Point de vue 09.07.2014

La rénovation du parc Hlm existant est une partie de la réponse à la crise du bâtiment

Frédéric Paul, délégué général de l'Union sociale pour l'habitat © T. Gogny/USH

Les médias font, en ce début d’été, abondamment état de la crise du logement. Celle-ci est réelle. Chute de la production, chute des transactions. Les causes sont nombreuses. Quelle est la part de chacune ? Absence de stabilité concernant l’environnement législatif, règlementaire ou financier, arrêt ou réexamen de programmes par certains nouveaux élus locaux, non démarrage de programmes de promotion dont une partie comporte du logement social en VEFA, crainte des ménages ou des investisseurs de s’engager dans des projets d’achat, attitude frileuse des banques à l’égard des emprunteurs, refus tout simplement de voir arriver de nouvelles constructions près de chez soi… Tout ceci est vrai.

Pourtant, pour ce qui les concerne, les organismes Hlm sont au rendez-vous. A tel point que leurs programmes tirent l’activité du secteur de la construction. Le Pacte d’objectifs et de moyens signé avec l’Etat en juillet 2013 a défini un cadre d’activité qui doit absolument demeurer stable, pour toute sa durée. Faute de quoi l’activité des organismes ralentirait, les entreprises souffriraient davantage encore, la situation de l’emploi se dégraderait.

On comprendra la nécessité d’assainir une situation économique difficile. Mais les décisions ne peuvent se prendre dans l’urgence et l’action publique ne peut être soumise à une sorte de nécessité de l’immédiat. La question du logement est une question de long terme. La perspective, pour les décisions qui concernent ce secteur, est indispensable. Les organismes Hlm le savent bien, qui empruntent sur 50 ans, qui gèrent un patrimoine pour une durée indéterminée et pour des générations successives.

La signature du Pacte a ainsi correspondu à une conscience partagée de stabiliser les conditions d’activité. C’est le cas pour la production de logements neufs. Les choses vont moins bien pour ce qui concerne les interventions sur le patrimoine existant. L’éco-prêt se consomme mal car ses conditions de mobilisation sont mal adaptées. Plus généralement, des mesures de soutien à l’amélioration du parc existant, qui dessineraient un projet pour celui-ci, seraient de bonnes mesures pour l’emploi et pour l’attractivité du patrimoine.

Frédéric Paul
Délégué général de l'Union sociale pour l'habitat