de cette thématique.

L’implication de l’Union sociale pour l’habitat sur ce sujet complexe du développement des écoquartiers a vocation à se pérenniser : à travers des recherches qu’elle mène en propre avec architectes, urbanistes, sociologues, en vue de l’élaboration d’un cahier de préconisations « Logement social et écoquartiers », mais également par la publication d’une réflexion partagée avec le MEDDTL et d’autres partenaires, sur les conditions d’appropriation de ces nouveaux quartiers par leurs habitants.

« Notre engagement dans la démarche du Club national EcoQuartier contribuera à renforcer et diffuser auprès des organismes Hlm  les expériences innovantes et les bonnes pratiques liées à l’implication des habitants dans ces projets aussi complexes que passionnants », conclut Thierry Bert. «  Nous allons favoriser les échanges entre les organismes, mutualiser les expériences, stimuler les innovations, favoriser les initiatives. Moins les opérateurs se sentiront isolés, plus le mouvement se développera au bénéfice de tous ».

Logement social, aménagement durable et écoquartiers

La notion d’« écoquartier » ne se limite plus à des expérimentations technologiques sur des « sites-pilotes », mais s’ouvre beaucoup plus largement à une vraie réflexion beaucoup plus globale sur la conception et les conditions de développement d’une « ville durable » : transports et mobilité, densité et formes urbaines, intégration réussie des nouveaux quartiers dans l’espace urbain, mixité des fonctions urbaines (logements, commerces, services, activité économique…), mixité sociale réussie. Les organismes Hlm ont été depuis longtemps précurseurs de cette approche : par une action persistante de réhabilitation thermique de leur parc (depuis les années 70), puis en menant à bien les projets de renouvellement urbain sur les quartiers les plus sensibles, mais également dans leurs fonctions d’aménageur.

La concertation et la recherche de l’implication des habitants dans les projets font aussi partie de leur expérience et de leur culture, de longue date.

Auprès des collectivités, comme aménageurs parfois, comme constructeurs presque toujours, les organismes de logement social sont aujourd’hui des acteurs majeurs de la conception et de la réalisation de la plupart des écoquartiers.