L'Union sociale pour l'habitat
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Changement d'échelle pour "Echanger Habiter" AH

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Expérimenté depuis octobre dernier à Paris, sous l’impulsion de la Ville, la bourse d’échange de logements sociaux Échanger Habiter(1) est étendue à toute l’Île- de-France depuis le 1er juillet. Elle concerne désormais les 750000 locataires franciliens titulaires d’un bail avec l’un des 24 organismes(2) engagés dans le dispositif, représentant 60% du parc francilien, contre 224000 logements auparavant gérés par douze bailleurs. D’autres organismes devraient intégrer le dispositif, permettant de multiplier encore le nombre d’annonces et les opportunités pour les locataires désireux de trouver un logement plus adapté à leur situation. L’objectif du GIE étant de couvrir tout le territoire et de faire adhérer l’ensemble des bailleurs sociaux.

"L’outil se veut simple et agile, pour répondre à la demande de mobilité qui représente un tiers des 210000 demandes de logement social de la région, fluidifier les parcours résidentiels et permet au demandeur de mutation d’être acteur de sa recherche", explique Claude Knapik, président du GIE, créé le 27 mai dernier, chargé de piloter le dispositif. Dispositif qui repose sur une plateforme informatique, développée avec l’appui de Paris Habitat et de prestataires, qui permet aux locataires, via le site Internet echanger habiter.fr, de poster leur annonce explicitant leur demande et de "vendre" leur logement pour entrer en contact avec un autre locataire désireux de changer d’appartement. Si deux attentes se rencontrent, les deux ménages organisent la visite de leur bien respectif avant de remplir un dossier d’échange. En tout état de cause, c’est au bailleur que revient le dernier mot. Après vérification du respect des conditions réglementaires d’attribution, les dossiers sont transmis à la commission d’attribution de chaque bailleur. Une fois les dossiers validés, les locataires fixent les dates de déménagements et signent les nouveaux baux sans que ne soient réalisés de travaux d’embellissement. En une quinzaine de jours, l’opération peut être bouclée. La question des réservataires se règle au cas par cas, dans le droit fil de l’accord-cadre en faveur de la mobilité résidentielle dans le parc social d’Île-de-France, signé en avril 2018 entre l’État, Action Logement et l’Aorif et du Pack mobilité.

"Pour l’heure, après neuf mois de mise en œuvre, le dispositif parisien est monté en puissance", souligne Pascal Vacher, directeur du GIE. 7819 annonces ont été déposées, 5912 contacts pris entre locataires, 2197 visites effectuées, 240 dossiers sont en cours d’étude et 152 locataires ont déménagé. En rythme de croisière, 30 à 50 échanges par mois devraient être réalisés. La mise en œuvre du dispositif a bénéficié de 170000€ du Fonds d’innovation sociale de l’USH et revient à 25 centimes par logement par an et par bailleur. "C’est une belle réussite collective sur un territoire qui cristallise de nombreuses insatisfactions et des temps d’attente très longs. Mais l’outil ne va pas tout régler", relève Claude Knapik.

La bourse d’échange girondine, nouvellement créée est conçue sur le même modèle, avec les mêmes prestataires.

(1) Lire Actualités habitat n° 1094 du 15 février 2019, page 11.
(2) 1001 Vies Habitat, 3F Seine-et-Marne, Antin Résidences, Aximo, Batigère en Île-de-France, CDC Habitat social, Elogie-Siemp, Emmaüs Habitat, Habitat Erigère, France Habitation, HSF, ICF La Sablière, Immobilière 3F, MC Habitat, OPH d’Aubervilliers, OPH Bagnolet, Paris Habitat, RATP Habitat, RIVP, Seine-Saint-Denis Habitat, Valophis Habitat, Valophis La Chaumière, Valophis Sarepa et Vilogia.