L'Union sociale pour l'habitat
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Discours d'ouverture Congrès Hlm de Anne Hidalgo: une politique déterminée en faveur du logement social AH

La maire de Paris a justifié devant les congressistes l’important investissement de la municipalité en faveur du logement social, et son opposition à la vente Hlm dans la capitale.

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"Se loger est un droit, une nécessité. C’est la base pour pouvoir vivre dignement. Aider nos concitoyens à se loger est un élément essentiel du pacte républicain. À Paris, cet enjeu est crucial parce que nous sommes dans une ville en tension. C’est la raison pour laquelle c’est l’une de nos priorités.

Dès 2001, nous nous sommes engagés dans une politique en faveur du logement social déterminée. À l’époque, nous entendions nos détracteurs nous expliquer qu’il fallait prendre le modèle de Londres. Nous avons pris un tournant radicalement différent. Londres a effectivement donné toute sa place au marché et Paris a décidé de faire du logement social.

Le logement abordable est le premier budget de mon mandat. Depuis 2014, nous avons investi 3 milliards d’euros pour permettre aux Parisiens de vivre dans leur ville, en payant un loyer abordable, qui corresponde à leurs revenus.

Avec l’envolée des prix dans le privé, le logement social à Paris concerne aussi les classes moyennes.

Nous avons décidé de faire en sorte qu’il y ait un équilibre du logement pour les plus démunis, pour ceux qui vivent des aides sociales, pour les catégories populaires. Une ville qui ne permet plus à celles et ceux qui y travaillent d’y habiter est une ville qui périclite, qui se déshumanise et finalement qui se meurt. C’est parce que nous nous intéressons aux plus fragiles qu’on fait des progrès et qu’on vit tous mieux. C’est un choix politique assumé de consacrer autant d’argent au logement des Parisiens. C’est la condition de la mixité sociale dans nos quartiers, et c’est ce qui fait depuis si longtemps la vie et l’âme de Paris.

Nous avons financé le 100 000e logement social depuis l’arrivée de cette majorité. Le taux de logements sociaux est passé de 13% en 2001 à 22% aujourd’hui et nous atteindrons les 25% en 2025. Ce sont 550 000 personnes qui sont protégées des forces du marché et des prix inaccessibles à leurs moyens.

En 2001, les prix du marché n’atteignaient pas les prix actuels. Cela explique également pourquoi nous sommes opposés à la vente des logements sociaux. Nous ne vendrons pas de logements sociaux à Paris parce qu’il serait impossible de les remplacer par des logements neufs intramuros.

Paris continuera à proposer ces nombreux logements sociaux, à faire le choix de la qualité, le choix aussi de cet engagement dans le changement climatique. Heureusement qu’il y a cet engagement du logement social dans son ensemble, partout en France, pour porter la rénovation thermique, faire baisser les factures énergétiques, en s’engageant dans la baisse des émissions de gaz à effet de serre.

Nous allons continuer à demander à nos bailleurs sociaux des constructions avec 100% de logements accessibles aux personnes en situation de handicap. Si on construit des logements totalement accessibles dès aujourd’hui, dans les 30, 40 ou 50 ans qui viennent, avec le vieillissement de la population, les difficultés de mobilité, la nécessité du maintien à domicile, nous aurons du logement adapté et nous ne serons pas obligés d’aller vers une structure qui laisse de côté ces publics qui ont besoin d’être au cœur de la cité et au cœur de nos vies.

Le logement social n’est pas le seul levier à notre disposition. Je vous remercie, Monsieur le ministre, de nous avoir accompagnés pour que l’on puisse remettre en place l’encadrement des loyers. Nous pouvons à nouveau nous appuyer sur cette mesure de régulation extrêmement importante.

Mais il nous faut aussi lutter contre ce qui fait monter les prix du marché de l’immobilier, notamment les plateformes de meublés touristiques qui nous ont fait perdre 26 000 logements dans les arrondissements centraux de la capitale. Je suis favorable à des mesures d’interdiction d’Airbnb et de ces plateformes dans les zones en hypertension dans le cœur de nos villes. Ces logements échappent au marché locatif, font monter les prix et transforment la nature de nos quartiers.

Nous nous battons tous les jours pour que Paris reste celle ville où chacun a sa place. Vous pouvez compter sur mon engagement, sur celui de notre ville pour défendre le logement social, parce que sans lui, Paris ne serait plus Paris." (Extraits)

Anne Hidalgo, maire de Paris

 

Le taux de logements sociaux est passé de 13% en 2001 à 22% aujourd’hui.