L'Union sociale pour l'habitat
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Des acteurs en synergie AH

Les projets d’habitat participatif « s’institutionnalisent » en France, grâce notamment à la loi ALUR qui en donne une définition juridique et autorise son développement. Si ce mode d’habiter paraît très attractif, il n’en nécessite pas moins une méthodologie très rigoureuse. Tournée de chantiers livrés ou en phase de conception.

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Certains bailleurs expérimentent depuis longtemps les dispositifs d’accompagnement des habitants pour concevoir un projet d’habitat participatif tandis que d’autres tentent l’expérience pour la première fois.

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Une architecture contemporaine avec vue sur les Pyrénées ; arch. : GGR Architectes. © C. Picci
  • À Toulouse, l’une des plus grandes opérations d’habitat participatif

L’opération "Aux quatre Vents", dans l’écoquartier de la Cartoucherie, propose 89 logements, un chiffre élevé par rapport au nombre de logements habituellement proposés dans ce type d’habitat. Le processus participatif a conduit Le Groupe des Chalets à la création de quatre grou­pes coopératifs – un par immeuble – qui se distinguent par des projets d’habitats qui leur sont propres (charte, espaces partagés) ; l’ensemble partageant des espaces collectifs et étant géré collectivement sous forme d’une copropriété. Y est associée une mixité de modes d’accession, 23 en SCIAPP(1), 44 en location-accession (PSLA), 5 en VEFA et 17 au sein d’une coopérative d’habitation "Abricoop" dans un des bâtiments conçus par Seuil Architecture.

Les espaces partagés collectifs comprennent une salle polyvalente de 125 m2, un espace bricolage, un jardin en intérieur d’îlot, des toitures aménagées en terrasses (repas, jardinage) ; les espaces partagées coopératifs comptent un studio d’amis, une salle de musique de 15 m2 isolée phoniquement, une cuisine en rez-de-chaussée, un atelier créatif réservé aux arts plastiques et deux buanderies.

Ces espaces ont été conçus suivant un principe d’évolutivité pour permettre des changements d’usage, voire une transformation en logements.

Le coût total de l’opération est de 11,5M€.

  • À Montauban, retour des « Babayagas »

Au départ, un groupe de personnes de 60 à 80 ans ayant décidé de créer un habitat groupé qui permette de prendre leur vieillesse en main, dans la continuité de ce qu’a été leur vie personnelle (engagement social, associatif, culturel et politique) et leur vie professionnelle (travail d’équipe, coopération et esprit d’initiative).

A l’arrivée, en 18 mois, le groupe de la Maison d’Isis s’est construit une perspective opérationnelle avec le soutien de la mairie et de Tarn-et-Garonne Habitat.

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La résidence prendra place dans un site réaménagé avec des espaces verts et des cheminements piétons dans un cadre privilégié ; arch. : AR 357, paysagiste : Tout est Paysage. © Tout est Paysage

Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme "Quartier Citoyen"(2) et dans la mouvance des logements "Babayagas" dont la première opération, construite par l’Office Montreuillois de l’Habitat, était réservée à des personnes âgées, seules pour la plupart, dans un concept "d’anti-maison de retraite". Tarn-et-Garonne Habitat, maître d’ouvrage, projette de construire cette résidence adaptée, pour permettre à des femmes de vieillir ensemble, en autogestion. Mener ce projet d’habitat participatif autogéré par des personnes âgées, en concertation avec l’association Isis, est une première pour l’OPH.

Un montage financier particulier sera mis en œuvre. Il réunit des fonds privés apportés par des membres, au sein d’une coopérative, et des financements publics assurant une mixité de logements privés en accession et sociaux en locatif, et permettant d’accueillir des résidents en accord avec ce concept de vie commune, quel que soit leur niveau de revenus.

Le groupe a désigné un architecte ; la Maison d’Isis devrait accueillir les habitantes fin 2020.

