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Des logements chauffés aux déchets ménagers AH

Pour faire face à l’arrêt, en novembre prochain, de la revente à EDF de son électricité produite par cogénération et continuer de proposer une énergie à un prix abordable et stable à ses locataires, Oise Habitat s’est associé à un centre de revalorisation des déchets afin d’y raccorder 1  500 de ses logements d’ici le 1er semestre 2023.

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À Creil, Oise Habitat, qui gère 13 500 logements dans le sud du département, est l’un des rares bailleurs sociaux français propriétaires d’une chaufferie urbaine. L’installation La Cavée de Senlis produit la chaleur qui alimente en chauffage et en eau chaude 7 000 logements sociaux, plusieurs écoles, lycées et gymnases de Creil et le siège de l’OPH, par le biais d’une délégation de service public (DSP) confiée à Dalkia, filiale d’EDF.

Depuis 2009, le site comprend deux chaudières biomasse de 3 et 6 MWh, qui produisent 40% de la chaleur utilisée par les locataires de ces logements, alimentées par plaquettes de bois provenant de forêts environnantes (15 000 tonnes en 2021). Outre ces 2 chaudières bois, 3 chaudières gaz produisent de l’électricité par cogénération, jusqu’à présent rachetée par EDF (35% de la production de la chaufferie), les recettes de cette vente étant déduites du montant facturé aux locataires. 2 chaudières au gaz viennent en appoint en cas de grand froid (25% de la production). Les locataires connectés bénéficient d’une TVA à 5,5% et d’un prix au kWh parmi les moins chers de France, selon le réseau Amorce.

Mais à compter du 1er novembre 2022, l’électricité issue de la cogénération ne sera plus rachetée par EDF, aux termes du décret du 21 août 2020(1). Pour les locataires, cet arrêt implique une augmentation de 30% du kWh. “Le prix du MWh (Mégawatt-heure) sorti de la cogénération se situe autour de 18 € à l’heure actuelle, comparé à 112 € pour le MWh de gaz au tarif réglementé. Arrêter un moteur de cogénération dans ces conditions pose un réel problème”, témoigne Fabien Champion, directeur de la gestion immobilière de Oise Habitat.

Une solution à prix stable

Pour stabiliser le prix du MWh - nécessité rendue encore plus brûlante par la crise de l’énergie et la guerre en Ukraine -, l’OPH recherchait depuis deux ans une solution de substitution à la cogénération. Elle est venue du centre de valorisation énergétique (CVE) de Villers-Saint-Paul, qui produit de l’énergie à partir des ordures ménagères des habitants du département, au prix moyen de 16,23 €/MWh. “Avec la perspective d’ouverture d’un 3e four, le CVE avait un potentiel d’extension, explique Jean-François Déage, directeur du développement social et de la communication à Oise Habitat. D’où l’idée de créer une première interconnexion pour nos locataires qui étaient le plus concernés par la cogénération, à Montataire, en passant par la chaufferie urbaine de Nogent-sur-Oise, située entre la commune et le CVE”. Le réseau de chaleur urbain de cette chaufferie, déjà raccordé au CVE, servira à compter du 1er semestre 2023 à faire transiter la chaleur jusqu’aux 1 500 logements concernés à Montataire. Le coût de raccordement entre la chaufferie de Nogent et les logements est estimé à 3 M€ HT, dont une partie pourrait être financée par une subvention de l’Ademe. Une convention de fourniture de chaleur a concrétisé cet accord entre les trois partenaires, le 14 avril, et une négociation est en cours pour raccorder directement le CVE à la chaufferie La Cavée de Senlis, d’ici 2025. Oise Habitat est ainsi à l’origine d’un nouveau schéma directeur du chauffage urbain à l’échelle de son bassin de vie.

(1) Décret du 21 août 2020 supprimant l'éligibilité au complément de rémunération et à l'obligation d'achat pour les installations de cogénération d'électricité et de chaleur valorisée à partir de gaz naturel. 

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