L'Union sociale pour l'habitat
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COVID-19 : "vivre avec" AH

Alors que la crise sanitaire se poursuit, et prend une nouvelle ampleur avec la propagation de variants dont on mesure encore mal la dangerosité, les organismes Hlm continuent de faire face. Après un an de pandémie, des réflexes sont acquis et des innovations continuent d’émerger pour "vivre avec".

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Protocole de visite 

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© M. Carrier

Périgord Habitat a instauré un protocole strict de visite des logements. Les futurs locataires et les équipes de l’Office doivent porter un masque et respecter la distanciation en restant à plusieurs mètres d’écart les uns des autres. L’OPH de Dordogne n’acceptent que deux visiteurs maximum, en priorité le ou les signataires du contrat de location. Le visiteur ne doit rien toucher (ni portes, ni fenêtres…) pour éviter tout risque de contamination des surfaces. Du gel hydroalcoolique est proposé avant et après chaque visite. Enfin, la remise par e-mail des documents, avant ou après la visite, est privilégiée à tout support papier.

 

Étude : comment les bailleurs sociaux ont-ils fait face à l’urgence ? 

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© E.Le Gars/Emmaüs Habitat

Une étude(1) commandée en septembre par Smiile(2) à la société YouGov rapporte la manière dont les bailleurs sociaux ont alors face à la pandémie de Covid-19.  

Sur le fait d’être préparés ou non à affronter une nouvelle crise sanitaire, les bailleurs se répartissaient à part égale (46% avaient déclaré l’être contre 44% qui estimaient le contraire). Dans le détail, seuls 16% se positionnaient sur le “oui, tout à fait’’. À peu près la même répartition se dessinait pour les bailleurs qui considéraient que la crise avait impacté leur activité (45%) et ceux pour qui elle n’avait eu aucun impact (44%).

Sur l’accompagnement des locataires mis en place pendant le premier confinement, 17% des organismes ont mis en avant des aides aux commerces et associations de quartier, 16% des actions pour faciliter l’entraide et la solidarité entre voisins et 15% des contacts plus réguliers avec leurs locataires les plus fragiles ou les plus isolés. Enfin, près de 7 bailleurs sociaux sur 10 déclaraient que les valeurs de solidarité et d’entraide représenteraient désormais un maillon important de leur stratégie d’innovation et de service.

(1) Étude réalisée en ligne auprès de 213 bailleurs sociaux français, du 12 au 14 septembre 2020.
(2) Start-up malouine, Smiile est un réseau social de voisinage doublé d’une plateforme de service qui vise à recréer du lien à l’échelle d’un immeuble, d’une résidence, d’un quartier… 

 

Le COVID n’aime pas le bleu 

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© LMH

Lille Métropole Habitat a fait l’acquisition de lampes désinfectantes qui provoquent une lumière bleue, Bio-scan UV-C, pour protéger du coronavirus ses collaborateurs et les locataires reçus au siège. En cas de suspicion ou de cas avéré de COVID, le bureau est fermé et traité, ainsi que les points contacts aux alentours. En préventif, toutes les salles de réunions de plus de 10 personnes, l’accueil locataire au siège et la salle restauration sont désinfectés tous les jours. LMH dispose de grosses lampes pouvant désinfecter une pièce en autonomie (35m2 en 5 minutes) et des lampes manuelles dont certaines sur roulettes et détachables pouvant être utilisées sur n’importe quelle surface (clavier, poignée, chaise de bureau) efficaces en 8 secondes. Selon LMH, le coût est moins élevé que celui de l’intervention d’une société prestataire utilisant les techniques de désinfection par nébulisation.

 

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© HMP

Activités sportives. Afin de ne pas pénaliser les collégiens de toute activité sportive, une convention entre le collège Jacques Prévert et Habitat Marseille Provence a été signée le 25 janvier pour une durée de 22 jours reconductible - autant que le nécessiteront les directives sanitaires - pour utiliser le terrain multisport situé dans le patrimoine d’HMP.

