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Exode urbain : l'Ancols veut promouvoir la mobilité interne vers les zones détendues AH

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7000 ménages locataires Hlm vivant en territoire tendu formulent chaque année une demande de logement en zone détendue. C’est peu au regard des 730 000 demandeurs de mobilité interne au parc Hlm(1), mais suffisant pour que l’Ancols y consacre une note et missionne le Crédoc pour mener l’enquête. “Bien que très limités, ces flux contribuent à rééquilibrer la demande entre des territoires dans lesquels la demande excède de loin l’offre disponible et ceux dans lesquels, à l’inverse, l’offre dépasse la demande”, estime l’agence. Le titre de la note, publiée en mars 2022, résume son point de vue : “La mobilité interne vers les zones détendues : un choix stratégique pour les ménages, une possibilité inenvisagée par les bailleurs”. Point de vue fondé sur des entretiens réalisés par le Crédoc auprès de 20 ménages ayant effectué une telle demande et 37 bailleurs dont 22 gèrent un parc localisé en zone détendue, 13 en zone tendue et 3 groupes en zones tendue et détendue.

Côté demandeurs, il s’avère que la motivation de ce type de déménagement repose moins sur un projet de vie que sur “un choix stratégique”, celui d’“accéder plus rapidement à un nouveau logement” qui correspondrait à leurs attentes (plus grand, plus confortable, plus calme, moins cher, avec moins d’incivilités de voisinage…). Ils se déclarent peu informés des possibilités et des démarches. Ceux qui ont emménagé sont dans le majorité “satisfaits”, surtout ceux qui ont vécu cette mobilité comme “un tremplin vers l’accession à la propriété”.

Côté bailleurs, le Crédoc note que ce type de mobilité interne est une “non-préoccupation”, qu’il n’y a pas de volonté de coopération entre bailleurs, et qu’il “n’y a pas de stratégie particulière” même pour les groupes présents sur un nombre important de territoires. Les bailleurs considèreraient même que “cela n’est pas de leur ressort”. Certains ont rappelé que “s’installer en zone détendue implique un éloignement des centres urbains et donc de l’offre des services (soins et commerces) ainsi que des centres d’emplois”, auxquels s’ajoutent “des coûts non négligeables de transport en termes monétaire et de temps”.

Pour promouvoir cette mobilité interne, l’Ancols propose de favoriser les partenariats entre bailleurs et les interactions au sein d’un même organisme, de recueillir la demande des locataires et de les accompagner, ou encore de communiquer davantage sur l’offre disponible (délais d’attente, niveau de loyers…) avec des partenaires (mairies, plateformes…)

(1) Dont 83,8% souhaitent rester dans la même agglomération, selon le rapport sur la demande de logement social publié par l’USH en 2021.