La maquette numérique : attentes et perspectives pour la maîtrise d’ouvrage Hlm

Compte-rendu de l'atelier du jeudi 24 septembre 2015, au Congrès de Montpellier.

Intervenaient Hervé Couplet, Directeur du patrimoine chez Habitat 29, Christophe Lheureux, Directeur délégué maîtrise d’ouvrage chezImmobilière 3F, Antoine Ferré, Directeur de la Mission Numérique Hlm à l’Union sociale pour l’habitat.

L’Union sociale pour l’habitat met en place une animation et une action professionnelle autour du BIM et de la maquette numérique. En partenariat avec la Caisse des Dépôts, le 3 novembre à Paris, une journée professionnelle est organisée sur ce thème, un groupe de travail spécifique au sujet va être mis en place. L’Union est également partenaire de 2 appels à projet : celui de Rennes 2 et celui du Puca.

Antoine Ferré aborde le sujet important du DOE électronique qui devrait alimenter les bases de gestion. Ce processus n’est pas encore mûr, mais il n’est pas souhaitable de faire un préalable de la maturité et il est tout à fait possible de démarrer des opérations de maquette numérique en construction neuve, ou pour la gestion globale du patrimoine. A terme, les deux domaines convergeront. La représentation graphique sous-jacente de la maquette numérique est très utile, mais la véritable richesse du projet, ce sont les données associées à cette représentation graphique.

Retour d’expérience sur opérations pilotes d’intégration du BIM
Immobilière 3F a décidé d’intégrer le BIM dans des opérations pilotes de construction ou de réhabilitation. Le BIM est défini comme un processus de travail collaboratif, aidé par l’utilisation de la maquette numérique. Le premier des enjeux est la capacité à s’approprier pour la maîtrise d’ouvrage cette maquette à chaque étape du projet, le second étant la capacité de la maîtrise d’œuvre à s’organiser pour fonctionner en BIM selon cette approche collaborative. L’ambition est de s’approcher le plus possible du programme en fin de parcours, et d’injecter les données dans le système d’information technique. Les intérêts envisagés, qui ont présidé à la décision d’entrer dans le BIM sont : une amélioration de la qualité du projet, une meilleure maîtrise du projet grâce aux remontées possibles en amont des études, la fiabilisation de l’aspect géométrique, l’utilisation de la maquette pour les simulations de calcul dans le cadre du développement durable.

Il est préférable de se faire accompagner par un AMO.

Deux objectifs pour les opérations tests lancées : comprendre ce qu’est le BIM ; essayer d’explorer tous les usages possibles. Sur Noisy-le-Grand, pour les candidatures, seule une lettre d’intention était demandée, et au niveau du concours, une note méthodologique sur l’organisation de la maîtrise d’œuvre par rapport au BIM. Sur une autre opération de conception/réalisation, au niveau du concours, une première maquette était demandée. Ces opérations étant en cours, elles ne constituent pas encore un retour d’expérience. Il s’agit pour Immobilière 3F de s’emparer du sujet, pour ne pas se laisser imposer les choix dans une démarche qui est en train de se construire.

Utilisation du BIM en gestion de patrimoine
Habitat 29 expérimente le BIM depuis 2011. Le BIM est apparu comme étant au cœur du projet stratégique pour l’entreprise parce que cela touche le patrimoine, et pratiquement l’ensemble des collaborateurs. C'est une logique de rationalisation des coûts des dépenses patrimoniales. Il s’agit de créer de la valeur sur le processus de gestion de l’entreprise.

Le BIM doit permettre d’avoir en même temps une gestion répartie sur le département et une centralisation des données permettant une stratégie globale. Pour cela, il faut harmoniser les outils et les méthodes de travail, partager des données patrimoniales pour une meilleure collaboration des équipes. Ensuite, le BIM permet d’améliorer la gestion du patrimoine en faisant un prévisionnel des travaux, et un suivi au fil de l’eau, et permet la valorisation du patrimoine puisqu’il est possible d’affecter des coûts analytiques sur l’ensemble de la chaîne.

Trois phases préalables sont à suivre : réaliser l’état des lieux des besoins de l’entreprise et des enjeux en termes d’organisation et de processus ; définir un système cible et étudier les scénarios, avec l’appui d’un AMO ; établir le plan de déploiement. Le processus BIM nécessite la création d’une base patrimoniale qui doit être connectée avec l’ERP. C'est une refonte du process d’exploitation patrimoniale puisque le quotidien doit enrichir la base et inversement, sachant que le processus intègre les prestataires externes. La prochaine étape sera la nomadisation des états des lieux, de commandes, ce nouvel outil devra pouvoir communiquer avec la base de gestion patrimoniale et l’ERP ou logiciel de gestion intégrée. L’objectif est également d’assurer un meilleur service aux locataires par une connaissance plus immédiate et fine du patrimoine et un meilleur suivi des prestations des entreprises qui travaillent pour l’organisme Hlm.