13.07.2012

Habitat social et territoires : quelles missions pour demain ?

Le 11 juillet 2012, l’Union sociale pour l’habitat et la Fédération nationale des agences d’urbanisme ont organisé avec l’appui de la Caisse des dépôts un colloque sur l’habitat social dans la prospective territoriale à la Cité Internationale Universitaire de Paris.

Cette journée a rassemblé 350 participants, issus des collectivités territoriales, du Mouvement Hlm, des Agences d’urbanisme, de la DATAR et des services de l’Etat, mais aussi de nombreux acteurs, tels que le Conseil Economique Social et Environnemental, les CESER et les conseils de développement.

Le colloque a permis de débattre des enjeux en matière d’habitat auxquels les territoires seront confrontés d’ici 20 à 30 ans et des réponses que le logement social pourra apporter pour accompagner ou anticiper ces transformations.

Il a permis de confirmer que le logement social constitue un levier fondamental de la « mise en capacité des territoires ». De ce point de vue les travaux de prospective territoriale de l’Union sociale pour l’habitat qui ont fait l’objet d’une publication à l’occasion du colloque montrent que le logement social, au travers de sa mission fondamentale consistant à proposer des réponses à tous ceux qui ne peuvent se loger au prix du marché, remplit de nombreuses fonctions adaptées à la diversité des territoires, des dynamiques territoriales et de la situation des marchés locaux du logement.

Dans un contexte de profonde évolution des modes de vie et de l’emploi, de diversification et fragmentation des trajectoires résidentielles, les acteurs du logement devront de plus en plus répondre au double défi de l’accélération de la mobilité, choisie ou subie, et de la précarisation d’une partie de la société. Cela devrait transformer progressivement la relation au logement, en locatif comme en accession et renforcer le rôle de « sécurisation » des parcours par le logement social.

Pour produire plus et moins cher afin de répondre à la demande de demain en quantité et en qualité, les différents leviers – de la maîtrise des coûts de construction et de gestion, de la régulation foncière et de la stabilisation des normes au Livret A et aux aides publiques – devront être mobilisés.

Mais une des questions qui sera centrale pour le débat public concerne l’évolution du parc existant, tous statuts d’occupation confondus. Comment « réinventer » ce capital commun que constituent les 30 millions de logements actuels, dont une partie risque l’obsolescence à plus ou moins court terme sous l’effet de l’élévation des normes, de l’évolution des besoins, et des dynamiques territoriales ?

La transformation de la ville – renouvellement, densification, développement, … – pose la question de son appropriation par les habitants et nécessite pour les élus comme pour les acteurs de concilier au quotidien la conduite de chaque projet, fait de négociation, parfois de tensions, avec un cap stratégique construit collectivement, dans le cadre d’une gouvernance adaptée à chaque contexte,  entre les collectivités locales et les acteurs de la ville

« Le rôle de la prospective territoriale est en ce sens essentiel », ont souligné en conclusion Vincent Feltesse, président de la Fédération nationale des agences d’urbanisme et président de la Communauté urbaine de Bordeaux et Thierry Bert, délégué général de l’Union sociale pour l’habitat, qui a par ailleurs salué la richesse des démarches engagées par les organismes et associations régionales Hlm dans ce domaine. Un travail commun sur ces questions va ainsi se poursuivre entre les deux réseaux  au niveau national comme au niveau local.

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