Appel à projets 10000 logements accompagnés : premier bilan

Lancé dans le cadre du Pacte d'objectif et de moyens, l'appel à projets "10 000 logements accompagnés" consistant à insérer durablement dans le logement des ménages très fragilisés par une mobilisation conjointe des Hlm et des associations donne déjà des résultats. Premiers enseignements.

Entretien entre un travailleur social et un locataire © N. Humbert

Les 28 projets sélectionnés par le Comité de sélection totalisent près de 900 ménages accompagnés. Les montants de subventions accordés oscillent entre 4 500 euros pour la transformation d’une maison individuelle en deux logements de type PLAI pour des ménages ayant besoin d’un logement économiquement accessible et d’une gestion adaptée sur cinq ans à 84 500 euros pour favoriser l’accès au logement et accompagner 65 ménages souffrant de troubles psychiatriques sur trois ans, voire plus, dans le cadre du Fonds de soutien à l’innovation.

Les dossiers retenus visent à la fois l’accès et le maintien dans le logement, et portent sur l’ensemble des publics cumulant des fragilités. Certains projets ciblent plus spécifiquement un public : personnes souffrant de troubles de santé mentale, personnes victimes de violences conjugales, jeunes en difficultés, sortants de prisons, personnes à la rue.

Les projets sont diversifiés dans leur forme, contenu et mode de financement. Globalement, ils correspondent à des formes d’accompagnement ciblés, centrés autour de la personne et modulable en termes de contenu et de durée. Ils dépendent cependant du contexte local et des pratiques existantes : accompagnement individuel et/ou collectif plus ou moins ciblés, actions de médiation en complément, gestion locative adaptée du bailleur, sous-location, action globale à destination d’un public en particulier. Généralement, une réflexion sur l’offre est également réalisée, en termes de typologie et de loyer.

La construction des projets a permis d’impulser de nouvelles démarches et de développer de nouveaux partenariats. Les projets ont souvent été co-construits entre les bailleurs et les associations, et ont permis de renouveler des pratiques existantes. Des dialogues constructifs se sont également engagés avec les services déconcentrés de l’État pour réfléchir ensemble à de nouvelles réponses sur les territoires.

Les bailleurs sont fortement impliqués dans ces projets, y compris financièrement. Ils s’appuient sur des associations de plus en plus spécialisées. La complémentarité des actions bailleurs/associations, fortement évoquée dans les projets, permet aux bailleurs de se professionnaliser, de faire évoluer leurs propres pratiques et actions vis-à-vis d’un public de plus en plus précaire.

La question de la pérennité des actions sur les territoires se pose. En effet, l’appel à projets est un révélateur des "manques" au niveau local, pour traiter des situations complexes et à la marge de différents dispositifs (santé, justice, aide sociale à l’enfance, urgence, etc...). Il permet de lancer la démarche, mais ne permet pas un financement dans la durée. Le souhait serait, pour les porteurs des projets, de disposer d’un relais par les acteurs locaux, mais cette question reste un point d’incertitude.

Cet article est extrait du n°1007 d’Actualités habitat du 28 février 2015.

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