 

Une commission partenariale 

La S.A. Hlm de l’Oise a mis en place fin 2020 une commission Solidarité mensuelle, en partenariat avec le Conseil départemental, le SAMU social, l’ADIL, la CAF et un représentant des locataires, pour aider des familles en difficulté économique à honorer leur loyer. L’organisme estime à 450 le nombre de foyers susceptibles d’être concernés. "Tous sont des victimes collatérales du COVID-19. Ce ne sont pas de mauvais payeurs récurrents. La plupart du temps, ils sont confrontés à une perte de revenus d’activité", observe Georges Marcos, responsable du recouvrement à la S.A. Hlm de l’Oise, qui enregistre 150000€ d’impayés depuis mars 2020. Le dispositif permet, sous conditions, d’annuler la dette des locataires jusqu’à 1000€. 40 dossiers ont été étudiés lors des deux premières commissions, dont 11 ont bénéficié d’une aide, pour une valeur totale de 3230€ pris dans l’enveloppe de 60000€ débloquée à cet effet. Pour être éligibles, les bénéficiaires doivent avoir a minima honoré une partie de leur loyer depuis mars 2020 et avoir été à jour avant le début de la crise. En amont, les assistantes sociales de l’organismes étudient chaque dossier, vont à la rencontre des familles, les informent sur le dispositif et les épaulent pour constituer un dossier.

 

En bref

Accompagnement des commerçants.

Avec plus de 70 commerces de proximité dans son parc, Versailles Habitat a décidé d’effacer les loyers hors charges des commerces dont l‘activité n’a pu être maintenue, entre novembre 2020 et janvier 2021, et exonère de 40% de leur loyer ceux qui ont maintenu une activité partielle. La régularisation des montants des loyers s’est appliquée au plus tard sur le quittancement de janvier 2021. Des échéanciers sont également envisagés au coup par coup pour les commerçants dont l’activité a pu être poursuivie, mais qui rencontrent des difficultés de paiement.

Charte d’engagement.

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© I3F

Plusieurs organismes renouvellent leur protocole pour accompagner les locataires en situation de fragilité économique, sur le modèle de la Charte nationale d’engagements signée en mai 2020 par l’USH et les associations de locataires, et reconduite en fin d’année. Immobilière 3F a ainsi mis à jour et prolongé sa charte jusqu’au mois suivant la fin de l’urgence sanitaire. Partelios l’a également reconduite en fin d’année et prolongée jusqu’au 30 juin 2021. L’ESH Patrimoine a ajouté le 18 janvier 2021 un avenant à son protocole d’engagements citoyens et solidaires, qui court désormais jusqu’à la fin de l’année. Il prévoit, comme pour I3F, des délais de paiement supplémentaires, un accompagnement renforcé des victimes de violences conjugales et familiales, ainsi qu’une adaptation permanente des modalités de réalisation des états des lieux.

 

Logements intermédiaires.

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© Région Île-de-France

Le 2 février, à Noisy-le-Grand, Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a signé une convention en faveur du logement pour les soignants et les travailleurs-clés de la crise sanitaire avec Benoist Apparu, président du directoire d’in'li. Par ce partenariat, la Région apportera à la filiale du groupe Action Logement des subventions d’investissement pour créer des logements locatifs intermédiaires. Face à l’urgence, la société in’li s’engage à mettre à disposition, dès à présent, 200 premiers logements en attendant que les projets soutenus par la Région sortent de terre.

Violences familiales.

Avec 131 200 faits constatés, les violences intrafamiliales ont augmenté de +9% en 2020, dans le contexte de crise sanitaire, après deux années de forte hausse (+14% en 2019, +10% en 2018), soit une augmentation de 33% en trois ans, selon l’analyse Insécurité et délinquance en 2020, publiée au mois de janvier par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure. Du début de l’année jusqu’à la fin du mois de mai, qui marque la sortie du premier confinement, le nombre de victimes de coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus, enregistrées dans le cadre familial, a constamment augmenté, restant à un niveau supérieur à celui des années précédentes jusqu’à fin août. Le nombre de victimes est ensuite légèrement remonté en novembre mais contrairement au premier confinement, il s’est maintenu à un niveau moindre que celui de 2019 tout le long du deuxième épisode de confinement sanitaire.