Pouvoir d'achat 01.08.2013

Le logement : un poste de consommation, un levier de protection sociale

Si l’Insee parle de croissance du pouvoir d’achat, le ressenti des consommateurs, lui est tout autre. Les associations de locataires insistent : le loyer est avant tout un poste de consommation et peut être un facteur de protection sociale. Explications avec la CNL.

DR CNL

Pour les associations de locataires comme la Confédération nationale du logement (CNL), le logement est à la base même de toute analyse du pouvoir d’achat des consommateurs. Il devrait, même, selon Serge Incerti Formentini, président de la CNL, être au centre de toute politique visant à protéger et défendre les consommateurs. "Le logement c’est de la consommation, pas seulement de l’investissement !", martèle-t-il.  

Le poste logement est à considérer d’un point de vue social, dans le contexte de crise actuel, car l’impact de sa hausse ne se limite pas à quelques sacrifices, mais à une précarisation globale. "Vous pouvez économiser ou faire des sacrifices sur l’électricité, l’alimentation ou les loisirs, mais pas sur votre loyer, au risque de vous retrouver à la rue. Aujourd’hui, pour les plus fragiles, mais pas seulement, se loger et garder son logement sont un parcours du combattant, voire un luxe !", alerte Serge Incerti Formentini. 

Le pouvoir d’achat : une préoccupation pour les catégories modestes mais aussi intermédiaires

A ce titre, le logement social, qui modère les loyers et mène une politique continue de maîtrise des charges locatives, notamment en matière de facture énergétique ou de consommation d’eau, présente pour la CNL un levier efficace pour préserver le pouvoir d’achat des locataires et des consommateurs. Une solution pour les plus fragiles, mais pas seulement. "Les ménages qu’on appelle intermédiaires souffrent aussi. Les adhérents que nous rencontrons en région, qu’ils habitent en zone péri-urbaine ou urbaine, dans de grandes agglomérations comme Lille ou Marseille, ou bien de moins grandes comme Tours ou  le Havre, partagent la même préoccupation : la cherté et la hausse de leurs dépenses de logement", souligne Serge Incerti Formentini. "En effet, les ratios des taux d’effort sont plus ou moins les mêmes, qu’on vive en grande agglomération ou dans des villes moyennes ou petites. N’oublions pas que les salaires en région ne sont pas les mêmes qu'à Paris."

Le logement social pour relancer le pouvoir d’achat

Dès lors, le logement social, pour la CNL, devrait occuper une place naturellement centrale dans tout débat politique concernant les questions sociales mais aussi la relance du pouvoir d’achat, et la consommation en général.

"Le pouvoir d’achat, c’est une question sociale avant tout. On ne pourra la résoudre que si l’on commence par replacer la politique du logement au cœur d’une politique sociale, dont l’Etat doit se porter garant" ,revendique le président de la CNL.

Pour en savoir plus : retrouvez les propositions de la CNL sur son site Internet, ainsi que notre dossier sur la question du logement social en politique.