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Aorif : le logement des travailleurs clés en Île-de-France AH

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Les travailleurs clés ou travailleurs essentiels ont été mis en lumière lors de la crise sanitaire. Qui sont-ils ? Sont-ils logés dans le parc social ? Représentent-ils une catégorie de demandeurs prioritaires ? Autant de questions posées dans le cadre d’une table ronde organisée le 4 juin dernier par l’Aorif lors de son assemblée générale, avec des éléments de réponses dans deux études présentées ce jour-là.

Une étude(1) publiée en septembre 2020 par la Fédération des OPH, identifie 159 professions clés (santé, enseignement, commerce et alimentation, propreté, sécurité, fonction publique…), qu’exercent 1,8 million de travailleurs, soit 34% des actifs en Île-de-France. Ces travailleurs sont très majoritairement éligibles au logement social (1,16 million de personnes) dans lequel ils habitent pour un tiers d’entre eux. Entre 12 et 16% seraient éligibles au logement intermédiaire. L’étude de la Fédération des OPH s’est aussi intéressée au temps de trajet domicile/travail : pour 7 % des ménages franciliens (77000 ménages), il dépasse 1h00 (soit deux heures par jour).

Selon une enquête de l’Institut Paris Région, ce seraient 25% des travailleurs clés qui résideraient dans le parc social, dont 29% de premières lignes. L’IPR distingue en effet plusieurs catégories de travailleurs clés. Les “relais”, qui contribuent au bon fonctionnement des premières lignes, et les salariés de la logistique, de l’information, du secteur bancaire de proximité représentent au total 11% des actifs franciliens. S’ajoutent les travailleurs du service public du quotidien (enfance, éducation, sport, sécurité, etc.), catégorie où les femmes sont sur-représentées.

Des attributions prioritaires

Comment mieux identifier les travailleurs clés dans les attributions ? Olivier Bajard, directeur régional Action Logement Services, croit beaucoup dans l’expérimentation menée avec la Région Île-de-France qui consiste de façon collective à “leur réserver le premier tour d'attribution en construction neuve”. Dans une approche pragmatique du lien emploi-logement, il pose la question : “S’agit-il de loger des travailleurs clés ou de proposer un emploi de travailleur clé aux ménages déjà logés ?”.

Pour Claire Goudinot, directrice générale de RATP Habitat, le logement constitue un facteur d’attractivité pour recruter et fidéliser les conducteurs de métro qui représentent 50% des demandeurs. RATP Habitat propose une offre de logement diversifiée (résidences jeunes actifs, logement social, LLI) qui accompagne le parcours résidentiel des salariés. De plus, grâce à un protocole avec Action Logement, la RATP bénéficie d'un droit de priorité dans la présentation des candidats. “Aujourd’hui, 38% de notre parc est occupé par des agents de la RATP et nous avons un guichet unique habitat au sein de la RATP.”

“La priorité donnée aux travailleurs clés ne pourra se faire qu’avec l’ensemble des partenaires et de façon partagée à l’échelle des territoires”, a conclu Bruno Rousseau, directeur général adjoint d’I3F et trésorier de l’Aorif, pour qui la question des travailleurs clés met en lumière tout à la fois les enjeux et les contradictions en matière d’attributions.

(1) “La question du logement des travailleurs clés en Île-de-France”, disponible sur www.foph.fr/oph/.