Politique de l'habitat 10.04.2012 Rédigé par Dominique Dujols

Sondage CSA : les maires et la préoccupation pour le logement et l’habitat

A quelques semaines de l’élection présidentielle, un sondage exclusif CSA/Forum pour la gestion des villes, rend compte des préoccupations des maires sur la question du logement.

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D’un point de vue général, cette étude nous apprend que le logement est une préoccupation majeure pour les maires : en effet, 76% d’entre eux pensent qu’il s’agit là « d’un des principaux problèmes dont il faudrait s’occuper », juste derrière l’emploi cité à 77%. Cette question du logement semble donc préoccuper davantage les maires que l’ensemble des Français (préoccupés à 27% par le logement). Les maires, de par leurs prérogatives, ont en effet une vision plus globale leur permettant d’anticiper davantage le problème : ainsi, 82% d’entre eux prévoient une augmentation de la population de leur commune dans les dix ans à venir.

Des maires prêts à construire plus pour remédier à une de leurs préoccupations majeures : le prix du logement 

Les maires sont particulièrement préoccupés par la question du prix du logement : 81% trouvent préoccupant le prix des logements neufs, 78% le prix des loyers, et 68% le prix des logements anciens. Ainsi, 94% des maires pensent que les dépenses liées au logement pèsent trop lourd dans les budgets des ménages.

Face à cette préoccupation, 69% des maires se déclarent prêts à construire plus si cela peut permettre de minorer les prix, et 87% d’entre eux pensent qu’une politique volontariste en matière de construction rejaillirait positivement sur l’image de l’action municipale.

Cependant, quand on les interroge sur « leurs choix stratégiques » en termes de densification ou d’étalement urbain, aucune majorité ne semble se dégager ni pour un choix, ni pour l’autre : seuls 50% des maires se disent prêts à construire « de nouveaux quartiers en périphérie », 27% sont pour « remonter leur ville d’un étage », 18% pour « créer des villes nouvelles », et seulement 8% sont pour « créer des immeubles de grandes hauteurs. Enfin, la majorité des maires (66%) pensent que leurs administrés sont eux, défavorables à la densification de leurs communes, à moins que cette dernière permette de maîtriser efficacement les prix des logements (56%).

Malgré des volontés fortes en matière de politique du logement, les maires semblent rencontrer de nombreux obstacles 

Un des premiers obstacles cités concerne la disponibilité du foncier : ils sont 63% à le considérer comme « un des principaux obstacles » rencontrés, et pour 64% d’entre eux, cette question fait partie des préoccupations majeures (contre 57% en 2007). Cette question du foncier apparaît primordiale pour « étoffer l’offre » de logement, puisque 81% des maires se disent prêts à réserver ou préempter du foncier avec les moyens d’un établissement public foncier, et 54% déclarent même pouvoir le faire avec les seuls moyens de leurs communes. Enfin, ils sont 83% à considérer que l’Etat doit mettre à disposition les terrains dont il est propriétaire.

Les autres obstacles majeurs rencontrés par les maires sont : le désengagement de l’Etat, (cité à 58%, contre 34% en 2007) et la capacité financière de la commune (cité à 48% contre 20% en 2007). Pour pallier au manque de financement, 89% des maires sont favorables à la présence d’investisseurs privés pour augmenter l’offre locative de leurs communes, et 90% sont pour la présence d’investisseurs institutionnels. Malheureusement, il n’a pas été demandé aux maires s’ils étaient favorables à la présence d’organismes Hlm ! A la place, une question sur l’opportunité d’augmenter les quotas de la SRU (réponse positive à 46%), ce qui n’a pas du tout le même sens…

Des maires souhaitant favoriser l’accession à la propriété 

En ce qui concerne l’accession à la propriété, une forte majorité y est favorables puisqu’ils sont 94% à vouloir la favoriser dans le parc privé BBC, 88% dans le parc privé ancien sous conditions de rénovation, et 77% à vouloir la favoriser dans le parc social.

Des maires plutôt favorables, sur le principe, à des solutions socialement et écologiquement durables 

Concernant la « construction sociale » de leurs villes, les maires semblent être favorables au concept de « mixité », puisque 92% d’entre eux trouvent intéressant de concevoir la mixité sociale à l’échelon de la rue ou du quartier. 67% d’entre eux pensent que la question du nombre de logements sociaux fait partie des préoccupations majeures, mais seulement 46% souhaitent que le pourcentage de 20% de logements sociaux de la loi SRU soit majoré. Plus des deux tiers se disent prêts à ouvrir des bâtiments publics pour l’hébergement des SDF, et 60% se disent prêts à libérer un terrain pour le logement provisoire de familles en grande précarité, en période de grand froid. Enfin, en matière d’écologie, les maires sont 89% à se dire prêts à investir davantage pour construire des logements durables.

Dominique Dujols, conseillère spéciale pour les relations institutionnelles de l'Union sociale pour l'habitat.

Méthodologie : sondage réalisé par téléphone du 1er au 15 mars 2012 auprès d’un échantillon national représentatif de 250 maires de communes de plus de 10 000 habitants, maires adjoints ou adjoints au logement, constitué d’après la méthode des quotas (taille d’agglomération, région).