10.11.2017

Journée Plante & Cité : Interviews de Y. Le Moine (Podeliha) et C. Davalo (Paris Habitat)

La journée technique "La gestion écologique des parcs et espaces verts des logements et entreprises", organisée par Plante & Cité le 14 novembre prochain à Angers, fait notamment intervenir deux bailleurs sociaux sur leur propre expérience.

OPH Paris Habitat - Jardin suspendu, centre Robert Doisneau

Les entreprises et les organismes Hlm sont propriétaires et/ou gestionnaires de nombreux espaces verts. Ces espaces améliorent le cadre de vie des habitants et travailleurs par leurs fonctions récréatives et d’agrément, d’éducation à l’environnement et d’actions sociales (jardins familiaux ou partagés…) ou encore de préservation de la biodiversité (objectif « zéro pesticide » et gestion différenciée des espaces verts). L’optimisation de ces fonctions est possible dans un cadre budgétaire contraint grâce à plusieurs leviers d’actions combinant maîtrise des coûts et qualité du service rendu. Les objectifs de la journée technique sont d'informer sur les enjeux et principes de la gestion écologique des espaces verts sur toutes les composantes du patrimoine à gérer (espaces enherbés, arbustes, problématiques de désherbage, arbres, jardins partagés…) et d'apporter des retours d’expériences : dimension économique et leviers d’actions possibles, site labellisés Ecojardin, relations avec des prestataires…

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Vous intervenez à la journée technique organisée par Plante et Cité sur le thème « La gestion écologique des parcs et espaces verts des logements et entreprises », qui se tiendra le 14 novembre prochain à Angers. En tant qu’organisme Hlm, quels sont vos enjeux liés à la gestion de vos espaces verts (qualité, écologie, etc) ?

Yves Le Moine, Podeliha : les espaces verts de nos résidences sont un atout pour nos clients et doivent être gérés dans le respect de la nature (saisonnalités), dans le respect de l'environnement (réduction des produits Phyto), le respect de nos clients (bruits, nuisances) et en limitant le coût financier.
Nous sommes engagés auprès de Plante & Cité pour améliorer nos modes de pratique et évaluer les meilleurs solutions pour améliorer la gestion de nos espaces.
Nous sommes également attentifs et présents dès la conception pour étudier et apporter des solutions au plus tôt afin de répondre à nos enjeux.

Christophe Davalo, Paris Habitat : Le premier enjeu est la qualité de services aux locataires. En effet l’urbanisation des villes, notamment Paris, fait que les jardins sont fréquemment un sas de décompression entre le bouillonnement des rues et l’entrée des bâtiments. Les espaces verts peuvent ainsi être un lieu de convivialité et d’échanges entre les habitants. A ce titre Paris Habitat encourage et accompagne la mise en place de jardins partagés, avec la création de plus 70 potagers à ce jour. 
Historiquement notre Office à toujours eu une politique ambitieuse en terme développement durable au travers de sa charte DD, introduisant une attention particulière envers ses jardins. En effet, nous avons arrêté toute utilisation de produits chimiques depuis 2006 pour l’entretien des espaces verts, ce qui à l’époque a nécessité beaucoup de concertations et d’accompagnements [...]. Aujourd’hui aucun des acteurs (locataires et jardiniers) ne voudrait revenir en arrière et les craintes d’augmentation des charges se sont vite révélées infondées.
Enfin avec le retour de la nature en ville, notre politique environnementale accompagne l’attente des locataires, mais aussi les demandes de notre collectivité de tutelle. A ce titre, Paris Habitat participe à la végétalisation de ses bâtiments, afin de réduire les îlots de chaleur et s’inscrit dans la politique de retour la biodiversité en ville. De plus il contribue à l’essor de l’agriculture urbaine en proposant des sites pour le projet des Parisculteurs.

 

Comment impliquer les habitants et les rendre sensibles à ces problématiques ?

Christophe Davalo : Le maître mot est concertation avec les habitants. Elle se traduit d’abord par de fréquentes rencontres avec leurs représentants dans la conduite de l’entretien des espaces verts au pied de leurs logements. De plus nous proposons de nombreuses animations avec des associations pour les sensibiliser à la nature, allant de la découverte de la biodiversité de la flore et de la faune, à la participation aux programmes de sciences participatives lancés par le Muséum National d’Histoire Naturelle, comme Spipoll pour l’observation des insectes pollinisateurs ou Sauvages de ma rue pour les plantes sauvages poussant dans les interstices urbains. A ce titre un accord de partenariat sur des expertises , des travaux d’études, mais aussi sur les sciences participatives, est en cours de signature entre le Museum et Paris Habitat. 
L’encouragement au développement des jardins partagés, la mise en place de ruchers collectifs, les formations au compostage en pied d’immeuble sont autant d’éléments qui contribuent à la sensibilisation des habitants à la biodiversité et la Nature en général. 

Yves Le Moine : Nous souhaitons que nos clients s'approprient les espaces verts de leurs résidences. Des actions d'informations sur nos démarches de gestion raisonnée sont en cours et des sollicitations sont menées pour créer des jardins partagées en pieds d'immeuble.

 

La journée prévoit notamment une visite d’un de vos sites, permettant d’illustrer la table ronde où vous intervenez, « Conception et entretien des massifs d’arbustes : vers de nouvelles solutions ». Quelles sont les nouvelles solutions mises en place au sein de votre parc, et comment les valorisez-vous ?

Yves Le Moine : Lors de la visite sur notre site, vous pourrez apprécier la reconfiguration d'espaces verts 100% arbustifs en un espace plus agréable et générant ainsi une baisse des charges significative.

 

Vous êtes labellisé EcoJardin. Pourquoi avoir souhaité mettre en place cette démarche dans votre parc ?

Christophe Davalo : Cette labellisation répond à plusieurs critères ; d’abord une reconnaissance de la gestion écologique des jardins de Paris Habitat. En effet ce label n’a pas révolutionné nos pratiques, toutefois il nous a donné des pistes de progression tant en terme de formation professionnelle, que de pratiques comme la gestion de l’éclairage des allées ou d’une meilleure connaissance de la vie de nos sols.
Enfin nous avons pu inscrire dans la charte Développement durable de l’établissement, la potentialité à ce que tous les jardins de l’Office, qu’ils soient existants ou à venir, puissent  répondre au label EcoJardin. Cela s’est traduit par une modification du guide qui est remis aux maîtres d’œuvre dans le cadre de leurs futures créations.