Congrès 2014 13.10.2014

Quel bilan tirer du Congrès de Lyon ?

Frédéric Paul, délégué général de l'Union sociale pour l'habitat - DR T.Gogny/USH

Le Mouvement Hlm a su se présenter comme un acteur offensif. Il devra continuer d’être, dans les prochains mois, force de propositions pour répondre aux enjeux de la période.

En premier lieu, le renforcement de notre dispositif d’activation-mutualisation des moyens financiers des organismes va permettre d’accroître les investissements et donc l’emploi, en faveur de la restructuration du patrimoine et de la production de logements à bas loyers. A travers cette mesure, les organismes prouvent qu’ils ne sont pas seulement des opérateurs mais qu’ils incarnent une politique publique, celle du logement social. A ce titre, tous les moyens dont ils disposent doivent être mobilisées. En signant "l’Agenda Hlm 2015-2018", l’Etat admet que "l’argent du logement social" peut rester dans le secteur du logement social dès lors qu’il est activé. Cela n’est un secret pour personne, cela n’était pas la tendance il y a encore quelques semaines.

Par ailleurs, la question du niveau de certains loyers devenus trop chers compte tenu de l’appauvrissement des demandeurs est franchement abordée : mise en place de dispositifs locaux concertés pour examiner les situations, production de logement à très bas loyers. Mais les organismes n’y arriveront pas seuls. Des restructurations de dette, par exemple, sont nécessaires.

Enfin, une première mesure de financement du traitement de l’amiante se met en place, avec le concours de la Caisse des Dépôts, à travers un prêt bonifié. Ce dossier est considérable et d’autres mesures devront suivre.

Mais l’agenda signé ainsi que les interventions des représentants du Gouvernement abordent deux autres sujets. Le premier concerne la qualité du service rendu. La qualité du service rendu par les organismes (fonctionnement des équipements, traitement des réclamations, propreté…) est dans l’ensemble très satisfaisante. Mais des situations de non-qualité peuvent exister. Elles ont souvent des causes complexes et ne relèvent pas toujours de la seule compétence de l’organisme. Le moment est peut-être venu d’organiser sous l’égide des instances politiques du Mouvement Hlm un dispositif d’appui aux organismes qui voudraient être aidés pour traiter ces situations de non-qualité.

Le second sujet concerne l’occupation du patrimoine. Le Premier ministre Manuel Valls a évoqué, dans son discours de clôture, "des rentes de situation en Hlm". Il y en a peu mais celles qui existent sont effectivement intolérables. Parce qu’elles ont la valeur lourde des symboles négatifs et peuvent, de ce fait, jeter un discrédit sur le logement social. Ces situations renvoient à la nécessité de parfaire le dispositif juridique qui régit la location dans notre secteur. Le Mouvement Hlm fera des propositions.

Frédéric Paul
Délégué général de l'Union sociale pour l'habitat