L'Union sociale pour l'habitat
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AG de la FNAR : des liens toujours plus étroits avec les territoires AH

La Fédération nationale des Associations régionales d’organismes d’habitat social (FNAR) s’est réunie le 4 juin, à Lyon, pour son assemblée générale annuelle, en marge du Festival international du logement social. Autour du thème Les bailleurs sociaux, acteurs du dynamisme local, les différentes interventions ont rappelé le rôle multiple des bailleurs sociaux dans les territoires.

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Retour sur une année "de négociations et d’ajustements", comme le remarque Denis Rambaud dans le rapport d’activité 2018, avec la loi ÉLAN et le nouveau mandat de l’action régionale pour la période 2019-2021. Rappelant la conférence de consensus qui a ouvert l’année, le président de la FNAR souligne qu’elle aura été "l’occasion d’instaurer un dialogue plus serré et plus en confiance avec les associations de collectivités territoriales".

L’année 2018 a également vu le renforcement de l’action professionnelle en direction des Associations régionales : partenariats avec les associations de solidarité, accompagnement des organismes dans les réformes des attributions locatives et dans les mutations territoriales, avec notamment le lancement d’un second appel à manifestation d’intérêt(1). Un plan d’actions "Données et Analyses Territoriales" a par ailleurs été initié avec l’appui de l’USH et du bureau d’études EOHS, qui vise à permettre aux organismes d’accéder aux données locales pour se positionner sur les marchés de l’habitat et au cœur des débats locaux. Sur le terrain européen, la FNAR et les Associations régionales se sont mobilisées pour permettre à des projets de rénovation énergétique d’être soutenus par les fonds du FEDER.

Denis Rambaud remarque aujourd’hui que la clause de revoyure a permis d’intensifier le rapprochement avec les collectivités et les associations d’élus cette année. Des liens qui seront utiles lors des discussions sur la nouvelle étape de décentralisation annoncée. Le président de la FNAR estime à ce sujet qu’il faut donner "plus de confiance aux territoires, plus de responsabilisation, plus de délégation des aides à la pierre". Il se dit favorable à "aller jusqu’au bout sur la décentralisation des pouvoirs de l’État".

Un rôle majeur sur des territoires en décroissance

Pour ouvrir les débats sur le thème du dynamisme local impulsé par les bailleurs sociaux, Valérie Sala Pala, professeure de Science politique à l’université Jean Monnet de Saint-Étienne, explique les causes de la décroissance urbaine et ses conséquences sur les villes : dévalorisation, vacance de logements et de commerces, perte de ressources et de certains groupes sociaux, notamment les familles avec enfants. "Faut-il changer de regard sur ces territoires ?", s’interroge-t-elle. Au-delà des contraintes avec lesquelles ces territoires en décroissance sont perçus, elle veut en souligner les opportunités, telles qu’un parc de logements accessible, un foncier moins cher, des espaces vacants.

Elle rappelle que les bailleurs sociaux ont historiquement joué un rôle de lanceurs d’alerte et souligne que "dans ces villes, bien souvent, l’initiative privée fait défaut" ; d’où le "rôle stratégique des bailleurs sociaux dans les politiques locales d’habitat pour contribuer au renouvellement de l’habitat privé dans les centres dégradés, à la préservation du bâti à enjeu architectural et patrimonial et au maintien de services". En conclusion, elle estime que l’enjeu consiste à "développer des politiques avec des mécanismes alternatifs aux marchés et à prendre en compte les usages et les habitants".

"Ce n’est pas parce que le marché n’est pas dynamique que le territoire ne l’est pas", souligne Lionel Primault, nouveau directeur de la FNAR, en introduction de la table ronde sur la contribution des bailleurs à l’image des villes.  En témoigne Samuel Coppel, directeur aménagement et renouvellement urbain chez Drôme Aménagement Habitat, qui explique que son organisme a détruit 1 000 logements sur 10 000, parfois dans des immeubles en bon état, afin de répondre aux besoins de son territoire en maisons médicales et en commerces de proximité. "Il faut maintenir les populations et s’en occuper", souligne-t-il, notamment en accompagnant une demande forte d’habitat participatif sur son territoire. Très présent sur ces questions depuis douze ans, l’Office intervient également sur des centres anciens en tant qu’aménageur, et en portage de lots privés pour redresser des copropriétés dégradées et les revendre une fois les engagements réalisés.

Christine Garnier, conseillère municipale de Grenoble, vice-présidente métropolitaine à l’habitat, au logement et à la politique foncière, salue le travail réalisé par les bailleurs sociaux, notamment la qualité des logements neufs et le recours aux matériaux biosourcés et au bois. Elle évoque également "le travail des agents de proximité, notamment sur la résolution des conflits", essentielle selon elle pour les élus locaux, "les actions de socialisation, d’accompagnement, en particulier des ménages précaires et sur l’intergénérationnel".

Une vision partagée par Corinne Casanova, adjointe au maire d’Aix-les-Bains et vice-présidente de l’AdCF. "Aujourd’hui, l’image des bailleurs sociaux devient performante. Votre changement d’image contribue aussi à celui des collectivités parce que vous en êtes une véritable carte de visite". Elle explique qu’un territoire en croissance tel que sa ville, "peut aussi être en difficulté". Aix-les-Bains attend en effet une croissance de 40% de sa population à l’horizon 2040, soit 100 000 habitants de plus. "Il y a un vrai travail de réflexion à faire avec les bailleurs sociaux sur le prix de sortie des logements et la capacité de notre territoire à accueillir ou pas une cible qui corresponde aux besoins de la collectivité, estime-t-elle. Notre partenariat fait que nous avançons ensemble sur des projets sur lesquels, nous, collectivités locales, nous ne pourrions aller seules".

(1) Lire Actualités Habitat n° 1101, p. 20.