Concertation 20.03.2013

La gouvernance partagée de l'Opac 38

À travers la mise en place d’une gouvernance partagée, l’Opac 38, premier bailleur social de l’Isère, intègre pleinement les habitants à l’ensemble de ses décisions. Son ancien directeur général, Dominique Gaillard, revient sur cette démarche.

Dominique Gaillard, ancien directeur général de l'Opac 38

En quoi consiste la gouvernance partagée ?

Il s’agit d’un système participatif au sein duquel les habitants prennent véritablement part aux décisions de l’organisme. Cela passe dans un premier temps par un partage continu de l’information. Nous sommes le plus transparent possible auprès des habitants sur notre gestion, comme sur les projets que nous menons. L’ensemble de nos documents de travail sont en accès libre. Les habitants ont également un droit de regard sur les prestataires avec lesquels nous travaillons.

Tout cela favorise leur participation aux orientations et aux projets de l’organisme. Des réunions avec les habitants sont organisées tout au long de l’année, au cours desquelles leurs points de vue et leurs besoins sont pris en compte. Chacune des décisions est ainsi élaborée conjointement par l’organisme et les habitants.

Pourquoi avoir décidé de mettre en place une telle gouvernance ?

Ce mode de fonctionnement est issu d’une réflexion managériale et stratégique. Le « produit » logement n’est attractif que s’il est approprié par les habitants. La location ou la vente de nos logements ne peut se faire que s’ils répondent à leurs besoins réels. Pour y parvenir, nous devons donc écouter les habitants du mieux que nous le pouvons.

Comment s’impliquent les habitants dans cette démarche ?

Lorsque nous leur avons exposé ce nouveau mode de gouvernance, les habitants étaient incrédules, pensant que nous allions continuer à tout décider de notre côté. Lors des premières réunions, quelques-uns d’entre eux sont venus pour des problèmes précis, relatifs à l’entretien des immeubles, par exemple. De fil en aiguille, ils ont vu qu’un échange pouvait s’installer sur des sujets beaucoup plus larges. Aujourd’hui, nos réunions donnent lieu à des débats de fond et les habitants sont conscients de contribuer pleinement aux grandes orientations de l’organisme.

Que vous apporte cette démarche au quotidien ?

Elle désamorce un certain nombre de blocages de la part des habitants. Chacun de nos projets se réalise ainsi dans un timing qui est bien moins contesté, ce qui nous permet de travailler avec beaucoup plus de sérénité. Nous constatons ainsi, parmi nos indicateurs, une forte baisse des requêtes effectuées durant les travaux depuis la mise en place de la gouvernance partagée.

Les habitants prennent conscience de la réalité des métiers et des contraintes, notamment financières, avec lesquelles tout organisme doit composer. Cela permet de nous faire comprendre sur un certain nombre de points et, ainsi, d’avancer ensemble de manière plus réaliste et pragmatique.

Par ailleurs, et à l’inverse de ce que certains imaginent, la gouvernance partagée ne nous fait pas perdre de pouvoir en tant qu’organisme. En intégrant véritablement le point de vue des habitants dans nos décisions, nous renforçons de manière incontestable notre légitimité à leurs yeux. Nous conservons toujours notre statut de propriétaire et d’expert. Les habitants formulent des besoins mais la décision finale nous appartient quant aux modalités pour atteindre ces objectifs.