Réquisition des bâtiments vides: l’expérience de Marie-Noëlle Lienemann

Alors que Cécile Duflot annonce ce week end, étudier la possibilité de réquisitionner les immeubles vides, Marie-Noëlle Lienemann, Présidente de l’Union sociale pour l’Habitat, dresse le bilan de la vague de réquisitions effectuée en 2001 alors qu’elle était secrétaire d’État au Logement.

Confronté à une grave crise du logement, le Gouvernement renoue avec l’idée de réquisitionner des bâtiments inoccupés. En 2001, Marie-Noëlle Lienemann, alors secrétaire d’État au Logement dans le Gouvernement Jospin, avait initié cette démarche. Le plan avait permis de réquisitionner 147 logements vides à Paris et entre 70 et 80 en province. Onze ans plus tard, la Présidente de l’Union dresse le bilan de cette expérience, interviewée par libération.fr.

Pour Marie-Noëlle Lienemann, la première difficulté réside dans le recensement des logements effectivement vides. L’étude d’indicateurs divers (taxe d’habitation, compteur EDF fermés…) demande du temps. De plus, il arrive souvent que les bâtiments vides soient insalubres ou que les propriétaires assurent, à tort, qu’ils seront bientôt occupés.

Face à ce constat, Marie-Noëlle Lienemann préconise aujourd’hui la création d’un service permanent chargé de suivre de près le parc de logements vacants.    

D’autre part, la Présidente de l’Union sociale pour l’habitat insiste sur la nécessité de n’utiliser la réquisition qu’en dernier recours. Selon elle, les dispositifs législatifs existants doivent être, dans un premier temps, pleinement actionnés. « Ne perdons pas encore du temps à vouloir changer des textes sans s’être donner les moyens d’appliquer ceux qui existent », ajoute-t-elle.

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