28.08.2015

Marie-Noëlle Lienemann : "Les Hlm sont des acteurs du droit au logement pour tous"

Marie-Noëlle Lienemann, présidente de la FNSCHLM, martèle l’importance de la production de logement abordable pour contrecarrer l’insécurité sociale grandissante du monde contemporain. Les Hlm œuvrent quotidiennement pour le logement pour tous mais doivent pouvoir compter sur un État investi.

Marie-Noëlle Lienemann

Le logement social est au premier plan des mesures pour l’égalité et la citoyenneté adoptées récemment par le gouvernement. Le problème est-il celui de l’insuffisance de l’offre ?

Marie-Noëlle Lienemann : Oui, la France souffre depuis trop longtemps d’un déficit important de construction de logements économiquement abordables, et il faut que l’effort de la nation se poursuive. Au-delà de la production quantitative de logements, c’est par une politique économique et sociale adaptée que nous pourrons commencer à améliorer les conditions de logement des Français, et par une régulation globale des prix de l’immobilier.

De quels autres leviers le secteur Hlm dispose-t-il pour développer une offre diversifiée et adaptée ?

M.-N. L. : Les organismes Hlm bénéficient d’une très grande expertise, qui leur permet d’intervenir sur des champs très larges, de l’hébergement d’urgence à l’accession à destination des ménages de la classe moyenne. Ils sont les acteurs du droit au logement pour tous. Cette richesse va de pair avec une inventivité et une souplesse dans les montages pour mixer ces produits et travailler, si besoin, en bonne intelligence avec le secteur privé.

La part des ménages modestes est de plus en plus importante dans le parc Hlm. Quelles réponses le monde Hlm peut-il apporter ?

M.-N. L. : Le premier enjeu est celui de la désolvabilisation des locataires. Les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités en maintenant les aides personnelles au logement, en locatif comme en accession, et en soutenant la production de logements abordables par le maintien d’aides à la pierre. C’est la solidarité nationale qui doit jouer et non pas la solidarité des locataires du parc social, qui ne sont pas les plus aisés, entre eux. L’autre enjeu est de faire face à la montée des exclusions et des précarités qui percutent beaucoup de vies. Cette situation plaide pour un accompagnement renforcé dans le logement. Il faut que nos locataires se sentent en sécurité dans leur logement au milieu d’un monde insécurisant.

Cette interview est extraite du Rapport annuel 2014-2015 de l'Union sociale pour l'habitat.