Concertation 20.03.2013

La coproduction sur le terrain

Dans des domaines variés, différents modes de coproduction se mettent en place entre organismes et habitants. Retour sur quelques-unes de ces nombreuses initiatives menées aux quatre coins de la France.

Première soirée des locataires référents de Haute-Savoie Habitat, sur le thème des charges locatives © DR

«Correspondants » : quand les habitants deviennent relais des organismes 

Qui de mieux placés pour parler aux habitants que les habitants eux-mêmes ? Comme d’autres organismes, Habitat Drouais (Dreux, Eure-et-Loire) mobilise des volontaires parmi les locataires pour assurer le relais entre l’organisme et les habitants. 105 « correspondants d’immeubles » sont répartis sur 98% du patrimoine de l’office. Au sein de réunions trimestrielles, les attentes de l’ensemble des locataires sont ainsi transmises : « On y parle de tout, à la fois de la propreté des halls, des charges locatives, des prestations de service, de l’actualité des travaux de rénovation comme du plan stratégique de patrimoine… Mon objectif est de réunir tous les correspondants d’immeubles pour leur présenter le budget de l’office », raconte Philippe Dujon, directeur de l’organisme. 

Habitat du Nord (Nord-Pas de Calais) a adopté cette même logique avec la mise en place de « correspondants d’entrée ». Dans chaque entrée d’immeuble, ces derniers jouent le rôle d’interface, notamment sur les sujets liés à la tranquillité et la sécurité. « Ils participent à des réunions avec nos partenaires ville ou police quand cela est nécessaire. Ils sont jurys dans nos concours », explique Séverine Métay, animatrice des réseaux de proximité de l’organisme.

Un budget participatif pour les travaux

De plus en plus d’organismes associent leurs habitants en amont de la définition des budgets. C’est le cas de Logiparc, l’Office public de l’habitat de Poitiers (Vienne), qui met en place chaque année un budget participatif de 50 000 euros pour les travaux, auprès des conseils de concertation de l’organisme. Lors de réunions annuelles, les locataires sont invités à proposer et débattre des prochaines opérations au sein de leurs immeubles. Une visite de terrain est ensuite organisée par chaque conseil. Un ordre de priorité des travaux souhaité est alors défini. L’ensemble des demandes sont ensuite arbitrées au sein du conseil global de concertation de Logiparc avant présentation au Conseil d’administration qui a le dernier mot pour le vote final.

Les habitants : premiers acteurs pour changer l’habitat

À Besançon, trois bailleurs sociaux, Néolia, Grand Besançon Habitat et Habitat 25, appuient les habitants dans les travaux d’auto-embellissement de leurs logements. En lien avec l’association d’insertion Julienne Javel, l’organisme finance les matériaux à hauteur de 1 000 euros par logement. « Nous avions remarqué que de nombreuses personnes seules ou au chômage depuis longtemps s’isolaient, se désintéressaient de leur logement et ne se préoccupaient plus du tout de l’emploi », explique Bertrand Lamouche, directeur du service Habitat Solidaire à Néolia. Encadrés par un technicien et une assistante sociale, les habitants travaillent par groupe dans chaque logement concerné pour effectuer diverses tâches : pose de papier peint, peinture, revêtement de sols… « Un succès évident sur le plan social et sur celui de l’habitat », affirme Bertrand Lamouche.

Aux côtés des associations pour améliorer le vivre-ensemble

Pour renforcer le lien social au sein des quartiers, les organismes appuient l’activité d’associations de solidarité et d’animation. La cité de Kermarron, située à Douarnenez (Finistère), est marquée par un taux de chômage élevé et une forte présence de familles monoparentales et de personnes âgées. Les actions de solidarité y sont essentielles. Fréquenté par la moitié des habitants, le centre d’animation sociale est ancré dans la vie du quartier depuis plus de 30 ans. Douarnenez Habitat a participé au financement de l’agrandissement du site. Les habitants, réunis en commission, y proposent des activités pour les enfants et les jeunes, des repas de quartiers ainsi que des cours de mécanique et de bricolage. Un atelier apprend aux habitants à cuisiner les légumes des jardins familiaux et permet ainsi aux locataires âgés de partager un repas à prix modique.

Non loin de là, à Landivisiau (Finistère), dans le quartier de Tiez Nevez, l’organisme Habitat 29 apporte un soutien financier et matériel à l’association Les Citoyens du Monde. Celle-ci propose de nombreux événements de convivialité (fêtes de voisins, fête de la musique, Noël...) ainsi que des ateliers d’écriture et des prêts de livres.

Des actions pédagogiques pour économiser énergies… et charges

Pour développer les économies d’énergies et d’eau, les organismes multiplient les actions de sensibilisation auprès des habitants. Une démarche qui permet également de réduire les charges des locataires. Ciliopée Hermitage (Lot-et-Garonne) mène depuis 2008 l’opération « J’éco-gère », au travers de laquelle des réunions informatives sont organisées chaque semaine avec les habitants sur leur lieu de résidence. Les dépenses et les usages de la vie quotidienne sont étudiés pour permettre à chacun de mesurer l’incidence de son comportement sur ses factures. Chaque participant se voit, par ailleurs, remettre un petit journal et des fiches pratiques reprenant les informations clefs.

De son côté, Plurihabitat, situé à Épernay (Marne), a mis à disposition un appartement pédagogique pour sensibiliser aux gestes éco-citoyens et accompagner un quartier au sein duquel les consommations venaient d’être individualisées. Une opération qui s’est faite en partenariat avec les collectivités, des associations de locataires et Info énergie. Sur 75 mètres carrés, cet espace totalement équipé permet de rendre compte concrètement de la consommation d’une télé en veille, du nombre de litres d’eau utilisés pour une douche…