L'Union sociale pour l'habitat
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Des maires de banlieues inquiets AH

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Les maires des banlieues n’en peuvent plus. Dernière illustration du malaise des édiles, la démission, le 27 mars dernier, de Stéphane Gatignon, maire de Sevran depuis 2001, pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques et dénoncer "le mépris de l’État". Un point de vue partagé par de nombreux maires de banlieues, inquiets de l’avenir de la politique de la ville ; ils ont lancé sur les réseaux sociaux #NousSommestousGatignon, dans le prolongement des États généraux de la politique de la ville, plus connu sous le nom de "l’Appel de Grigny", de la mi-octobre. Ceci fait suite au gel des emplois aidés et aux coupes budgétaires dans le budget politique de la ville en 2017. Par ailleurs, dans une tribune intitulée "Monsieur le Président, la rénovation urbaine est en danger", publiée fin mars, des élus de tous bords de Seine-Saint-Denis réclament un soutien financier hors normes pour un territoire exceptionnel.

Et pour cause, le NPNRU, qui avait déjà pris du retard, voit son financement menacé, Action Logement ayant suspendu ses engagements tant que les incertitudes qui pèsent sur ses ressources ne sont pas levées. Une décision qui a conduit le conseil d’administration de l’Anru à repousser son vote sur le règlement général du NPNRU.

La déception des élus est d’autant plus forte que le "Plan de bataille", annoncé par le président de la République à Roubaix, en novembre dernier, destiné à donner un nouvel élan à la politique de la ville, avait suscité bien des espoirs.

Enfin, les 5 et 6 avril, France urbaine et l’ADCF ont présenté à Dijon, où se tenaient les Journées de France urbaine, un pacte pour la cohésion urbaine et sociale, que les responsables des villes, agglomérations et métropoles sont invités à signer. Ils proposent une clarification des responsabilités et des engagements prioritaires entre agglomérations, métropoles et État en matière de politique de la ville.

L’Union sociale pour l’habitat partage, dans un communiqué du 29 mars, l’inquiétude des maires qui, comme les organismes Hlm, font face à une dégradation rapide de la situation dans certains quartiers, et rappelle que les personnels de proximité des organismes Hlm exercent leur métier dans des conditions particulièrement difficiles. Elle demande que la question des quartiers soit élevée au rang de priorité nationale pour le quinquennat.(1)

Dans ce contexte, Jean-Louis Borloo, qui doit incessamment remettre son rapport à Emmanuel Macron, est attendu comme le messie. Le père de l’Anru, présent à Dijon, a levé le voile sur certaines de ses propositions, affirmant "qu’il faut investir 48 Md€ dans la qualité urbaine." Il propose de créer un tiers de confiance, l’équivalent de la Caisse des dépôts, pour agréger toutes les contributions".

(1) Lire l’interview de Frédéric Paul dans Actualités Habitat du 30 mars 2018, page 8.