L'Union sociale pour l'habitat
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Discours de clôture Congrès Hlm de J.L. Dumont : "notre modèle fait sens" AH

À la veille de la présentation du PLF 2020, le président de l’USH a rappelé haut et fort au ministre de la Ville et du Logement, et non au Premier ministre comme il était initialement prévu, absent en raison de l’annonce du décès de Jacques Chirac ce 26 septembre, l’hostilité du Mouvement à la financiarisation du logement social. Il a insisté sur le front commun entre tous les acteurs du logement en faveur du modèle français du logement social qui ne s’est pas démenti tout au long de ces trois jours de Congrès… et a dévoilé le nouveau logo de l’USH.

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"Voici venu le moment de la clôture de ce 80e Congrès Hlm. Ce Congrès est pour nous tous un moment important. Vous y avez été très nombreux, plus encore que les années précédentes, pour démontrer que les organismes Hlm participent pleinement au modèle économique et social français.

Lutte contre le réchauffement climatique, soutien aux femmes victimes de violence, accompagnement social des locataires, rénovation urbaine et relance des cœurs de villes, mobilité, accompagnement vers l’emploi… Les Hlm sont notre patrimoine à tous, le patrimoine de notre Nation. IIs font grandir nos enfants, nos villes, notre société. Ils sont une clef de la cohésion sociale. Nous réunissons 82 000 salariés et 12 000 administrateurs bénévoles qui mettent au service du plus grand nombre, sans discrimination, leurs capacités d’innovation et leur connaissance de tous les territoires en métropole et en Outre-mer.

Le logement social, un atout

Monsieur le ministre, je veux vous démontrer, une fois encore et en quelques mots, à quel point le logement social est un atout pour notre pays et nos concitoyens.

Il est profondément et intimement républicain. Il est non discriminant. Son financement repose, avec le Livret A, sur l’épargne populaire, et, avec la PEEC, sur la participation des employeurs au logement des salariés. Il est ancré dans les territoires, et il sert une économie réelle, utile.

Les congressistes Hlm viennent, par une résolution de clôture, de se prononcer massivement contre ce que nous appelons la financiarisation du logement social.

Pourquoi ? Parce que nous serions en général contre ? Je ne doute pas que certains mauvais esprits le susurrent bien souvent. Eh bien, ils ont tort ! Les partisans de la financiarisation nous accusent d’immobilisme voire de passéisme. Monsieur le ministre, j’ai l’avantage que confère l’expérience. Il ne faut pas confondre la stabilité et l’immobilisme. L’immobilisme doit être combattu. Mais la stabilité est un gage de sécurité.

Nous fêtons cette année les 90 ans de notre Mouvement. Certains de nos organismes sont plus que centenaires. Ils font la preuve au quotidien de leur solidité et de leur fiabilité. Ils ont toujours répondu présent lorsque l’État a eu besoin d’eux, que ce soit pour reconstruire notre pays, accompagner son développement économique, le vieillissement de sa population, ou aujourd’hui, pour lutter pour la survie de notre planète.

Quel autre secteur de notre économie peut se prévaloir d’un bilan comme le nôtre ? Alors, bien sûr, il est parfois de bon ton de critiquer le logement social au motif qu’il ne saurait pas évoluer, qu’il aurait accumulé un "trésor", qu’il ne remplirait pas ses missions. Mais quels intérêts servent ces détracteurs du logement social ? Quel modèle alternatif proposent-ils ? Qu’ils se dévoilent ! Qu’ils disent leurs intentions ! Ce serait édifiant pour nos concitoyens de les entendre disserter sur les "actifs immobiliers" sans jamais parler du locataire, de la famille, du jeune, de la personne âgée modeste, qui a besoin d’un toit, d’un logement social pour construire sa vie, faire un parcours résidentiel, accéder à un emploi…

Nous sommes contre la financiarisation parce que nous plaçons la mission sociale au rang premier de nos obligations. Nous sommes contre la financiarisation parce que nous sommes pour garantir que ce qui a été créé par l’effort de la Nation, des salariés et des entreprises d’aujourd’hui et des générations passées, par la confiance des épargnants populaires, des locataires, des collectivités locales… que les 4,5 millions de logements qui sont une chance, un atout pour la France, le restent.

Jamais lors d’un Congrès, le Mouvement Hlm, la Caisse des dépôts et Action Logement n’auront parlé à ce point d’une seule voie. Pourquoi, Monsieur le ministre ? Parce qu’avec les collectivités locales, les associations de locataires et le secteur associatif nous formons une digue, un rempart qui protège onze millions de nos concitoyens et encore davantage demain. Si l’un de nous cède, c’est tout le système qui s’effondrera et risque d’exposer les Français les plus fragiles à un monde du marché violent et cruel qui fait tous les jours la preuve de ses limites.

Le logement social doit être un motif de fierté pour la France. Nous accueillons toute l’année des délégations du monde entier qui nous envient notre savoir-faire, nos capacités d’innovations et veulent apprendre de nous. Les entreprises se tournent vers nous pour expérimenter. Nous serions une start-up, la France nous brandirait comme un porte-drapeau. Je vous le dis Monsieur le ministre, peut être avez-vous devant vous, sans le savoir, l’une des licornes que vous aspirez tant à voir émerger.

Comme tous les fleurons, nous attisons les convoitises. Nous avons besoin de l’État pour défendre notre modèle car, comme nos partenaires que sont la Caisse des dépôts et Action Logement ont eu l’occasion de le rappeler, notre modèle fait sens.

Mais permettez-moi de le penser, la Nation a besoin de nous.

Nous sommes un outil indispensable à l’aménagement et à la cohésion des territoires et un allié fidèle, fiable et sincère pour servir le pacte républicain. Nous sommes réalistes. Nous ne demandons pas l’impossible. Simplement ce qui nous semble nécessaire à la bonne réalisation de nos missions.

Un nouveau logo pour l’USH

Pour fêter ses 90 ans, l’Union sociale pour l’habitat va adopter un nouveau logo et un nouveau slogan : "Les Hlm, l’habitat en Mouvement". Il symbolise le lien indéfectible qui unit les familles Hlm et tous nos partenaires. Mais il rappelle également le parcours de vie de nos concitoyens qui évolue, change.

Ce 80e Congrès Hlm n’est pas un congrès de mémoire. Les défis qui se dressent devant nous sont colossaux. L’urgence climatique et sociale nous ordonne de continuer à nous projeter, à innover et penser demain.

Et j’aimerais que dans vingt ans, quand nos successeurs se réuniront pour célébrer le 100e Congrès Hlm, ils se disent que notre engagement, comme celui de l’État, étaient à la hauteur et que nos choix n’étaient pas guidés uniquement par des considérations financières de court terme mais par une haute conscience des responsabilités qui sont les nôtres vis-à-vis des générations futures, pour qui le logement social sera toujours une solution.

Alors, en attendant cette rencontre de 2039, je vous donne rendez-vous à Bordeaux pour notre 81e Congrès."

 

Hommage

Une minute de silence a été observée en hommage à Jacques Chirac, dont le décès a été annoncé le 26 septembre en fin de matinée. Jean-Louis Dumont lui a rendu hommage. "Certains dans cette enceinte ont connu et côtoyé, le maire, le Premier ministre, le Président, l’homme. Tout républicain est par nature aujourd’hui attristé. On n’oublie pas qu’en 1989 Jacques Chirac, alors maire de Paris, avait ouvert le 50e Congrès Hlm. Il a été un président de la République qui a compté pour le logement social et la politique de la ville."

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