L'Union sociale pour l'habitat
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Entrer au couvent… et découvrir une exposition hors normes AH

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C’est dans un site inoccupé depuis un an, au cœur d’Angers, que s’est déroulée une exposition exceptionnelle, tant par le nombre d’artistes sollicités - une centaine - que par le mérite qu’elle a d’avoir rendu accessible au public un monument normalement privé et chargé d’histoire. Le couvent appartenait à la Congrégation des Bonnes sœurs mais, même s’il comportait une chapelle, il n’a jamais eu la vocation d’accueillir une communauté religieuse. À l’origine, au XIXe siècle, il était plutôt le refuge de filles-mères rejetées par leur famille ; il est devenu ensuite une maison de retraite et enfin, un centre d’accueil pour des réfugiés.

C’est Podeliha Accession, coopérative dédiée à l’accession sociale, qui s’est porté acquéreur de ce bien en vue d’en faire un lotissement de 120 logements en VEFA et des ventes en parcelles. Et c’est à la faveur d’une rencontre entre Emmanuel Lefébure, directeur général de la Coop’Hlm, et Doris Koffi, la créatrice de l’association Art project partner, que ce projet un peu fou est né.

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Un mouvement collectif d’artistes valorise l'art en général, le patrimoine et la nature. © S. Maulevrier/Ooh My World

Un terrain de jeux pour les artistes urbains

Si l’idée de départ était d’organiser une exposition dans la chapelle, c’est finalement la totalité du site - un bâtiment de 6 000 m2 et son parc de 5 hectares - qui a été investie. Une centaine d’artistes français et étrangers ont imaginé un parcours artistique, entre jardins et bâtisses. Au programme, street art, sculpture, dessin, peinture, land art, photographie, projection vidéo, installations... Que ce soit dans les anciennes chambres du rez-de-chaussée et du 1er étage, dans la chapelle ou encore sur les façades ou le parc, à l’instar de l’opération de la Tour 13 à Paris, chaque artiste bénéficiait d’un espace pour laisser libre cours à son imagination et son inspiration.

Le résultat était à la hauteur de l’événement, puisque du 5 octobre au 15 novembre, les vendredi, samedi et dimanche, plus de 10 000 entrées payantes (5 €) ont été enregistrées, sans compter les enfants pour qui l’accès était gratuit. Le financement de l’opération, estimée à 200 000 € et comprenant notamment l’hébergement des artistes, a été assuré à parts égales par Les Castors Angevins - marque du groupe Podeliha, bien connue des habitants, et sous laquelle sont commercialisés les logements - et la Ville d’Angers. Des entreprises locales et nationales ont fourni un financement ou des aides en nature avec 6 tonnes de peinture offertes aux artistes.

Et après ? "Cette exposition va permettre de garder une trace historique du site", conclut Emmanuel Lefébure qui envisage de conserver une ou deux œuvres emblématiques de l’événement pour les intégrer dans le futur programme immobilier. Il annonce, par ailleurs, la parution d’un catalogue illustré de l’ensemble des œuvres de l’exposition.

Pour en savoir plus : #artsaucouvent sur Youtube