Élections 20.04.2012

Le logement, socle fondamental de l’autonomie individuelle

Le logement représente, pour les Français, bien plus qu’un toit. C’est ce que montre une enquête audiovisuelle menée auprès de 550 personnes (dont 71 interviewées) à Romans, Bordeaux et Saint-Denis, présentée dans le cadre des Etats Généraux du Logement.

Une réunion publique des Etats Généraux du Logement

Plus qu’un toit, le logement est au fondement de l’épanouissement personnel et social de l’individu. La crise du logement est une crise de la société, dans un contexte où les règles du jeu se brouillent et où s’expriment de fortes attentes de régulation.

Condition de la réalisation personnelle et de l’insertion dans la société

"Le logement est vécu par les gens à la fois comme une condition de leur épanouissement personnel et comme une condition pour l’intégration de chacun dans la société", note Frédéric Gilli, responsable de l’enquête présentée lors des Etats Généraux du Logement, économiste et géographe, chercheur associé au Centre d’Etudes Européennes de Sciences Po, codirecteur de la revue Metropolitiques.

D’un point de vue strictement personnel en effet, "le logement a cette dimension de cocon protecteur du monde extérieur, où l’on se ressource, où l’on se repose, donc lié à la santé personnelle", souligne Frédéric Gilli. Le logement est donc un marqueur social mais il permet aussi à chacun de se réaliser, de se ressourcer : quand on a un "chez soi", on acquiert une identité pour soi-même et l’on peut prendre soin de soi et de sa famille.

Mais un logement est aussi un socle pour la réalisation de chaque individu comme citoyen, pour être inséré dans la société : sans logement,  il est impossible de chercher un emploi, de vivre en couple, de fonder une famille, de recevoir des amis… Quand on remet en question l’accès au logement pour une partie croissante de la population, ce sont les règles mêmes du jeu social qui sont affectées. "La crise du logement ne renvoie donc pas uniquement à la question d’avoir un toit, mais à une crise du modèle de société tout entier", analyse Frédéric Gilli, "le logement définit comment je m’inscris dans la cité, comment j’ai « droit de cité » dans le pays".

Une attente de réponses politiques à des questions de société

Comme pour le travail et l’emploi, le marché du logement repose sur un équilibre fragile entre différents rapports de forces et réglementations. Cet équilibre est aujourd’hui vécu comme rompu, "les règles sont en train de changer" et c’est tout le pacte social qui s’en trouve menacé. C’est pourquoi s’expriment des attentes fortes pour des réponses de société, et non pour des réponses purement techniques.

"Les personnes interrogées expriment une forte demande de régulation, de mise en ordre du marché, un vrai besoin de politique car elles vivent un modèle de société qui tourne mal, et ce à tous les échelons sociaux : des personnes en situation d’urgence jusqu’au propriétaire qui espère un krach immobilier car il n’arrive pas à vendre facilement, en passant par le couple de retraité désorienté face aux difficultés rencontrées par ses enfants…", constate Frédéric Gilli.

Cette exigence de politique se concentre sur certains points-clés du sujet du logement, comme les relations entre propriétaire et locataire, l’environnement urbain des programmes de construction ("ne pas construire que des logements tous au même endroit, mais mixer avec des commerces, des entreprises…"), l’information globale sur le logement ("où s’adresser, comment financer…"). Le logement social est, dans ce contexte, perçu comme une solution majeure, y compris par les professionnels privés de l’immobilier. "Un consensus fort ressort de nos enquêtes : il faut plus de logements sociaux et durcir la loi SRU pour en construire partout, afin de ne pas constituer de ghettos", note Frédéric Gilli.

Pour une grande rediscussion collective de la question du logement

Les personnes interrogées souhaitent que les habitants soient davantage associés en amont, dans la réflexion stratégique et politique sur le logement. Cette demande de prise en compte se reflète dans le succès que rencontrent les Etats Généraux du Logement à travers la France. Ce succès pourrait servir de base à une démarche plus globale portée au niveau national. Le besoin d’une grande loi-symbole, capable de fédérer acteurs du logement, élus et habitants pour faire émerger toutes ces questions de société, et leurs réponses, se fait aujourd’hui sentir. Cela ne pourra se faire sans une rediscussion collective des grands équilibres autour desquels les politiques du logement se sont construites.

Les Etats Généraux du Logement

A l’approche d’échéances électorales majeures pour l'avenir de la France, les acteurs de l’habitat, réunis au sein des Etats Généraux du Logement, ont souhaité inscrire la question du logement au cœur du débat politique, pour en faire une véritable priorité nationale.

Ainsi en 2011, les 33 organisations membres des Etats Généraux ont invité les partis politiques représentés au Parlement à débattre de leur vision du logement à mettre en œuvre en 2012.

Cette démarche s'est prolongée en 2012 à travers une enquête audiovisuelle auprès des habitants et des rencontres publiques dans toute la France : les Débats citoyens sur le logement.