04.02.2015

20e Rapport sur l'état du mal-logement et annonces de Sylvia Pinel

Batiactu fait le point sur le mal-logement en France suite à la présentation ce mardi 3 février 2015 du 20ème rapport de la Fondation Abbé-Pierre et aux annonces faites par Sylvia Pinel, Ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité.

Dans un article de Batiactu, Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, dresse une nouvelle fois un constat "douloureux" du mal-logement en France : près de dix millions de personnes sont en situation de fragilité par rapport au logement, dont 3,5 millions mal-logés et 1,8 million de ménages en attente d’un logement social, alors que seulement 450.000 sont attribués chaque année.

Il explique cela par des dispositifs "à bout de souffle" et "illisibles, en raison de la massification de la précarité". Les derniers chiffres de la construction dévoilés il y a une semaine, ou la baisse des subventions aux logements en Prêt locatif aidé en intégration (PLAI) pour 2015 n’appellent pas à l’optimisme.  

Plusieurs textes ont tenté d’améliorer la situation, comme la loi SRU obligeant les communes à produire du logement social ou la loi Dalo obligeant l’Etat à reloger les plus démunis, mais de nombreux "blocages" subsistent d’après Christophe Robert : une "crise du logement sous-estimée", des "politiques sociales du logement freinées par la rigueur", mais aussi "l’idéologie"» qui consiste à "accompagner le marché" plutôt que de le réguler, "une politique territoriale défaillante" et "le poids des lobbies" de l’immobilier.

Face à cette situation, il préconise d’ "engager une contractualisation avec l’Etat et construire des logements à bas coûts pour répondre aux 500.000 logements par an" et pour ce faire d’accompagner cet objectif par "une action pour libérer le foncier constructible et réguler les marchés immobiliers, en particulier les loyers du parc privé".

C’est dans ce contexte que la ministre du Logement, Sylvia Pinel, a détaillé son plan triennal en faveur du logement.

Elle a annoncé que l'Etat réorientera 105 millions d'euros en trois ans vers des solutions alternatives mieux adaptées que l'hôtel. Pour remplacer ces nuitées hôtelières, le Gouvernement prévoit, d'ici à 2017, de créer 13.000 places dans des dispositifs alternatifs "réellement capables de répondre aux difficultés des personnes accueillies", en réorientant pour cela "les crédits destinés à financer 10.000 nouvelles nuitées hôtelières", soit 66 millions d'euros sur trois ans. Ce dispositif se traduira par 9.000 places en intermédiation locative (avec des dispositifs comme Solibail). "Et 1.500 places en pensions de familles ou maisons-relais seront créées et 2.500 places d'hébergement dans des centres dédiés aux familles ou dans des logements sociaux vacants".

Le Gouvernement réorientera également 38,7 millions d'euros sur trois ans pour proposer des prises en charge alternatives, dans "des structures spécialisées", aux 6.000 demandeurs d'asile actuellement hébergés à l'hôtel.

S’agissant de la loi SRU, la ministre souhaite rendre possible ce dispositif et "contrecarrer ainsi les égoïsmes locaux".

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