L'Union sociale pour l'habitat
Chargement en cours

Clôture Congrès : message d'Edouard Philippe, Premier ministre : le logement social, patrimoine de la Nation AH

Dans le message lu par Julien Denormandie, Edouard Philippe dit vouloir être le garant de la préservation du modèle français du logement et a confirmé que la dimension logement serait entièrement intégrée dans le revenu universel d’activité.

Lire l'article
'

© J. Paquier

"Je vous prie d’excuser l’annulation de ma venue au Congrès Hlm auquel j’avais tenu à participer. Mais les obligations liées au décès du président Jacques Chirac m’empêchent de me joindre à vous. Le président de la République aura l’occasion de lui exprimer l’émotion et la gratitude de la Nation.

Les membres de l’USH se souviennent sans doute que Jacques Chirac avait ouvert, en qualité de maire de Paris, le dernier congrès qui s’était tenu dans la capitale.

Malgré notre émotion à tous, voici les messages que je souhaitais vous transmettre.

Une réforme équilibrée

Tout d’abord, j’ai pu mesurer, lors des différentes rencontres au cours de ces deux dernières années, votre attachement au mouvement du logement social, à ses valeurs et à ses missions. Un attachement que je respecte profondément. Le logement social fait partie du patrimoine de notre Nation. J’entends être le garant de la préservation du modèle français que beaucoup d’États nous envient.

Cela n’empêche pas que des réformes doivent intervenir pour consolider ce modèle. Elles sont structurantes et je tiens à saluer votre action pour la mise en œuvre de ces réformes.

Ce dialogue nous a permis de construire une réforme que je crois profondément équilibrée. Je ne sous-estime pas l’ampleur des efforts que nous vous avons demandés. Je parle évidemment de la réduction des loyers de solidarité. Il concerne aussi la question des regroupements. Ce mouvement est d’ailleurs largement, très largement engagé. On en mesurera très vite les bénéfices.

Nous avons signé le 25 avril dernier, à Matignon, un accord important. Vous avez pris des engagements forts : la production de 110 000 logements et la rénovation thermique de 125 000 logements. Je sais que vous n’avez pas pris ces engagements à la légère et que vous les tiendrez. Et pour vous y aider, nous avons voulu de notre côté, grâce notamment au concours financier de l’État, de la Caisse des dépôts, de la Banque des territoires et d’Action Logement, un cadre économique stable pour les trois prochaines années. Vous avez donc désormais une meilleure visibilité pour augmenter et rénover le parc de logements sociaux. Cette visibilité n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Je vois quatre défis qui demeurent. La fluidité : nous devons donner plus vite des réponses mieux adaptées aux demandes de locataires, améliorer la transparence dans l’attribution des logements. Il faut désormais mettre en œuvre les dispositifs de la loi ÉLAN à cet effet.

Deuxièmement, la mobilité dans le parc : c’est au logement de s’adapter à la vie et non l’inverse.

Troisièmement, la lutte contre la précarité. Malgré les sommes engagées, beaucoup de personnes ne parviennent pas à accéder à un logement adapté. Cette situation n’est évidemment pas satisfaisante. Le dispositif Logement d’abord, la production forte de PLAI - 33 000 en 2018 - et la mobilisation de logements vacants dans des zones moins denses, où un nombre important d’offres d’emplois restent non pourvus, pour accueillir des familles en détresse ou qui bénéficient de l’asile, sont des réponses importantes. On doit les poursuivre et les amplifier.

 

« J’entends être le garant de la préservation du modèle français ».

 

Des progrès possibles

Enfin la mixité : nous avons été très clairs, il est hors de question de revenir sur les obligations de la loi SRU. Et nous avons doublé les moyens de l’Anru. Mais des progrès restent encore possibles. L’expérimentation, par exemple, d’une nouvelle politique des loyers, permise par la loi ÉLAN, peuvent nous y aider.

On construit comme on gouverne : pour le présent et pour l’avenir. D’où sans doute, des responsabilités particulières. Cette responsabilité consiste d’abord à ce que les aides sociales, qui sont vitales pour des millions de Français, bénéficient aux personnes en prenant en compte la réalité de leur situation. C’est notamment le sens de la contemporanéité des APL. C’est également le sens du Revenu universel d’activité dans le but de créer une prestation, qui soit à la fois plus simple et plus lisible pour ses bénéficiaires. La concertation est lancée, les réflexions continuent et vous devez avoir toute votre part. Je peux donc vous dire très clairement que la dimension logement sera pleinement intégrée dans la construction de ce Revenu universel d’activité.

Cette responsabilité est également et ensuite sociétale. Les chiffres de la construction demeurent à un niveau élevé et cette approche quantitative de logements axée sur la construction est nécessaire.

Mais elle est très loin d’être suffisante. On doit aussi la compléter par d’autres approches : écologique, territoriale et soucieuse d’une occupation économe de l’espace.

Cette nouvelle approche du logement doit, enfin, être en prise directe et anticiper les besoins des Français : concevoir des logements qui s’adaptent aux évolutions de la vie, développer le numérique dans le logement pour proposer de nouveaux services et même améliorer la gestion du parc, ou bien tenir compte du vieillissement de la population.

Sans doute, décelez-vous derrière chacune de ces innovations parfois un obstacle juridique, peut être une contrainte technique. Eh bien, parlons-en. Pas pour le plaisir d’en parler, mais pour nous en libérer, et expérimentons.

Pour conclure, si la théorie est bonne, écrit Jules Siegfried, celui qui a été l’un des fondateurs du logement social, la pratique surtout est importante et la bonne volonté, le dévouement et le sentiment du devoir deviennent alors indispensables. Des qualités qui, depuis plus de 90 ans, maintenant, caractérisent le Mouvement Hlm."