  • Près de Pau, la résidence Dôman prochainement livrée

La Ville de Billère (64) a lancé un grand projet de requalification de son centre-ville. Pour le densifier et favoriser l’emménagement de familles, le programme de la ZAC prévoit la création de plus de 600 logements, dont celui en accession sociale porté par Le COL. La résidence, livrée en juin prochain, profite donc d’une situation privilégiée. Les futurs accédants ont été associés à la conception de leur logement et de leur environnement, en collaboration étroite avec les architectes. Leur souhait est de créer un lieu dans lequel "il y aura toujours un voisin pour vous dire bonjour".

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Sur les 39 logements, plus d’une trentaine de logements sont déjà vendus ; archi. : Agence TA, Marc Tillous. © Le COL

Les 39 logements, répartis en trois bâtiments – 2 collectifs en R + 3, R + 2 et 6 villas en bande – ont été financés en location-accession mais pour accueillir aussi des ménages dont les revenus sont supérieurs aux plafonds – et permettre ainsi une plus grande mixité – des logements sont disponibles en VEFA. Ainsi, trois dispositifs sont proposés aux acquéreurs : PSLA et SCIAPP (respectivement 22 et 15 familles) et l’autre moitié en VEFA ; les deux premiers étant plutôt des familles jeunes ex-locataires Hlm quand la VEFA attire des ménages plus âgés, déjà propriétaires.

Une salle polyvalente, un atelier bricolage, une chambre d’amis, deux buanderies, une terrasse collective constituent les espaces communs ; un jardin de 160 m2 appartenant à l’association des habitants complète le programme.

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Vue d’ensemble de l’opération : au premier plan, les six maisons en bande et au deuxième plan, le collectif en R + 2 et R + 3. © Le COL

"Si, en termes de conception, les délais d’un projet en habitat participatif sont parfois plus longs que ceux d’un habitat classique", explique Nelly Garrigou, responsable au COL de l’agence de Pau, "on note un gain de temps sur la période de commercialisation et d’appel d’offres."

Pour ce projet, le prix du m2 est de 2 140 € en surface habitable, contre environ 3 000 € pour un logement neuf dans le privé dans l’agglomération paloise.

  • À Nantes, un projet en phase de co-conception

À l’issue d’une consultation d’architectes organisée par CIF Coopérative et la Ville de Nantes, les futurs habitants du projet d’habitat participatif, situé dans le quartier du Breil, ont choisi deux cabinets qui ont l’habitude de travailler ensemble : les agences d’architectes Rhizome et Cartouche.

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L’objectif est de déposer un permis de construire en octobre 2018 suite aux ateliers de co-conception prévus avec les architectes et les bureaux d’études. © CIF

Accompagnés par deux assistants à maîtrise d’ouvrage (AMO), les futurs occupants ont défini, comme toujours dans ce genre d’opération, un projet cadre qui traduit leurs premières intentions architecturales : choix des matériaux, esthétique du bâtiment, superficie et qualité des logements, surfaces et usages des espaces communs (salle polyvalente, buanderie, atelier de bricolage, toiture terrasse, jardin…).

La coopérative, qui porte juridiquement et financièrement l’opération, escompte d’autres candidats pour rejoindre le groupe d’habitants, constitué aujourd’hui d’une dizaine de foyers, qui seront majoritairement propriétaires de leur logement.

(1) Société civile Immobilière d’accession progressive à la propriété : montage réservé à des personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire (du fait de leur âge ou de leurs revenus) qui permet, par le paiement de la mensualité due à la SCI, d’acquérir progressivement l’ensemble des parts sociales attachées à leur logement, détenues initialement par le bailleur.
(2) Un premier projet a été lancé : l’ilot chamier qui comprendra la démolition-reconstruction de 86 logements sociaux, la construction de 18 logements en habitat coopératif, des logements étudiants, des commerces, une crèche, des services et une opération de promotion immobilière de 20 logements.