L'Union sociale pour l'habitat
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Discours d'ouverture Congrès Hlm de Pierre Deniziot: provoquer un choc d'offre AH

Le représentant de l’instance régionale a présenté la stratégie de la Région pour construire davantage, en réponse à la crise du logement. Elle repose sur l’encouragement des maires-bâtisseurs, la libération du foncier et un dispositif anti-ghettos.

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"Dans une région qui accueille plus de 60000 nouveaux habitants par an, le défi du logement est capital. Dans moins de 15 ans, nous serons un million de plus qu’aujourd’hui ! Mais notre attractivité ne doit pas masquer le fait que l’Île-de-France est marquée par de profondes fractures territoriales, sociales, éducatives, numériques. Qu’il s’agisse de la fracture entre la petite et la grande couronne, entre l’ouest et l’est, ou même entre l’urbain et le rural.

Le projet que nous portons au Conseil régional, sous l’impulsion de Valérie Pécresse, vise à faire de l’Île-de-France un modèle de région-métropole attractive, écologique et solidaire, qui inspirera toutes les autres à travers le monde.

Pour concrétiser cette ambition, nous avons choisi de relever notamment trois grands challenges :

- mener la révolution des transports ;
- réconcilier l’homme, la nature et la ville et rééquilibrer l’Île-de-France ;
- créer un choc de l’offre de logements pour répondre à la crise actuelle.

Si la ville de demain nécessite que l’on construise mieux, il faut également construire plus : nous devons surmonter la crise du logement, et pour cela provoquer un vrai "choc d’offre".

Dès le début du mandat, nous avons réuni les maires pour les encourager à être des maires-bâtisseurs. La Région veut utiliser tous les leviers à sa disposition. Il faut libérer le foncier, le vrai "nerf de la guerre" de l’aménagement francilien. C’est l’objectif que nous avons assigné à l’Établissement public foncier régional. Pour ce faire, nous avons dynamisé le plan pluriannuel d’intervention de l’Établissement et nous avons supprimé les sur-normes qui bloquaient les projets. Le nombre de logements construits grâce à l’EPFIF a doublé entre 2015 et 2018 avec l’équivalent de 7000 logements de plus par an.

Simplifier, nous l’avons fait aussi sur nos mécanismes de financement du logement social en retirant les conditions et les contraintes qui rendaient impossible la réalisation de certaines opérations. Depuis 2016, nous avons consacré près de 240 millions d’euros à la construction et la rénovation de logements. Ce sont plus de 27800 nouveaux logements sociaux qui ont été créés ou sont en cours de réalisation. Entre 55000 et 70000 Franciliens bénéficient d’un logement social. Près de 8000 étudiants et jeunes travailleurs supplémentaires sont désormais logés en résidences. En outre, plus de 34800 logements bénéficient de l’aide que nous apportons aux copropriétés dégradées. Au total, ce sont plus de 100000 Franciliens qui ont pu être logés ou ont vu leur habitation profondément rénovée grâce à notre action.

Il est indispensable de rétablir une vraie mixité sociale dans ces quartiers. C’est le sens de notre dispositif "anti-ghettos", c’est-à-dire l’arrêt du financement du logement le plus social dans les communes qui en concentrent déjà plus de 30%.

Dans le même temps, nous aidons aussi les maires à augmenter leur nombre de logements sociaux là où ils manquent. Nous luttons inlassablement contre les marchands de sommeil et tous ceux qui font commerce de la misère.

En termes de qualité urbaine, nous voulons en finir avec les quartiers ghettos et leurs grands ensembles. Nous rebâtirons ces quartiers en y faisant revenir les classes moyennes, notamment dans les quartiers concernés par le Nouveau programme national de renouvellement urbain. La Région, dès janvier 2017, a décidé de consacrer 250 millions d’euros pour des équipements destinés à la jeunesse, à la sécurité et au développement économique. Il faut répondre aux besoins de ces quartiers, les désenclaver et les ouvrir au reste de la ville, en n’hésitant pas à faire des équipements inter-quartiers pour favoriser les échanges et les brassages.

Nous nous mobilisons aussi auprès des plus fragiles, en créant 30 nouvelles pensions de famille d’ici 2021 ; nous allons aussi lancer 10000 logements pour les personnels soignants, pour qu’ils restent chez nous. Nous allons loger également deux fois plus de femmes victimes de violences. » (Extraits)

Pierre Deniziot, délégué spécial chargé du Logement et du Handicap

 

"Il est indispensable de rétablir une vraie mixité sociale dans les quartiers".