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Crise du logement : la prise de conscience européenne AH

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La question du Logement d’abord a fait l’objet d’un débat le 13 janvier dernier lors de la session plénière du Parlement européen. Ce n’est pas la première fois que les instances européennes abordent cette question. L’actuelle commission européenne a fait du logement un des axes de son "Pacte Vert".

Mais les députés européens, de manière unanime, ont pointé l’urgence de la situation liée non seulement aux conditions et à la qualité de vie de nos concitoyens, mais également à la paupérisation et à l’augmentation du nombre de personnes mal logées ou sans abri partout en Europe. Car chacun est touché à sa manière. Les points de vue sont nombreux concernant les solutions à apporter. Mais le logement abordable et durable apparaît comme une des réponses les plus immédiates et efficaces à cette crise. Le Parlement européen va sans doute élaborer un rapport d’initiative sur le sujet et faire des propositions. Pendant longtemps, la tentation de confier cette question aux lois du marché a existé chez nos voisins. Certains ont franchi le pas. Tous aujourd’hui font marche arrière. L’Union européenne et les État membres envisagent d’investir massivement pour répondre à l’urgence sans toujours avoir les outils pour agir. Le déficit d’investissement dans le logement abordable est estimé à 57 milliards d’euros par an dans l’Union européenne. Le Mouvement Hlm est présent depuis longtemps dans ces débats en expliquant le fonctionnement du logement social à la française et ses nombreuses vertus sociales et économiques. Nous avons toujours été écoutés mais pas forcément entendus.

Le débat et l’initiative prise par le Parlement européen sont une opportunité pour rappeler combien notre modèle de logement social est efficace et faire prendre conscience aux dirigeants de notre pays que les solutions, opportunément présentées dans certains rapports qui conduisent à une financiarisation du logement social, ont toutes échoué en Europe et ont largement contribué à mettre à la rue des milliers d’Européens.

En France, l’État - et Bercy notamment - s’est contenté ces dernières années de faire du logement social un poste d’économie budgétaire. Les prises de positions européennes l’illustrent : pour quelques milliards d’euros d’économie réalisés au détriment de nos concitoyens les plus modestes, via notamment la baisse des APL et la RLS, combien de dizaines de milliards d’euros devront être réinjectés à moyen terme pour tenter de trouver des solutions à la crise du mal-logement que les dirigeants de notre pays auront contribué à aggraver?

La question du mal-logement transcende les divergences qui existent entre États membres.